La Suisse tranquille

Face à une équipe de Biélorussie exclusivement composée de joueurs évoluant au pays, la Suisse s’est imposée sans grandes difficultés dans la ruine des Vernets. Défensivement solides, les Helvètes auraient pu obtenir une victoire encore plus large sans la prestation de choix du portier Koval.

Bezina, Gobbi et Déruns ovationnés, Sprunger conspué, pas de doute: une partie du public servettien n’avait pas encore enclenché le mode «équipe nationale» au moment de la présentation des équipes. Mention spéciale pour certains ultras prépubères du parterre nord, mais nous n’allons pas nous attarder davantage sur leur degré d’intelligence. De toute manière, si le public genevois était un grand connaisseur de hockey sur glace, ça se saurait… Mais cessons cette polémique stérile ! Pour ce match amical, des Suisses privés de ses éléments des Lions de Zurich affrontaient la Biélorussie – neuvième dans la hiérarchie mondiale –, véritable modèle démocratique loué dans le monde entier et jalousé jusque dans les travées du Palais fédéral.

Ici, c’est Genève !

Une fois l’esbroufe du show d’avant-match passé, l’équipe de Suisse a débuté la rencontre tambour battant et a parfaitement su gérer les conséquences léthargiques du toujours très rythmé et motivant hymne national. Prenant d’assaut les buts du gardien numéro 2 biélorusse (le numéro de son maillot donc), Ambühl vit dans un premier temps son envoi repoussé par le poteau de Koval à la suite d’un excellent débordement de la fusée Bezina (9e minute). Ce n’était que partie remise. Quatre minutes plus tard, une relance nummelinienne de Du Bois trouva Reichert, lequel servit parfaitement l’amateur de plantes vertes Guggisberg pour le 1-0. Les Suisses ne relâchèrent nullement leur étreinte et sur une supériorité numérique, quatre joueurs biélorusses se sont brutalement pris pour Shawn Heins en cross-checkant Déruns par derrière. Une pénalité logique à l’encontre de Stas fut dictée et c’est Ambühl qui trouva la faille à 5 contre 3 en fin de première période. L’idole local Sprunger a encore manqué l’aggravation de la marque, son envoi transformé en lob atterrissant sur le but non-défendu par Koval dans ce cas précis.
Il fallut attendre la 27e minute de la période médiane pour enfin voir à l’œuvre le jeu de puissance de l’ancienne république satellite soviétique. Consécutif à une faute de Genoni sur Légolas Drozd, le power-play des rouges a buté sur une boîte helvétique bien organisée, malgré la très bonne circulation du puck concoctée par les visiteurs. Ces schémas de jeu ont d’ailleurs provoqué un vif émoi parmi les Lausannois présents aux Vernets. Généralement abreuvés par des jeux d’impuissance, les pêcheurs ont été choqués de voir de telles choses possibles. Il est vrai que la comparaison est osée : mettre en relation l’équipe suisse et le LHC, c’est comme comparer Evelyn Widmer-Schlumpf à Heidi Klum. Malgré les bonnes dispositions des Biélorusses dans ce secteur, ils n’ont pas été capables d’ouvrir la marque en supériorité numérique, et même durant les 51 secondes où ils ont évolué avec deux hommes de plus sur la glace. Après 40 minutes de jeu, le score était toujours de 2-0.

