Les équipes nationales étaient à l’honneur ce week-end et forcément les pays qualifiés ou en passe de l’être se taillent la part du lion dans la sélection. On en profite pour faire le point sur un classement toujours emmené par Franck Ribéry, devant Robin van Persie, Cristiano Ronaldo et une armada munichoise qui profite des bonus engrangés grâce aux nombreux trophées accumulés dans l’année.
Les tops
1. Andros Townsend (Angleterre) 25 points
Dans la très internationalisée Premier League, voir émerger un jeune Anglais prometteur est un événement suffisamment rare pour mériter la sélection. Titularisé à la surprise générale par Roy Hogdson, Andros Townsend a été le héros de la victoire anglaise (4-1) contre sa bête noire monténégrine (trois nuls jusque-là en qualifs de l’Euro 2012 et du WM 2014). Le jeune milieu de Tottenham a transpercé la défense balkanique par ses rushs et sa vitesse dans le couloir droit et il a offert l’ouverture du score à Wayne Rooney avant d’inscrire lui-même, avec beaucoup d’à-propos, le 3-1 libérateur. Longtemps malmenés dans ces éliminatoires, les Three Lions respirent et seront directement qualifiés en dominant mardi une Pologne démobilisée. Ils auraient toutefois tort d’oublier qu’ils avaient manqué l’Euro 2008 en perdant contre une Croatie qui elle non plus ne jouait plus rien dans le cimetière de Wembley.
2. Romelu Lukaku (Belgique) 20 points
La Belgique, c’est la hype du moment et force est de constater qu’elle regorge de talent aux quatre coins du terrain et possède même un banc de touche à faire pâlir les grandes nations. Et, après avoir pas mal tâtonné en la matière, les Diables Rouges ont enfin trouvé un sélectionneur capable de fédérer toutes ces individualités, l’ancien taureau de Gelsenkirchen Marc Wilmots. Vendredi, les Belges ont assuré avec panache une qualification qui ne faisait plus guère de doute en s’imposant 2-1 sur la pelouse de leur ultime contradicteur, la Croatie ; ils disputeront ainsi leur premier grand tournoi depuis une élimination rageante en 2002 en huitième de finale contre le … Brésil, avec un but valable honteusement annulé de… Marc Wilmots. Romelu Lukaku n’avait que 9 ans à l’époque mais c’est lui qui a permis aux Diables Rouges de renouer avec ce glorieux passé grâce à deux buts de classe mondiale en Croatie, notamment un solo de soixante mètres entamé dans son propre camp et terminé sur la ligne de but.
3. Gervinho (Côte d’Ivoire) 15 points
En pleine fine avec son club de la Roma, Gervinho a confirmé sa grande forme avec son équipe nationale. L’ancien Gunner est impliqué dans les trois buts de la victoire de la Côte d’Ivoire sur le Sénégal (3-1). Si la réduction du score de Papiss Cissé sur le tard préserve un semblant de suspense en vue du match retour, la tenue de celui-ci au Maroc plutôt qu’à Dakar (dont le stade est suspendu) paraît mettre les Eléphants à l’abri d’une mauvaise surprise.
Les gardiens
1. Andreas Isaksson (Suède) 12 points
Le chemin est encore long mais si, vingt ans après sa troisième place aux Etats-Unis, la Suède retrouve une Coupe du Monde sur continent américain, elle se souviendra qu’elle doit une fière chandelle à son gardien Andreas Isaksson. Alors que son équipe vacillait contre l’Autriche, le gardien de Kasimpaşa a évité le 0-2 avec un réflexe salvateur du pied devant David Alaba. Sans lui, le Suède serait peut-être en train de préparer le match contre l’Allemagne avec l’obligation d’y réaliser un meilleur résultat que l’Autriche aux Féroé pour accéder aux barrages et non pas seulement pour y défendre une place de tête de série pour lesdits barrages.
