1,29 milliard, c’est ce qu’à généré, selon une étude, le foot « pro » en Suisse, la saison passée, soit presque autant que les amendes infligées pour mauvais stationnement en ville de Genève. Souvenez-vous, je vous en parlais ici, de cette saison de « tous les superlatifs » où le Bâle de Celestini (aujourd’hui appelé Фабио Челестини) avait fini par passer l’épaule dans la dernière ligne droite, soit le 4ème et dernier tour de notre championnat à formule rigolote que personne ne nous envie (la formule, pour ceux qui suivent pas). La Super League se classe ainsi dans le top 10 des championnats européens (les 4 grands championnats – Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie – les 5 viennent-ensuite et le nôtre, pour ceux qui suivent toujours pas).
Bombons le torse les amis, c’est grâce à vous, à nous, à tous ceux qui bouffent du foot suisse à longueur d’année !
Et oui, plus de monde au stade, c’est plus de saucisses vendues (soit 54 millions. En francs, pour ceux qui suivent mais auraient un doute), et donc plus de sous-sous dans les cai-caisses. C’est mathématique. À Genève, on a même créé le xSV pour l’occasion, soit le ratio des expected saucisses vendues si les cantines étaient un tant soit peu efficaces et efficientes.
Un autre chiffre ? Avec plaisir. Niveau entrées, les Young Boys (section garçons), pointent en tête avec 698’700 billets vendus, soit plus du double d’il y a onze ans, quand on ne parlait même pas d’eux comme étant juste des losers magnifiques. Young Boys miroir de la vraie vie : t’es au fond du trou, tant pis pour toi, tu gagnes au loto, elles te trouvent tout de suite beaucoup plus beau ! D’ailleurs, sur les 3,2 millions de billets achetés au total, 22 % l’ont été par des femmes. Pour la parité, en Suisse, on est toujours loin derrière. À Lausanne, on hésite à ajouter un verre de Prosecco dans l’offre Netflix pour augmenter ce pourcentage.
Encore un chiffre ? La saison dernière, les clubs suisses comptaient 4385 postes à plein temps, soit un tiers de plus qu’il y a onze ans. 365 par club si on ne considère que la Super League. C’est beaucoup. 199 si on y ajoute la Challenge League. C’est toujours beaucoup. À mon avis, on compte tous les futurs Messi sous contrat au FC Sion et prêtés à Chiasso, à Chypre ou en Arménie. C’est comparable aux effectifs d’une entreprise comme la Suva, précise l’étude. La Suva, les réparateurs de bras cassés. Jolie comparaison. Les auteurs de l’étude sont des experts (de comparaisons, pour ceux qui sont arrivés jusque-là).
Un dernier chiffre : 12’700 spectateurs de moyenne. Le compteur automatique à mémoire de chiffres de Tourbillon vient d’exploser.
J’aime ces études. Et j’imagine toujours ceux qui les présentent hausser légèrement les sourcils en énonçant chaque chiffre. Ça donnerait du crédit, paraît-il, selon une autre étude. Tiens, à propos d’étude, prononcer le mot “étude” augmenterait de 42 % la sensation d’importance de n’importe quelle phrase, même si elle parle de foot suisse.
Pour ma part, sur la base de cette étude, j’en retire que le championnat suisse est le plus important du monde par tête de pipe, selon mon étude personnelle à moi. Et oui, 1,29 milliard pour 9,1 millions de personnes, ça fait 142 francs par personne. Alors que 6 milliards pour 56,3 millions d’anglais, ça ne fait que 107. On a des saucisses à 12 balles, des bières à 9, des maillots à 180 et on en redemande, de ce foot à 2 balles. Mais kaslan’tienne, y’en a point comme nous !
Quoi qu’il en soit, Roger Federer ne nous indique pas s’il va aussi commander 54 millions de saucisses, lui qui aussi a dépassé le milliard.

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