Lå dæfåite n’ætåit pøurtant pås une øptiøn

Répétition générale pour l’Euro qui débute dans moins d’un mois à Bâle face au même adversaire. Enfin ce derby Maanum-Pia était surtout l’occasion pour votre rédac’ de faire les derniers réglages puisque la Nati avait déjà fait le plein de confiance (notamment en ce qui concerne les gardiennes) lors de ses trois dernières sorties face à la France (0-6 dont deux rouleaux sur les deux matches) et l’Islande (3-3 et une boulette). Bref, de quoi faire plaisir à Jean-Michel Beauf. Oui, on vous explique ça à la fin.

Le match en quatre mots

Relégation en ligue B.

Fred Scola et Sandy Maendly ont été meilleurs que nous, ils ont réussi à résumer cette soirée en deux mots: « urgence » et « doute ». On ne peut que plussoyer.

La joueuse qui a touché au mythique Saint-Gall

Livia Peng. La portière du Werder Brême aurait apparemment attisé l’intérêt de Chelsea, vainqueur du championnat et des deux coupes nationales cette saison. On imagine que ça date d’avant la dernière… euh… performance de la Grisonne. Le FC Blatten a d’ailleurs pour sa part décidé de trouver une autre solution.

Et surtout on se demande à quoi elle pourrait bien servir à Kingsmeadow quand on sait que Hannah Hampton, nouvellement bombardée titulaire indiscutable en équipe nationale anglaise après la retraite surprise de Mary Earps, a joué TOUS les matches de championnat pour un total de 34 titularisations avec les Blues toutes compétitions confondues en 2024/2025. Qui sait, il y a peut-être un poste qui se libère au sein du département de découpage des citrons en rondelles bien fines du côté de Cobham après le départ de Zećira Mušović et la fin du prêt de Becky Spencer.

Largement de quoi se payer un amuse-bouche (pour une personne) au Fouquet’s un soir de célébration de victoire du PSG.

Puisqu’on évoquait la prestation de Peng contre la France vendredi dernier, le futur ex-président de l’ASF Dominique Blanc a apparemment décidé de prendre sur lui une dernière fois et de protéger sa gardienne en attirant l’attention médiatique (même si Le Monde Diplomatique a probablement passé son tour) sur sa personne:

Tu vois Livia, le ridicule ne tue pas.

La buse alpine du match

On a longtemps cru que l’éminent Yves Martin, qui a regardé (par erreur) 30 secondes vendredi et 3 minutes mardi et tout de même assisté à deux buts adverses sur les cinq encaissés en tout, nous portait la poisse. Mais finalement pas du tout:

Tout s’explique.

Le tournant Tourbillon du match

L’ouverture du score de Vilde Bøe Risa (dont la prononciation du nom a beaucoup varié pendant ses 63 minutes de présence sur le terrain) à la 4e minute sur une magnifique ouverture de Guro Reiten. Les deux Norvégiennes ont toutefois été bien aidées par 8 Suissesses (face à 4 adversaires) qui « ont défendu comme des juniors » (dixit Léo Thurre) en se laissant toutes aspirer par une feinte de corps de Frida Maanum au centre. Oui, Smilla Vallotto nous l’a rappelé à l’interview à la fin du match, au début de l’action, les Norvégiennes étaient censées rendre le ballon à la Suisse après une mise de celui-ci en touche volontairement par Noemi Ivelj puisqu’il était aussi dégonflé que la stratégie initiale des Suissesses. Pas sûr cependant que l’effet de surprise explique tout.

On a par contre tout à fait le droit de se plaindre du penalty non sifflé lorsque Riola Xhemaili était ceinturée par Emilie Woldvik (il faut se méfier de l’eau qui dort) dans les 16 mètres (88e) et de l’attitude générale de la portière nordique de la Fiorentina Cecilie Fiskerstrand, dont la position à l’horizontale quasi permanente n’était pas sans rappeler une journée normale au bureau pour un footballeur masculin lambda.

Bref, vous l’aurez compris, on n’a pas beaucoup aimé l’esprit de cette équipe de Norvège qui compte pourtant tant d’individualités si talentueuses (il y avait 9 Ligues des Championnes et un Ballon d’Or sur la pelouse) qui pourraient quand même lui permettre de jouer un autre jeu.