2. Charles Itandje (Cameroun) 8 points
Depuis son départ du RC Lens, Charles Itandje a pas mal galéré, entre un passage raté à Liverpool et un périple aventureux en Grèce et en Turquie. Mais dimanche à Radès, il a ressurgi de nulle part pour dégouter les attaquants tunisiens, parfois avec l’aide de son poteau. Les prouesses de leur gardien et ce 0-0 en terrain ennemi placent les Lions Indomptables en ballotage favorable avant le retour à Yaoundé.
3. Thibaut Courtois (Belgique) 4 points
La concurrence de Simon Mignolet n’a pas démonté Thibaut Courtois, une nouvelle fois impeccable en Croatie avec plusieurs arrêts décisifs. Et même sur le but croate, il avait réalisé un miracle du pied, avant d’être battu sur le rebond. Sans conséquence : l’essentiel avait été assuré avant.
Les défenseurs
1. Michael Lang (Suisse) 12 points
Ottmar Hitzfeld a trouvé la solution aux problèmes offensifs de la Nati : lancer des jeunes défenseurs néophytes qui vont scorer à leur première titularisation en équipe nationale. Et, contrairement à Fabian Schär, Michael Lang n’a pas assorti son premier but en sélection d’une bêtise défensive puisqu’il a été plutôt solide dans son couloir droit, le danger étant plutôt venu du côté de l’«ancien» Rodriguez. Prometteur.

2. Martin Olsson (Suède) 8 points
Lors du match aller en Autriche, c’est un Olsson, Jonas de West Bromwich, qui avait été le héros malheureux en ratant l’immanquable puis en offrant l’unique but du match aux Autrichiens. Au retour, c’est un autre Olsson, Martin de Norwich, qui a joué les sauveurs en arrachant l’égalisation alors même que les Suédois étaient malmenés par une valeureuse équipe d’Autriche. L’inévitable Zlatan terminera le boulot pour offrir les barrages aux siens.
3. Maynor Figueroa (Honduras) 4 point
Une copie sans faute de la défense hondurienne conduite par le joueur de Hull Maynor Figueroa a permis au Honduras de valider sa qualification en battant le Costa Rica 1-0. La Suisse en cauchemarde déjà…
Les milieux
1. Xherdan Shaqiri (Suisse) 12 points
Les ridicules pressions albanaises n’ont manifestement eu aucun effet sur Xherdan Shaqiri qu’on a au contraire trouvé bien plus impliqué et concentré qu’en d’autres circonstances sous le maillot national. Ses accélérations ont mis au supplice la défense albanaise et, après avoir vu ses coéquipiers Stocker et Xhaka galvauder ses caviars en 1ère mi-temps, il a décidé d’aller lui-même ouvrir le score avec beaucoup de sang-froid. On craignait pour son temps de jeu au Bayern avec les arrivées de Guardiola, Götze et Thiago et le non-départ de Robben mais, pour l’instant du moins, sa situation est meilleure que l’an passé puisqu’il ne joue pas seulement les matchs sans trop d’enjeu contre des sans-grades mais est aussi régulièrement titularisé pour les plus grands chocs.
2. Toni Kroos (Allemagne) 8 points
L’Allemagne a logiquement validé sa qualification en disposant de l’Irlande 3-0, même si elle n’a pas totalement levé les doutes suscités par quelques matchs mal maîtrisés (Suède et Paraguay notamment) et par les choix curieux de Joachim Löw. L’homme du match a été Toni Kroos, passeur génial sur le premier et le troisième but, avec notamment une louche raffinée sur la réussite de Khedira. Le Bavarois a marqué des points, c’est toujours bon à prendre dans une équipe où ils sont plus d’une quinzaine (Schweinsteiger, Khedira, Reus, Götze, les frères Bender, Gündogan, Rolfes, Reinartz, Sam, Kroos, T. et N. Müller, Özil, Schürrle, Draxler, Podolski, Neustädter, Herrmann…) à prétendre aux cinq places de milieux de terrain dans le 4-2-3-1 de Jögi.
