Tais-toi, fils de pub !

Y'a pas que d'l'Ajoie

On commence à les connaître, les influenceurs capables de vendre père et mère pour une collab’ avec une marque X ou Y qu’ils te vanteront mielleusement comme s’ils étaient eux-même créateurs du produit alors que, hier encore, ils ne savaient même pas qu’elle existait (la marque). Oui, on les connaît, ces parasites. À ce sujet, et puisqu’on est sur le meilleur site sportif loin à la ronde, on doit bien reconnaître que les athlètes aussi, surtout les gros, aiment traire la vache aux œufs d’or sans modération, jusqu’à la lie. Et ce, indépendamment du produit promotionné par leurs soins, d’ailleurs, pour autant que ça paie un max. #venal

Et ces partenariats… On en a eu vu des bien foireux, des « idoles du peuple » nous vanter une machine à laver, un vendeur de lunettes à la chaîne, une compagnie d’assurance, une boîte de paris sportifs, des pneus d’hiver, du lait condensé, du champagne, un déo miracle, une crème bonheur pour les fesses de bébé, … Tiens, tu te souviens des bâtonnets de poisson pané de David Beckham ou encore des pièges à cafard de Muhammad Ali ? Moi presque. Pour ces ref’ fameuses, il m’a quand même fallut faire appel à un ami. Mais cherche aussi, ça peut t’amuser en attendant la fin de la journée dans ton open space vidé de tes amis télétravaillant où tu ne gagneras pas des millions.

Après, il faut l’admettre, la plupart du temps, c’est gagant-gagnant. Le sportif sourit, la marque s’affiche, les gogos achètent « parce que » et tout le monde il est content.

Et puis parfois, … Et ben parfois, ça se passe moins bien. Le sportif y dit un truc, ça buzze, le sponsor il voit tout rouge et hop, il met fin au contrat séance tenante en vertu de l’article 213 alinéa 44b du contrat (que le sportif avait autant lu que toi les conditions de ton nouveau contrat de leasing pour ta nouvelle béhème que tu avais vu vantée par ce champion sur les panneaux du bord de la route sur laquelle tu patientais, englué que tu étais dans le bouchon quotidien de ton trajet pour le taf où tu vas chercher des sous pour payer ton leasing).

Dernier exemple en date, Kylian MaoMbappé rattrapé fissa par la patrouille. Je vais pas te refaire l’histoire, tu la trouves partout et en cliquant ici. Sache simplement que c’est €7 millions par an qui lui filent entre les pattes, et que ça tue presque la Liga, par la même occasion. Parce qu’un Chinois fâché, c’est pire qu’une horde de CRS lâchée sans consigne dans une manif de lycéens qui voudraient bien avoir une chaise par personne, des locaux salubres et des profs pour leur instiller le savoir qui leur permettra de traverser la rue pour trouver un taf’.

7 millions perdus en deux petites phrases. Ça fait beaucoup, n’est-ce pas ? On comprend donc que tous n’ont pas les couilles d’une Lara Gut, qui dit les choses comme elles sont, franchement, droit en bas. Et encore, elle, elle est plutôt du genre à piquer la mouche sur le moment, épidermiquement, plutôt que de prendre position sur des sujets importants qui pourraient chambouler (en mieux) la vie des gens. Mais au moins, elle, elle est vivante. Presque tel un Didier Drogba qui appelle à la paix dans son pays pendant la guerre civile. Presque tel un Lewis Hamilton, très engagé contre le racisme. Presque telles les footballeuses brésiliennes qui ont lutté pour un monde plus juste. Presque tel Maradona qui lui taperait volontiers sur l’épaule, avec un « bueno Lara ».

Et de très loin pas presque tel un Federer, si lisse, si complaisant, si retenu, bien agenouillé devant son Dieu pognon au point de préférer se taire systématiquement alors qu’avec sa position, son aura, son envergure, sa notoriété, son renom je dirais même, il pourrait porter tant de causes importantes sur l’avant de la scène.

Imagine un Federer qui, pendant la pandémie de Covid dise « Restez dedans » sur un réseau social. Ça aurait quand même plus de gueule que si c’est Christophe Darbellay qui le balance sur X (même qu’avec notre CriCri, on n’est pas sûr que c’est bien rester à la maison pour éviter de contaminer les autres, que ça voudrait dire). Imagine un Federer humain qui, déjà content de son milliard, se moquerait de perdre un contrat parce que, avec conviction, il dirait publiquement que tuer des enfants en les criblant de balles à bout portant ou en envoyant des missiles sur leur école lorsqu’ils y sont, c’est pas la panacée. Il le fera jamais, parce que « My Sponsor is my Master ». Mais imagine.

Oh mon dieu, qu’est-ce que je serais fier de lui, s’il le faisait. #MaisFautDesCouillesPourCa

A propos Olivier Bender 77 Articles
Si j'étais de bonne foi, croyez-vous vraiment que j'écrirais ici?

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