
Cette 12e journée a peut-être marqué un tournant – néfaste – dans ce championnat d’Allemagne 2008-2009. Alors que les surprenants leaders Leverkusen et Hoffenheim s’essoufflent, le Bayern prend ses distances avec les autres favoris après le hold-up réalisé dimanche à Gelsenkirchen. Le spectre d’une saison dominée par les affreux Munichois ressurgit.
Jürgen Klinsmann avait promis un nouveau Bayern Munich cette saison, plus offensif, plus séduisant. Les difficultés rencontrées en début de saison ont eu raison de ces bonnes résolutions. Car depuis quelques matchs, on retrouve un Bayern classique, minimaliste, antipathique, qui gagne ses matchs sur quelques éclairs de ses individualités et l’un ou l’autre cadeau des arbitres. Après quatre victoires moyennement convaincantes, les Rekordmeister étaient attendu au tournant dimanche dans le chaudron de la Veltins Arena de Gelsenkirchen. Enfin, chaudron, le terme n’est peut-être pas des plus adéquats pour un stade portant un nom de bière car nos Veltins, on préfère les boire fraîches mais tu m’as compris. Le corner score indique clairement quelle équipe aurait mérité de l’emporter dans ce Topspiel : 18-1 pour Schalke ! Et 47 centres à 7. Mais au tableau d’affichage c’est 1-2 pour le Bayern. La faute à un Schalke peu réaliste, à un bon Rensing dans les buts bavarois, à deux éclairs de Van Bommel et Ribéry et à un penalty flagrant oublié pour 04 sur une faute de Borowski sur Farfan alors que le score était de 1-1. Et voilà comment le Bayern redevient le grand favori à sa propre succession.
Incroyable KSC !
Ceci dit, c’est Leverkusen qui occupe la première place, à égalité avec Hoffenheim et un point devant le Bayern. Mais cela nous étonnerait que ces deux jeunes équipes tiennent le rythme. Samedi, à Karlsruhe, le Bayer a montré des premiers signes de fébrilité. Et pourtant, les Rheinländer ont rapidement mené 3-0 au Wildparkstadion : un but d’Helmes après 32 secondes, un coup de tête de Kiessling à la 16e et un coup franc magnifique de Michal Kadlec dans la toile à la 24e. Tiens, Michal Kadlec, voilà nous qui rappelle d’excellents souvenirs puisqu’il s’agit du fils de Miroslav Kadlec, l’ancien joueur de Kaiserslautern, auteur du penalty pour la République Tchèque éliminant la France de l’Euro 1996. Bref, à 0-3, on ne donnait pas cher des chances des Badener qui restaient sur cinq défaites consécutives. Et pourtant, Karlsruhe est revenu sous l’impulsion de son Brésilien Antonio Da Silva. Décevant depuis le début de la saison, l’ancien joueur du VfB Stuttgart a inscrit le 1-3 sur un coup franc dévié et déposé le 2-3 sur la tête de Tim Sebastian, avant que le Géorgien Iashvili n’égalise à la 77e (3-3). Voilà le genre de match qui peut faire basculer une saison. En positif pour Karlsruhe, en négatif pour Leverkusen.
L’exploit du Hertha
Le Hertha Berlin a fait tomber le leader Hoffenheim dimanche à l’Olympiastadion (1-0). L’unique but du match a été inscrit par l’Ukrainien Voronin, après une passe raffinée de la révélation Maximilian Nicu, qui, à 26 ans, sort en pleine lumière après une longue carrière dans les ligues inférieures. Lucien Favre a vraiment le don pour lancer ce type de joueur. Autre constat positif pour Lulu, le public berlinois retrouve peu à peu le chemin de l’Olympiastadion. 58’862 spectateurs (record de la saison à Berlin) un dimanche pour la venue d’Hoffenheim, ce n’est pas encore le même engouement que dans la Ruhr mais c’est quand même encourageant.
Le parcours stupéfiant d’Hoffenheim éclipse quelque peu les très bons résultats d’un autre néo-promu, Cologne. Vendredi, les Geissböcke ont une nouvelle fois provoqué la transe du RheinEnergieStadion en dominant Hanovre 2-1. Pourtant, Jan Schlaudraff, qui revient en forme, avait ouvert le score pour 96, d’un tir d’une incroyable précision. Mais une talonnade géniale du défenseur brésilien Geromel – l’une des révélations de la saison- et un tir dévié de l’ancien Sédunois Wilfried Sanou ont donné la victoire à Cologne. Lequel pointe au 8e rang avec 19 points en 12 matchs : peu de supporters des Domstädter n’auraient osé rêver d’un tel classement en début de saison, n’est-ce pas Didier ?