3. Andriy Yarmolenko (Ukraine) 4 points
L’un des deux co-organisateurs de l’Euro 2012 devait forcément rester sur le carreau. Et c’est finalement l’Ukraine qui a obtenu le droit de rêver encore un peu au détriment du voisin polonais sur une merveille de frappe du milieu de terrain du Dynamo Kiev Andriy Yarmolenko. La Suisse en cauchemarde déjà…
Les attaquants
1. Robin van Persie (Hollande) 12 points
D’accord, la Hollande était déjà qualifiée mais 8-1 (et deux poteaux en prime) contre une Hongrie renaissante et qui jouait sa qualification, c’est balèze. Louis van Gaal a-t-il enfin trouvé le moyen de faire jouer ensemble les individualités bataves ? On attendra une opposition plus consistante pour l’affirmer, surtout avec un pays spécialiste pour s’écrouler dans les moments décisifs. Mais la démonstration collective réussie contre les Magyars était impressionnante, même Robben a brillé par son altruisme ! Et, dans le rôle du finisseur, Robin van Persie a claqué un triplé de fort belle facture, devenant le buteur le plus prolifique de l’histoire de la sélection oranje. Une référence, si l’on sait que ses prédécesseurs s’appelaient Cruyff, Neeskens, Rep, van Basten, Gullit, van den Boogaard, Makaay, Kluivert ou van Nistelrooy (cherchez l’intrus)… Maintenant, il reste au Mancunien à briller au plus haut niveau international, ce qu’il n’a jamais réussi à faire jusque-là, ni en Ligue des Champions, ni en phase finale d’Euro ou de Coupe du Monde. La trentaine passée, les occasions ne vont plus être si nombreuses…
2. Milivoje Novakovic (Slovénie) 8 points
Ancien capitaine et héros du FC local, Milivoje Novakovic est tombé en disgrâce à Köln où il avait fini par briller davantage par ses exploits nocturnes que par ses buts. Ce dont je ne saurai trop l’en blâmer pour avoir moi-même trop souvent succombé à la douce folie des nuits colonaises. Mais comme la Slovénie n’a pas vraiment le réservoir offensif de la Hollande ou l’Argentine, son exil japonais n’a pas empêché Novakovic d’être rappelé par l’entraîneur Katanec. Avec bonheur, comme en témoignent ses trois buts de vrai renard de surface contre une décevante Norvège. Malgré un début de qualif calamiteux, la Slovénie peut toujours rêver aux barrages, surtout si l’équipe de Suisse laisse traîner quelques ballons dans la surface devant le vieux renard Novakovic.
3. Raul Jimenez (Mexique) 4 points
Quels sont les trois pays à avoir disputé les huitièmes de finale des cinq dernières Coupes du Monde ? Les connaisseurs citeront spontanément les deux nations phares du football mondial que sont le Brésil et l’Allemagne, le troisième larron surprend un peu plus : le Mexique ! Cette belle série a bien failli s’arrêter vendredi contre la Panama avec une élimination lors de qualifications calamiteuses, jusqu’à ce qu’un inconnu de 22 ans jouant au pays, Raul Jimenez, ne délivre les 95’000 spectateurs du Stade Aztèque en inscrivant le 2-1 d’une bicyclette géniale. Le chemin est encore long mais un nul au Costa Rica puis un barrage accessible contre la Jordanie permettraient aux Mexicains d’aller au Brésil tenter d’obtenir un nouveau huitième finale et peut-être même de passer ce cap, comme en 1986 (ça ne rajeunira personne) avec ce but phénoménal de Manuel Negrete contre la Bulgarie, qui n’est pas sans rappeler celui de Raul Jimenez dans ce même stade Aztèque vingt-sept ans plus tard.