Les actions qui ont Berné toute une défense

  1. Géraldine Reuteler, l’attaquante locale la plus percutante, met Maren Mjelde dans le vent et ajuste la Grande Ourse (32e).
  2. Vallotto canarde la buvette au terme d’une rare mais superbe mais rare action collective (47e).
  3. Elisabeth Terland, trop excentrée, rate le but vide après une passe de la très prometteuse Signe Gaupset, 19 ans (80e).
  4. La dernière nommée (qui sera certainement la cible de très nombreux jeux de mots douteux dans un futur proche) passe en revue la défense rouge à croix blanche avant d’ajuster le petit filet extérieur (86e).

Non, cadrer n’était pas franchement au programme en ce mardi soir.

L’aVARie qui aurait pu nous faire nous a fait toucher le fond (du lac)

La formation HYPER OFFENSIVE ET AMBITIEUSE en 5-4-1 que les ouailles de Pia Sundhage avaient pour mission de déployer devant les 6888 spectateurs ébahis de Tourbillon. Pour tenter de s’imposer avec une marge de deux buts paraît-il.

5-3-2 d’après Fred Scola, indécrottable optimiste.

On a envie de blâmer la jeunesse et l’inexpérience d’Iman Beney et Sydney Schertenleib pour leurs trop nombreux raids en solo aussi infructueux qu’une tentative de convaincre les passagers d’un transport en commun de rester assis jusqu’à l’ouverture des portes. Mais comment oublier ce dispositif tactique frileux au sein duquel l’avant-centre devient un véritable ermite reclus dans sa moitié de terrain privée ? Le premier envoi cadré helvétique (Beney sur coup franc de Julia Stierli) n’est d’ailleurs survenu qu’à la 51e minute, sans que cette info nous fasse tomber à la renverse de stupeur.

Le moment qui valait son pesant de Thun

L’avant-match dans les colonnes de Blick. Et pourtant Dieu sait si on aimerait vraiment éviter de cracher dans la soupe commune des médias qui font l’effort de s’intéresser un peu à cette équipe de Suisse féminine. Mais on a des allergies printanières et on éternue quand même parfois.

L’antenne romande du tabloïd zurichois commence par nous apprendre que notre équipe nationale doit s’imposer avec deux buts d’écart et espérer un résultat positif de la France en Islande pour décrocher un barrage voire même arracher une improbable deuxième place synonyme de sauvetage direct. Jusque-là, tout va bien.

Vient ensuite le moment de décortiquer la décision en forme de coup de poker du sélectionneur hexagonal Laurent Bonadei, qui a écarté la désormais ex-capitaine aux 168 sélections Wendie Renard (34 ans), la joueuse la plus capée (200 sélections) et meilleure buteuse (94 goals) de l’histoire des Bleues Eugénie Le Sommer (36 ans), ainsi que Kenza Dali (33 ans, 76 sélections), qui n’est pas non plus une peintre. Place aux jeunes. Là encore, rien à redire.

Mais on aimerait quand même bien savoir où on a bien pu aller chercher le fait que les trois joueuses susmentionnées ne sont « plus trop motivées », « se regardent jouer et se reposent sur leur statut », tout en invoquant Luis Enrique (et donc les départs de Neymar, Messi et Mbappé ??) en guise de comparaison. Quant à en conclure que « cette métamorphose est payante » sur la seule base d’une large victoire contre une très faible Nati alors que la dernière apparition de Renard dans le cadre français date du 25 février et que ses collègues bannies n’ont même pas cumulé 45 minutes de jeu à elles deux lors de leurs trois dernières parties, on avoue notre scepticisme. Et vous nous connaissez à la rédac’: on est plutôt bon public et on a l’hagiographie facile.

Enfin bref, un collègue nous a ensuite envoyé les notes de L’Equipe concernant le match PSG-Inter (notamment celles de Thuram, Pavard et Sommer 🫣) et on a tout de suite relativisé. D’ailleurs on salue l’auteur des lignes précédemment citées qui n’est autre qu’un grand ancien de la rédac’ et pionnier du foot féminin dans ces colonnes. 

