Les vieux cons de l’année prochaine…

... sont en avance, cette année

La Terre a 4,6 milliards d’année et l’Homo sapiens tout juste 300’000. Et nous, chanceux que nous sommes, nous sommes nés pile-poil dans cette période ubuesque où, au lieu de donner des claques aux petits merdeux qui chient dans le fond de la classe en hurlant que de toute façon, c’est eux qu’ont la plus grosse, on leur attribue tantôt un prix de la paix, tantôt une tribune mondiale leur permettant de s’autoproclamer l’égal de Pelé et de Maradona. Et comme des cons, « fans de foot » que nous sommes, on en redemande !

En même temps, si le Haut-Valaisan futur ex-président de la FIFA (vivement un Bas-Valaisan, bordel) Infantino ne se mettait pas à terre, lors du tirage au sort de groupes et même ensuite, pour lécher le connard orange de bas en haut et retour, impossible de dire si la sublime coupe du monde américano-américaine à 48 aurait pu avoir lieu. Parce qu’à un petit gamin capricieux qu’on a habitué depuis tout petit à son chocolat en passant à la caisse du supermarché, si tu le lui refuses tout à coup, il comprendra pas et se roulera par terre en hurlant aux grands méchants autres qui l’empêchent de bien faire chier le monde en étant 100% lui-même. Gianni-le-Prévoyant a donc préféré lui offrir ses chocolats, lui ajoutant une pleine rasade de crème (sait-on jamais). Soit en remercié, Gianni, grâce à toi, on a pu assister à des dingueries sans noms. Par exemple ? Par exemple, la levée – contre tout règlement – de la suspension de l’Américain Balogun pour qu’il puisse « aider les USA en match éliminatoire contre la Belgique ». Quand un ami te le demande si gentiment, qui ne s’agenouillerait pas comme tu le fais si bien, aux mépris de toute équité sportive (et même morale), hein, mon Gianni ? Encore un exemple ? Ok. Quand ton équipe préférée, l’Albiceleste, peine contre la petite Suisse, voilà-t-il pas qu’avec la VAR, un zélé employé de ton consortium choisit d’inventer une règle lui permettant de s’assurer qu’à 11 contre 10, l’Argentine puisse se débarrasser de ce caillou dans la chaussure sur la voie royale vers la coupe. Encore ? Les visas des supporters, l’Iran, le prix des billets « dynamique », ta volonté de faire plaisir à l’homme à l’oreille trouée par balle en posant sur la table un projet (oui, on aimerait que tu poses autre chose, sur la table, mais voilà…) de vente de la Coupe du Monde à des « investisseurs » privés, etc…

À quelques encablures d’une possible réélection alors même que les statuts de la FIFA ne le permettent pas (3ème mandat), on est quand même super content d’apprendre que notre ASF, pourtant d’habitude si « neutre » et si pâle te laisse tomber, Padrino, et on espère que vraiment, cette fois, tu vas pouvoir t’offrir une belle résidence principale chez toi, au Liban, vu que tu en possèdes le passeport cendré. Emportes-y tes casseroles, elles pourraient te servir si tu devais avoir besoin d’un bouclier en cas d’assauts « défensifs » de tes copains « qui ont le droit de jouer malgré leur attitude belliqueuse dans la région ».

Après, dans cette belle période de l’Histoire de l’Humanité, force est de constater que les vieux cons sont toujours plus précoces et que pour paraphraser l’autre, ceux de l’année prochaine sont manifestement déjà arrivés. Blatter avait 79 ans à la fin de son mandat, Infantino est aujourd’hui âgé de 56 ans, Cristiano Ronaldo, lui, place la barre à un autre niveau puisqu’il rejoint la confrérie à tout juste 41 ans (bien qu’il soit éligible depuis plusieurs années, en vrai).

