Privés de Xhaka et d’Embolo, qui auraient soi-disant mal haggis et qui ont été mis stupidement Oban de notre Nati par les bien-pensants, les bonshommes de Yakin n’ont franchement pas eu à jouer leur kilt ou double pour battre des Écossais ni vaillants, ni bienveillants. Pourtant avec les Gilmour et Bowie qui devraient connaître la musique, on aurait pu s’attendre à un récital des Tartan boys, mais le spectacle orchestré par ces Anglais du Nord fut une véritable cacophonie, jouée il est vrai avec 10 solistes sous-doués pendant huitante minutes. Avec nos géniaux Athekame, Ndoye, Manzambi et l’entièrement sous-coté Amdouni, véritablement pour cette superbe Suisse, après ce 0-3 à Hampden Park, the Skye is the limit.
Le match en deux mots
Coup franc > pénalty
Mélanger une bonne décision arbitrale avec une mauvais intervention de la VAR et vous obtenez des Écossais cocus, et surtout réduits à 10 pour presque toute la rencontre. Alors oui, la règle du jeu a été sortie au centimètre pour éviter un péno et expulser un défenseur maladroit (Hendry), mais le match ne fut ensuite qu’un sens unique, avec zéro tir cadré pour des Écossais faiblards et une bonne chiée pour des Suisses élégants. Une victoire solide basée sur des appels de balles inexprimables de Ndoye, des passements de jambes inexplicables de Manzambi et un instinct de buteur inqualifiable d’Amdouni. Solide, Ness pas ?

L’homme du match
Zidanien, RobertoCarlosien, Platinien. Des adjectifs comme vous le savez déjà, associés à des tireurs de coups francs mythiques. Et bien, messieurs, poussez-vous et faites de la place au Rodriguezien. Parce que nous on a Ricardo Rodriguez, qui selon nos dernières statistiques vérifiées sur Wikipédia aurait 43 ans. Le joueur du Torino est fringant, intelligent dans ses efforts et doté d’une quiétude qui pourrait ramener de la sérénité même aux têtes molles « des Plus Malins » du Servette FC.
La buse du match
Autant l’Écossais peut être accueillant dans les pubs qui cimentent l’union anti-anglaise, autant le public de Hamden Park a été con en sifflant stupidement Manzambi pendant 62 minutes. À vrai dire, le Villans a passé le match à danser allégrement sur le ventre rempli de Guinness de McGinn, fort peu tonique durant cette rencontre. Je sais que les Bravehearts sont plus habitués à voir leurs bourrins défoncer la mêlée du Quinze de la Rose, mais quand tu as le futur Ballon d’Or sous tes pupilles, tu admires et tu espères qu’un jour, une maternité d’Inverness te délivre un bambin capable de l’imiter. Mais bon, à la place, le onze écossais nous a offert cette petite frappe de Binks qui commit deux demi-meurtres non punis sur Aebischer et Freuler. À chacun son échelle des valeurs.
Mais qu’est-ce que c’est que ce Binks ?
L’esthète du match
Zeki Amdouni. « Mais qu’il est fort » © Léonard Thurre. Le Genevois amène du mouvement à cette Nati qui ferait cauchemarder Embolo mais aussi un sens du but qui peut arriver des cinq mètres tout comme de l’orée des 16. Par contre, Zeki, trouve-toi un bon club et vite, le Servette FC FC Sion ?

Le moment Manzambi du match
Cette fameuse 8ème minute, qui déclencha une avalanche d’émotions improbables : un jaune décevant, un pénalty bienvenu, une VAR énervante, un rouge justifié, et, le paroxysme, un coup franc orgasmique. Si vous n’avez pas vu cette Rolls-Royce de coup franc inventé par Ricardo Rodriguez, foncez sur l’application RTS Sports et dégustez ce ‘Van Gogh’ jusqu’à vous endormir devant votre écran.
Le chiffre à la con
2005.
Soit le nombre de jours que l’attaquant Oli McBurnie a dû attendre pour sa 17ème convocation avec la Tartan Army. Il faut dire que le numéro 9 de Hull City est aussi futé devant les buts que Karin Keller-Sutter en train de négocier des droits de douanes avec Trump. Avec zéro but en 17 sélections, McBurn(i)e est à deux Duha d’égaler Seferovic dans ses moments de grande solitude sous le maillot rouge à croix blanche. À voir le score du soir, McBurn(i)e est en une.
L’anecdote
Dans les années 80, le FC Chamoson organisait ses camps de football juniors en été à Onex. Une sorte d’escapade footballistico-viticole pour des jeunes boutonneux qui laissa beaucoup de traces dans les mémoires de chacun de ces footballeurs plus doués en herbe, qu’en herbe. Le rapport avec le match de ce soir ? Steve Archibald, ou ‘Archie’ pour les intimes. Un surnom qui vint se greffer à vie à notre pote Alphonse durant un séjour en terre genevoise vu que notre ailier hyper-rapide entretenait une ressemblance physique très étroite avec l’attaquant écossais qui enquilla 80 buts avec le Barça dans les années 80. Et mesdames, les cuissettes moule-couilles valaient le déplacement à l’époque, pour preuve.

Si le match avait été une bière
La Young’s.
Une bière fraiche, fun et fucking laid-back. Cacaotée, légère et ultra-rafraîchissante, cette Youngs incarne l’esprit d’une jeune génération suisse qui aime profiter de l’instant présent tout en prenant des risques offensifs en s’amusant comme des petits fous…et bien sûr, au goût de chocolat, car on est suisse ou on ne l’est pas !

La minute Léonard Thurre
Tout d’abord sans voix en raison d’un câble rongé par un rat écossais, nos deux compères prirent du temps pour trouver leur marque dans ce match mal embranché, ostensiblement. Après une conjugaison bancale de décortiquer au futur, « décortiront », Léonard Thurre nous fit du Anne Roumanoff « Gunn a pris un coup de pistolet sur le coup franc de Rodriguez ». Sortez tambours et cornemuses. De son côté, David Lemos évita de tomber dans ces pièges en comparant l’arbitre à cet acteur de House of Cards, dont le nom lui échappa mais quand on a ChatGPT sous la main, tout devient plus facile.
Le pronostic du prochain match
La Suisse qui rencontre la Slovénie pour la 18ème fois ces cinq dernières années titularise finalement Boteli en attaque. Après son hat-trick, Embolo annonce dans la foulée sa retraite internationale tout en procurant une bouffée d’air à l’ASF bien empruntée par les déconnades à répétition de notre Breel national. Enfin, c’est Sesko(n) raconte en coulisse.
© Photos d’Ecosse : par notre envoyé très spécial, Olivier Bender. Merci !!!!

Imagine, tu es un joueur écossais, tu viens d’en prendre 3 contre la Suisse, à domicile dans ton temple de Hampden et tu veux quand même aller saluer ton public. Tu te retournes face aux tribunes et là, patatra, tu constates qu’ils sont déjà tous partis. Rude !