Une Pentecôte sans trop de relief

Altitude maximale de la ville: 193 m

Carton-Rouge avait envoyé son rédacteur le plus procédurier en Alsace afin de porter l’affaire d’une victoire frauduleuse des ZSC Lions en finale de National League devant la Cour européenne des droits de l’homme. N’étant pas valaisan, ledit rédacteur n’a pu se résoudre à plaider une cause aussi absurde que perdue et a préféré s’arrêter à quelques encablures de la CEDH susmentionnée pour assister aux Internationaux de Strasbourg, nouvellement promus WTA 500.

Le trajet

On vous passe les 6 heures passées à rejoindre l’eurométropole via certaines des villes les plus idylliques de la galaxie (Yverdon, Delémont, Moutier et Mulhouse, entre autres joyeusetés) et les trois annulations de trains. Si vous voulez en savoir plus, on vous laisse cliquer sur n’importe lequel de nos récits de voyage, ça nous arrive littéralement à chaque fois.

Si comme nous vous avez lu « Qui arrêtera Cyanure ? », 1) vous êtes drôlement vieux et 2) vous allez kiffer la gare de Mulhouse.

Le décor

A l’image du Queen’s Club ou du TC Stade Lausanne (on compare le comparable sur CR), la grand-messe tennistique strasbourgeoise a lieu dans un véritable club qui continue à vivre le restant de l’année. Le prix de cette authenticité rafraîchissante ? Pas mal de boucan venant des terrains de football accolés au Court n°1. Surtout quand les équipes organisent un tournoi terriblement sérieux au cours duquel les joueurs sont appelés sur le terrain au son de « PSG », « Monaco », « Bayern » ou encore « Leverkusen » hurlés par un coach dont le sérieux aurait fait trembler le sergent Hartman lui-même. Au vu de leurs sobriquets, on croit deviner qui a gagné…

Si vous écarquillez les yeux, vous pouvez presque apercevoir la CEDH derrière Leylah Fernandez. Plissez-les et vous verrez Christian Constantin en grève de la faim devant le bâtiment pour obtenir de rejouer sa demi-finale face à Lugano.

Le plateau

11 finales de Grand Chelem et une tripotée d’ex-top 10, 7 membres actuelles du top 20 et un tableau qui laissait peu de place à la médiocrité au sens propre du terme. La Tchèque Marie Bouzková, 39ème mondiale, a échoué en qualifications. C’est vous dire le niveau à atteindre pour ne serait-ce que participer au premier tour.

Bon, il y avait aussi Kristina Mladenovic et Alizé Cornet. Chaque tournoi est libre de faire n’importe quoi avec ses wild cards s’il le souhaite après tout.

Le week-end en deux mots

Quatre saisons.

Pas celles de Vivaldi malheureusement. De l’inondation à la sécheresse en passant par les engelures et l’insolation, le tout en moins de douze heures. Il se murmure que le Roi Charles III aurait écrit à la Région Grand Est pour récupérer sa météo et déposé une demande de patente pour protéger sa propriété intellectuelle.

La femme du week-end

Comme on a la flemme (kueche), on vous remet un passage de notre papier consacré au LOL de Vidy en 2021:

Une seule correction: il s’agit clairement d’un arbitre-basse. « Egalitéééé… DEUCE. »

Sacré Kader. Les sponsors du tournoi sont décidément fort à-propos.

Une dernière chose: si vous êtes insomniaques et que l’ASMR vous aide à vous relaxer, vous pouvez essayer ça:

La buse cigogne du week-end

Le tournant du week-end

Le moment où un génie de chez Wattwiller (eau minérale naturelle alsacienne) a décidé d’imiter le désormais iconique « pschttt… ahhhhh » des changements de côté à Roland-Garros. Sauf que quand ton jingle fait étrangement penser à une chasse d’eau, c’est nettement moins glamour. Et au rythme d’une fois tous les deux jeux, ça donne vachement envie de pisser.

Le coup droit long de ligne du week-end

Le match Leylah Fernandez – Anastasia Potapova dimanche sur le Court n°1 (4-6 7-6 6-3) – vachement mieux que le Central Patrice Dominguez, soit dit en passant. De la hargne, du combat, des invectives en russe, des scènes litigieuses, Barry White sur la chaise d’arbitre, une gauchère avec autant de talent dans la main que la famille Laaksonen au complet, tous membres compris. Bref, du fun. Si vous êtes supporter d’un club de Super League masculine, la rédac’ s’excuse de vous avoir exposé à cette notion inconnue sans avoir publié de trigger warning au préalable.

Un toucher de balle qui énerve.

En termes de revers, pas toujours très efficace mais dont l’aspect esthétique nous donne envie de le demander en mariage, on a nommé celui de la jeune Française Diane Parry. Quel régal.

Parry est magique. On nous informe que ce calembour est tellement éculé qu’il vient de passer dans le domaine public.

Le vieux revers boisé dans le bas du filet du week-end

On allait parler du service de restauration du tournoi auquel il ne restait qu’un sandwich vegan et une portion de frites à proposer à 13h30 un lundi de Pentecôte de forte affluence (et finalement plus que du sucré à 13h32), mais on a mieux à faire.