Krüger for president

Dommage pour les spectateurs qui ont traîné dans les différentes buvettes à la pause, car le joli mais facile but de Sandy Jeannin est intervenu après 17 secondes de jeu seulement dans le tiers final. Lemm et Déruns ayant couché Koval, le Neuchâtelois de Gottéron n’a eu aucune peine pour lever la rondelle dans la cage ouverte. Dès ce moment, les Helvètes se sont contentés de gérer leur avantage et ce fut alors un match plutôt soporifique. Trop soporifique même, puisque les Suisses se sont laissés progressivement endormir et ont laissé la domination territoriale aux Biélorusses. Ils inscrivirent du reste leur première réussite sur une percée de Kulakov, Genoni – en partie responsable – laissant le puck filer entre ses jambes. En fin de match, le pressing de la Biélorussie se fit plus insistant et ils ont même pu compter sur le duo d’arbitres tchèques, solidarité slave oblige. Faisant à peu près tout pour relancer le match, la direction bicéphale du jeu envoya successivement Bezina, von Gunten, puis à nouveau Bezina sur le banc. Sans le Valaisan – le pilier de la défense suisse, le contreventement de la structure élaborée par Krüger – les locaux résistèrent aux différentes charges imposées par leurs contradicteurs jusqu’en fin de match.
A l’heure du bilan, les Suisses ont réalisé une très bonne performance d’ensemble face à une Biélorussie très physique. Très bonne en situations spéciales, maîtrisant parfaitement le jeu en zone neutre et pouvant compter sur un très bon gardien, l’équipe nationale a de quoi se montrer positive pour les échéances à venir. La Suisse poursuivra sa visite de hangars en affrontant la Slovaquie le 6 février au Graben, le Centre Bell du Valais.
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch

Suisse – Biélorussie 3-1 (2-0 0-0 1-1)

Les Vernets : 4584 spectateurs.
Arbitres : MM. Husicka (Cze), Frano (Cze); Fluri (Sui) et Niquille (Sui).
Buts : 13e Guggisberg (Reichert, Du Bois) 1-0. 18e Ambühl (Jeannin, Bezina/5c3) 2-0. 41e Jeannin (Déruns, Lemm) 3-0. 52e Kulakov (Mikhalev) 3-1.
Pénalités : 7 x 2′ contre la Suisse; 4 x 2′ contre la Biélorussie.
Tirs cadrés : 33-18
Suisse : Genoni; Helbling, Bezina; Du Bois, Furrer; Gobbi, von Gunten; Blum; Déruns, Jeannin, Lemm; Rüthemann, Plüss, Paterlini; Sprunger, Romy, Sannitz; Guggisberg, Ambühl, Reichert; Peter. Entraîneur: Krüger.
Biélorussie : Koval; Antonov, Makritski; Korobov, Ryadinski; Usenko, Filichkin; Shvedov; Demagin, Stas, Dudik; Mikhalev, Kulakov, Andrushchenko; Kitarov, Romanenko, Senkevich; Ryazantsev, Drozd, Efimenko. Entraîneur: Zankovets.
Notes : la Suisse sans Rüeger, Blatter ni Bieber (surnuméraires). Tir sur le poteau: Ambühl (9e).

Écrit par Mathieu Nicolet

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7 Commentaires

  1. article plaisant…
    pour info aux lecteurs et pour éviter d’ouvrir vos dictionnaires :
    Contreventement =
    Élément d’une construction destiné à protéger celle-ci contre les déformations causées par des efforts horizontaux.

    ça fait joli dans un article sur le hockey, et ça évitera à Bezina de se fâcher en pensant qu’on le traite de « contre-péteur »

    Salut du Brésil

  2. Dis donc, ça a l’air passionnant le hockey, ces temps, si l’on en croit les titres des deux derniers articles consacrés à ce noble sport :

    « La Suisse tranquille »
    « Le grand sommeil »

    Vivement que la CenovisSuperLeague* reprenne !

    (*celle là je l’ai empruntée à Gramophon, fan de Xamax et de Suchy Sports, j’espère qu’il ne voudra pas, mais je l’avais trouvée tellement jolie)

  3. Le contreventement ne serait-il pas une visière permettant de se protéger des vents lâchés par l’adversaire ?

    Ok ok je => (tiens, y a du vent dehors aussi) 😐

  4. Aucune conclusion à tirer de ce match à mon avis, il y a bien entre 7 et 10 joueurs qui n’étaient pas présents à Genève et qui le seront très probablement aux mondiaux..

  5. La ruine des vernets…. vous étiez pas au match à graben ???? Parce que les Vernets à côté c’est le château de Versaille !!!!

    Dieu, faites que ces polios se réveillent à Sierre si on veut pas la mort du hockey valaisan….. Déjà que c’est pas très vivant….

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