Petric – Zidan 2-0
En août dernier, Hambourg et Dortmund s’étaient échangé leurs joueurs Mohamed Zidan et Mladen Petric. La majorité des observateurs estimaient que, nonobstant la compensation financière versée en sus par les Rothosen, c’est le HSV qui avait fait la meilleure opération. Cela s’est confirmé samedi lors d’Hambourg – Dortmund, dont Petric a été le héros en inscrivant le 1-0 de la tête et en déviant, toujours de l’occiput, la balle du 2-0 pour Olic. En dehors de ces deux éclairs, le match a été largement dominé par le BVB qui a tiré sur la latte par Subotic, réduit le score par Hajnal et galvaudé une flopée de balles d’égalisation. C’est une désolante litanie cette saison, le Borussia quitte une nouvelle fois le terrain en se disant que la victoire était à sa portée. Mais les regrets ne font pas avancer au classement. Des regrets, il y en a aussi pour l’Eintracht Francfort, qui menait 2-0 contre Stuttgart grâce à un doublé du Grec Liberopoulos, qui fait oublier la blessure de son compatriote Amanatidis. Mais le VfB, que l’on pensait au fond du trou, a trouvé les ressources pour égaliser sur la fin (2-2).
Le drôle de match de Marko Marin
Marko Marin a été le héros du match de la peur entre Arminia Bielefeld et Borussia Mönchengladbach. Le petit lutin de Gladbach (19 ans) a rapidement ouvert le score d’un coup franc en pleine toile. Puis a écopé d’un carton jaune, avant de flirter avec le deuxième avertissement sur une vilaine faute. Ses entraîneurs Hans Meyer et Christian Ziege décident alors de le sortir pour éviter d’être réduits à dix. Alors que son remplaçant est prêt à entrer au bord du terrain, le grand espoir du foot allemand se fait l’auteur d’un solo tellement génial, ponctué d’un tir sur la latte, que ses entraîneurs se ravisent et ne font pas le changement. Marko Marin leur donnera raison en inscrivant le 0-2 en fin de match d’un but à la Lionel Messi. Du coup, Mönchengladbach se donne un peu d’air alors que Bielefeld s’enfonce. Tout comme Cottbus, battu 3-0 à Wolfsburg sur un triplé du Brésilien Grafite. Les Lausitzer peuvent en vouloir à l’arbitre, qui leur a annulé une ouverture du score pour un hors jeu de position litigieux ; lors des trois dernière semaines, le Bayern s’est vu accorder trois buts sur des actions analogues (Wolfsburg, Francfort et Schalke). Et les malheurs de Cottbus se sont poursuivis avec un penalty peu évident qui a permis à Wolfsburg d’ouvrir la marque. Enfin, on termine par le match nul entre le VfL Bochum et le Werder Brême (0-0) qui n’arrange personne : le VfL continue à faire de bons matchs qui ne le font pas avancer au classement, le Werder a blanchi, ce qui ne lui arrive pas souvent, mais est toujours englué dans le ventre mou dudit classement.
Mainz et Kaiserlautern freinés
Il y a deux semaines, Mainz et Kaiserlautern semblaient se détacher en tête du classement de la Zweite Liga. Mais les deux rivaux du Rheinland-Pfalz ont connu un sérieux coup de frein, avec notamment ce week-end des défaites contre Wiesbaden et Ingolstadt. Du coup, les positions se resserrent en tête et les sept premiers (Mainz, Kaiserslautern, Aachen, Ahlen, Fürth, Freiburg et St. Pauli) ne sont plus séparés que par cinq points. Ce coup d’arrêt des leaders n’a pas profité au favori Nuremberg, tenu en échec à domicile par la lanterne rouge FSV Francfort, après l’expulsion du Portugais de La Sallaz José Gonçalves pour insultes à l’arbitre, et toujours relégué à distance respectable de la tête du classement.
Écrit par Julien Mouquin
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