Ce brave Cristiano peut donc ajouter, avec ma bénédiction pleine et entière, une nouvelle ligne à son incommensurable palmarès de records. Enfin, on va quand même attendre une vérification officielle, mais officieusement, il ne fait aucune doute qu’au Panthéon des vieux cons, il abaisse drastiquement la moyenne d’âge, notamment avec son petit caprice « équipe nationale en Ligue des Nations » de ces derniers jours.

« Ouin-ouin, l’entraîneur c’est un traître, y m’a pas fait joué comme prévu ». CR7

Je vous la fais courte ? Incapable de prendre le moindre recul sur le fait que, grâce à lui – oui, oui, grâce à – le Portugal ne passe pas le cap des 1/8èmes de finale (parce que c’est pas facile pour ses coéquipiers de sortir l’Espagne à 10 contre 12, son apport dans le jeu étant plutôt favorable à l’autre équipe), il se permet, avant le premier des quatre matchs de cette Ligue des Nations, d’affirmer que tant qu’il permettra à son équipe de gagner des matchs, il sera là et présent sur le terrain ! Mention spéciale aux journalistes présents dans la salle qui, tous, ont réussi à se prémunir de crises gélastiques spontanées.

Il m’a foutu la chair de poule, ce bâtard. Donnez-lui un Oscar !

Jusque-là, franchement, rien de particulier, on était habitué. Même quand il allait à la Maison-Blanche serrer la pogne à Trump (tiens, encore lui), ça nous en touchait une sans faire bouger l’autre, au max. On s’était gentiment habitué à ce qu’on ne l’identifie plus comme un simple trou du cul, mais plutôt comme une hémorroïde, tellement il était devenu irritant.

Et puis vient le moment de passer à la caisse, bordée qu’elle est, comme d’habitude, de petites friandises aguicheuses pour les petits enfants rois à qui on n’a jamais dit non. Alors, dans un élan de poésie mal contrôlé, son altesse sérénissime a pété les plombs. Quoi, on me fait pas jouer ? Moi, CR7 über alles je dois m’échauffer et pas rentrer « pour apporter à ma nation qui m’aime par-dessus tout tout ce que je peux lui apporter pour gagner » ? Alors non, ça, je suis pas d’accord. Je pars et pis c’est tout !

Mais pars, puisque tu le vois ainsi, pars ! Plus personne n’a envie de te retenir. Tiens, même Nabilla te trouve un peu idiot !

Tout le monde a le droit d’être stupide, mais là, copain, tu abuses de ce privilège. Pars et loin, s’il te plaît ! Parce que sans toi, le Portugal joue mieux mon CriCri. Le Portugal a actuellement la plus belle génération de toute son histoire. Des joueurs fabuleux qui peuvent, en équipe, à 11 contre 11, battre n’importe qui. Se hisser en finale et rapporter la coupe à la maison. Voilà ce qu’il s’est passé lors de ces trois derniers tournois : le Portugal a fini, comme d’habitude, bredouille, alors que la victoire était à sa portée. Bredouille, grâce à toi. Oui, tu joues dans un championnat qui, selon toi, est bien supérieur à la Ligue 1. Tu sais quoi ? On est bien content pour toi, mais balek, en vrai. Moi aussi, ambassadeur de l’office du tourisme de St-Cergue, je pourrais dire, contre espèces sonnantes et trébuchantes, que St-Cergue, c’est beaucoup plus beau que Zermatt. Sans souci, sans rougir. Alors oui, tu es bon, tu es beau, tu es fort, Cristiano, mais dans la Saudi League, pas plus ailleurs. Pour le reste, en tant que vieux con précoce, laisse la place. C’est dommage, ça aurait pu te faire une sortie fabuleuse, tout à ton honneur. Tu étais le messie du Portugal, tu en es devenu le Judas. Aujourd’hui, tu ressembles plus à l’un de ces vieux dictateurs de république bananière s’accrochant à ses privilèges qu’à ton rival de toujours. Et ça me fait mal, parce que je t’aimais bien, Cristiano. Mais là, j’ai de la peine pour toi.

A propos Olivier Bender 75 Articles
Si j'étais de bonne foi, croyez-vous vraiment que j'écrirais ici?

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