Comme disserter sur l’attitude de Karolína Plíšková, ancienne numéro 1 mondiale et finaliste de Wimbledon (2021) et de l’US Open (2016) et de « Slonne Steffens, You-Esse-Eille » (selon le speaker des lieux), ancienne numéro 3 mondiale, vainqueur de l’US Open (2017) et finaliste de Roland-Garros et du Masters (2018). La première a mis sa coordination digne de celle de Tim Traber au service d’une envie de triompher aussi grande que la population de Corippo. Le langage corporel de la seconde entre les points aurait rendu Droopy vert de jalousie. Tout bonus pour Clara Burel et Magdalena Fręch qui n’en demandaient pas tant et se retrouvent au deuxième tour.

On fera des jeux de mots scandaleux avec « Fręch » la prochaine fois, promis. 

Le chiffre à la con

18.

Comme:

– le nombre de breaks réussis (difficile à dire si « réussis » est vraiment le terme) au cours de la rencontre de qualification entre Marie Bouzková et Cristina Bucsa remportée 6-4 2-6 6-4 par cette dernière 

– le nombre de fois où on est passé de veste-bonnet-moufles à topless (et vice versa) lors de la journée de dimanche, ses deux orages tropicaux, ses deux périodes caniculaires aussi intenses qu’éphémères et sa tombée de la nuit en plein match

– le nombre de photos prises par cette supportrice enveloppée dans un drapeau ukrainien lors de chaque échange d’un Svitolina-Parry magique (Quoi ? Encore cette vanne ?) à ses yeux pour un total de 5853179053178 sur la rencontre

Clic ! Au fait, que pensez-vous qu’il se serait passé si ces deux jeunes filles avaient porté un étendard rouge, vert, noir et blanc ? C’est pour un ami étudiant.

– 9 unités de moins que le nombre de doubles fautes commises par Liudmila Samsonova et Barbora Krejčíková à elles deux lundi. Dont trois consécutives pour la Russe alors qu’elle servait à 6-2 5-4 après avoir mené 6-2 5-2. Finir par gagner ce match 6-2 6-7 6-4 quand même relève de ce qu’on appelait communément un miracle jusqu’à il y a peu.

L’anecdote

On croit avoir vu des membres de la Protection Civile française courir. Oui, COURIR. Si vous êtes vaudois et avez eu vent du même phénomène hallucinant au sein de votre PC locale, prière de nous contacter à info@carton-rouge.ch.

Au vu de la vitesse folle atteinte par la patrouille susmentionnée, on n’a évidemment pas de preuve photographique.

Et sinon, dans les tribunes ?

Au tennis, il y a plusieurs types de spectateurs. Le duo peu concerné qui parle boulot pendant les échanges. La spectatrice impressionnable qui est toujours la première à lâcher un OOOOHHH ou un AAAAHHHH sur une amortie, un let ou une balle proche de la ligne. Jean-Michel Arbitre de Chaise, qui sait toujours mieux que tout le monde (depuis le 127ème rang des tribunes) que la balle était out enfin ! Et finalement il y a l’expert toutes catégories qui est venu avec sa copine qui n’y connaît rien dans le seul but de mansplain chaque péripétie pendant cinq heures. Quand ce gars s’assied derrière toi à 10h du matin et dit à son acolyte « Tu connais les règles ? Au service c’est le petit carré… » on sait déjà que la journée va être longue. Quand elle lui répond « Ça dure combien de temps un match de tennis ? » on n’est pas loin du saut de l’ange depuis le sommet du dôme du Parlement européen.

P.S. On vous dirait bien que le fan de tennis strasbourgeois est autrement plus poli, fair-play et éduqué que le supporter parisien lambda vu et (surtout) entendu à Roland-Garros et Bercy (pas un seul sifflet en deux jours, pas une seule adversaire de joueuse française tombée en dépression), mais on risquerait le licenciement pour excès d’objectivité.

La minute Nelson Monfort

On a appris (avec soulagement) samedi dans L’Equipe que l’intervieweur pas très hispanophone couvrait (enfin) sa dernière saison sportive avec les JO en point d’orgue. On a également lu (avec effroi) qu’il était à l’affiche d’une comédie policière sur les planches* intitulée Ça patine à Tokyo en compagnie de Philippe Candeloro. Non non, ce n’est malheureusement pas une blague. On ne sait pas si Patrick Montel et Michel Leeb y apparaîtront en guest stars, histoire de vraiment atteindre le sommet du cringe.

*Le thème n’est pas les planches, c’est une pièce de théâtre.

La rétrospective du prochain tournoi

Le fameux Geneva Open au cours duquel Novak Djokovic se propose de changer l’eau du Léman en élixir de jouvence par la simple force de la pensée. On vous suggère de ne pas mettre trop d’espoir dans cette entreprise et de vous commander une mousse bien fraîche au bar comme plan B à tout hasard.

GaspaDjoko, la fameuse gourde officielle du Foro Italico.

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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