Le chiffre un peu dé-Biel (ou à deux Bâle)

23. Comme la date, en juin, de l’annonce du cadre qui partira… euh pardon, qui restera en Suisse pour l’Euro.

Comme les deux dernières victoires de la Nati correspondent aux deux dernières apparitions au stade des envoyés spéciaux de CR (coïncidence ?) en juillet (Azerbaïdjan, 3-0 à la Pontaise) et en octobre (France B, 2-1 à la Praille), on se dit que tout est encore ouvert et que c’est peut-être mieux de n’avoir encore jamais été sélectionnée à ce jour tout compte fait.

Honnêtement, si on devait publier une liste au lendemain des deux dernières sorties des coéquipières de Lia Wälti, elle ne compterait que trois noms validés à 100%: Vallotto, Reuteler et Nadine Riesen (avec plus de lucidité sur les centres…). Avec l’ajout de Beney (qui a livré une prestation intéressante, sans être « kvaratskheliesque », comme Scola tentait de nous le faire croire) et Schertenleib au crayon, plus pour le potentiel qu’on leur connaît que pour leurs performances effectives. The rest is up for grabs. Oui, on est une rédaction bilingue.

L’anecdote qu’on aurait pu entendre sur la Bahnhofstrasse…

… si on avait été un peu plus (Zu)riche.

On nous demande souvent pourquoi on s’est mis au foot féminin.

Il y a plein de raisons.

En voici une belle:

Et ça c’est quand ils gagnent hein.

Si le match avait été un fromage

Le brunost, fromage norvégien à pâte brune concocté à base de petit lait, de lait et de crème. Très digeste, comme ce match.

Il paraît qu’il a un goût caramélisé et il a l’air aussi solide que la défense d’Ada Hegerberg et Cie.

On prend volontiers vos propositions d’autres fromages nordiques typiques en commentaires comme on doit réécrire sur la même affiche le 2 juillet prochain.

La minute Sandy Maendly

« Léa… euh pardon, Léo ! » La soirée commence fort avec Jérémie Henriod, qui prend le foot au féminin très au sérieux, à l’attention de son consultant Léonard Thurre en plateau.

« Affronter le un contre un. » C’est le conseil grammaticalement pour le moins scabreux de Sandy Maendly pour la deuxième mi-temps. Contre toute attente, il a été plutôt bien suivi dans l’ensemble.  

Bon, et on ne résiste pas à partager cette saillie qui n’a rien à voir, signée Pascal Droz en plein huitième de finale à Roland-Garros dimanche: « On parle souvent en hockey sur glace de « momentoum ». Jamais su précisément ce que c’était, mais je crois que le « momentoum » est en faveur de Svitolina après avoir arraché le 2e set. » Voilà qui sent fort le pari perdu.

La rétrospective du prochain match se jouant à Lausanne (mais non, on déconne)

La Suisse jouera un dernier amical avant l’Euro face à la Tchéquie le 26 juin à 18h à la Schützenwiese de Winterthour qui, on le rappelle, est la ville favorite de tout supporter yverdonnois qui se respecte.

Au fait, ce serait cool d’y étrenner le nouveau maillot de l’Euro 2025 qui est sorti il y a déjà deux bonnes semaines puisque pour des raisons obscures on ne l’a pas fait à Sion, non ?

Le Sundhage d’après match: vous aimez notre bingo ?

Lui aussi il est encore en rodage, n’hésitez pas à nous faire part de vos amendements en commentaires.

 

C’est lui, Jean-Michel Beauf.

 

Crédit photographique:

Brunost: zabdiel/CC0/Flickr https://www.flickr.com/photos/zabdiel/5285965881/

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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2 Commentaires

  1. Nickel, le bingo. Jean-Michel Beauf, of course (il existe, je l’ai rencontré). Il ne manque rien d’essentiel, à part très éventuellement le rappel de toutes les équipes prestigieuses que Pia Sundhage a entraînées et leur palmarès. Dure dure, la voie vers la retraite…

    • Merci ! Bien sûr qu’il existe ! Il est basé sur plusieurs personnes que je connais haha ! Pia, j’avoue que j’étais emballé au début et là je commence à perdre un peu la foi… Tu viens écrire pour nous à l’Euro ?

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