Les flops
1. Rui Patricio (Portugal) –15 points
J’avais le choix entre Jan Mucha et Rui Patricio pour la bourde du week-end. J’ai choisi le dégagement raté du gardien portugais car il a plus de conséquences que l’amorti foiré du portier d’une Slovaquie déjà éliminée. L’espoir était ténu, cependant les Russes sont toujours capables de fêter leur qualification avant l’heure et d’aller foirer le dernier match en Azerbaïdjan. Mais la boulette de Rui Patricio (et les prouesses de son vis-à-vis Aouate) offrant une égalisation inespérée à Israël a quasiment condamné les Lusitaniens aux barrages. Et pas sûr que cette fois ce sera contre la Bosnie… Il est déjà acquis que la Coupe du Monde 2014 se jouera sans Gareth Bale, Robert Lewandowski, Petr Cech, Emanuel Adebayor, Nemanja Vidic, David Alaba ou Marek Hamsik ; ces prochaines semaines, le liste des exclus pourrait s’enrichir de noms aussi illustres que ceux de Franck Ribéry, Cristiano Ronaldo, Edinson Cavani, Luis Suarez, Zlatan Ibrahimovic, Javier Hernandez, Mario Mandzukic ou Samuel Eto’o… Si la Suisse est exclue de la Coupe du Monde en raison de la guerre civile provoquée par la sécession du Valais après l’acceptation de l’initiative Weber VII interdisant les remontées mécaniques au-dessus de 1000m d’altitude, la FIFA pourra toujours, plutôt que de repêcher l’Islande (n’en déplaise à Pierre Loti), inviter une sélection All Star des recalés coachée par Gérard Houllier et Steve McClaren.
2. Marko Arnautovic (Autriche) –10 points
Portée par un magnifique engouement populaire et décomplexée par un modeste entraîneur suisse, Marcel Koller, l’Autriche a longtemps caressé le fol espoir d’arracher une place de barragiste derrière l’intouchable Allemagne dans le groupe le plus relevé de la compétition, avec trois participants au dernier Euro. Las, un but de Zlatan Ibrahimovic et une défaite en Suède a enterré les dernières illusions de nos voisins. Il n’en a pas fallu plus pour faire disjoncter le multirécidiviste Marko Arnautovic, coupable d’une Zidane (mode Italie 2006 et non Leverkusen 2002) pas bien véhémente mais suffisante pour mériter une énième expulsion. Si, après le Ballon de Plomb, on crée le Ballon du Pétage de Plomb, nul doute que l’ex-futur-ex joueur du Werder Brême concurrencerait les Barton, Balotelli, Suarez et autres Diouf pour l’obtenir.
3. Robert Lewandowski (Pologne) –5 points
A priori, Robert Lewandow$ki ne doit pas avoir jugé suffisantes les primes allouées lors de la prochaine Coupe du Monde, sinon comment expliquer la désinvolture avec laquelle il a gâché les meilleures chances de but polonaises en Ukraine ? L’avant-centre pataud qui a raté lamentablement sa tête à quatre mètres du goal, c’est vraiment le même mec qui a claqué un quadruplé en demi-finale de C1 contre le Real Madrid ? Je le vois jouer tous les week-ends ou presque depuis plus de trois ans et je suis convaincu que, dans un bon jour, Lewandowski fait partie des trois meilleurs attaquants du monde. Mais il peut aussi faire sa mauvaise tête et se révéler aussi utile à son équipe qu’un Daniele Massaro au Milan AC en finale de Ligue des Champions 1993. Là, Lewy reste sur deux sorties en mode «pas envie», à Gladbach avec Dortmund et à Kharkov avec la Pologne mais il a promis qu’il avait la ferme intention de pourrir la qualification de l’Angleterre. On serait Anglais, on se méfierait : la perspective de se mettre en évidence pour faire monter les enchères en vue d’un futur contrat en Premier League peut faire ressurgir miraculeusement le Lewa-Goal des grands soirs à Wembley et le voir claquer un triplé inutile pour son pays mais précieux pour sa carrière et son compte en banque.
Photos Pascal Muller, copyright EQ Images
Classement :
1. Franck Ribéry 212
2. Robin van Persie 162
3. Cristiano Ronaldo 155
4. Philipp Lahm 144
5. David Aalaba 139
6. Gareth Bale 137
7. Dante 134
8. Jerome Boateng 132
Luiz Gustavo 132
10. Arjen Robben 127
…
Écrit par Julien Mouquin

Soyez le premier à commenter