OK, c’est pas aussi marrant que France-Galles. Ce qui ne veut pas dire qu’on pouvait se permettre de rater ce choc absolu entre une équipe qui avait viré sa sélectionneuse sans raison valable alors qu’elle restait sur 4 victoires en 7 sorties (dont les 2 dernières) et une autre dont le dernier succès datait du… 3 décembre 2024 (9 défaites, 3 nuls et 31 buts encaissés depuis) et dont le principal fait d’armes en 2025 reste la retraite internationale de son icône Jess Fishlock (166 sélections et 48 goals en 19 ans). En plus le match était littéralement en prime time avec une prise d’antenne de la RTS sur les coups de 11h50 un mardi. Rafael Rafel Navarro en quête de crédibilité, épisode 2, toujours en direct de Jerez de la Frontera et ses 214’844 âmes passionnées de foot féminin (mais ayant eu un contretemps les empêchant de se rendre au stade).
Vous aimez notre image de tête toute pourrie en guise de métaphore du bricolage tactique de notre nouveau sélectionneur et du terrain choisi pour l’expérimenter ? Non, en vrai c’est parce que notre générateur de drapeaux et scores était en grève, mais c’est rigolo quand même.
Le match en deux mots
Top Gun.
C’est en tout cas la bande son à laquelle on a eu droit à la mi-temps sur la RTS. Il est vrai que l’escadrille rouge à croix blanche faisait au mieux du rase-mottes jusque-là et qu’il fallait bien trouver un moyen de les encourager. Et revoir les trois buts de la première période sur les notes de Highway to the Danger Zone, métaphore à peine voilée du boulevard menant à la surface de réparation déf… euh plus ou moins occupée par les coéquipières de Lia Wälti, ça n’a pas de prix.
La femme du match
Sophie Ingle. La vétérane de Bristol (34 ans) s’est fait l’autrice d’un but (on en reparle juste après) et de deux assists dont un de 40 mètres pour Hannah Cain (2-1, 35e minute), qui a pu se jouer d’une défense adverse d’une naïveté presque aussi confondante que celle du frère de la buteuse (le brave Abel) dans un pavé chrétien.
On ne saura jamais si c’est la pub pour le bar à shisha local stratégiquement placée en bord de pelouse qui a fini par jouer des tours à Ivelj & Cie, mais c’est en tout cas ce qui s’appelle se faire proprement fumer.

Oh dear Lord. Etait-il pour autant nécessaire de tendre l’autre joue ?
La buse du match
Elvira Herzog. La portière zurichoise, titularisée pour la première fois depuis son festival de boulettes contre la France et face à l’Islande les 4 et 8 avril derniers, n’a attendu qu’un petit quart d’heure pour nous rappeler pourquoi Livia Peng lui avait piqué sa place de numéro 1 pour l’Euro. En effet, le dernier rempart du Red Bull Leipzig s’est brûlé les ailes face à l’expérience de Sophie Ingle et ses 144 sélections internationales et 101 parties disputées avec Chelsea (1-0, 15e). Bon, au vu de l’inaction totale du duo Herzog-Calligaris et surtout de l’abandon de poste de la première nommée, on imagine qu’un tel CV n’était pas forcément nécessaire pour la pousser tranquillement au fond. Bref, le Choix de Sophie était pour une fois assez aisé.
Au fait, au vu des deux dernières sorties de nos cerbères, ne serait-il pas bientôt temps de vérifier si Nadine Böhi possède elle aussi une paire de gants ? Ou de partir en quête d’une autre gardienne en possession d’un passeport suisse (peut-être via une grand-mère ou un cousin éloigné, qui sait) ? Le département jeux de mots foireux de la rédac’ demande en tout cas le retour de Noemi Benz à cor et à cri.

« Mais pousse-toi ! » « Mais impose-toi ! » « Non, je n’en ferai rien ! »
Le tournant du match
Peut-être la réduction du score d’Iman Beney, qui a magnifiquement enchaîné un crochet du droit et une frappe du gauche dans le petit filet de Safia Middleton-Patel après une offrande (décidément !) de l’arrière-garde des Dragonnes (3-2, 71e) ? On aurait bien aimé en tout cas, mais malgré un semblant d’orgueil – probablement retrouvé dans un coin poussiéreux du vestiaire – démontré par la Nati après cette réussite, rien n’y a fait. En tout cas pas les coups francs bottés par Sydney Schertenleib qui naviguent toujours dans une zone proche de l’ISS au moment où vous lisez ces lignes.
Cela dit, pas sûr qu’on puisse faire tourner quoi que ce soit sur une pelouse pareille, qui ressemblait plus à la surface de la lune qu’à un terrain de football (on avait aussi des comparaisons avec le visage de sportifs masculins de haut niveau, mais on avait dit pas le physique).

Dur de retrouver la motte-ivation avec deux buts de retard.
L’aVARie qui a failli coûter coûté le match
Le retour à une défense à quatre depuis le début de l’ère Navarro (certes pas le dernier des Mohicans en ce qui concerne cette spécificité tactique). Enfin c’est ce qu’on a lu sur le papier, mais on n’a plus vu grand monde derrière une fois sur le terrain. Démonstration dès le retour des vestiaires après la pause sur le 3-1 de la nouvelle entrante Lily Woodham qui touchait son premier ballon (46e). La responsabilité défensive est tellement partagée qu’on n’a plus assez de doigts pour pointer toutes les coupables. Le liveticker de la BBC, lui, a préféré se concentrer sur l’octroi d’un deuxième assist à Ingle, laquelle a effectivement peut-être frôlé le ballon du dos sur l’action.

Vous nous croyez si on vous dit qu’aucune des 7 Suissesses présentes dans la surface ne va toucher le ballon et que la Galloise qui attend patiemment tout au fond va marquer ?
On notera encore que la sortie de Morgan à la mi-temps au profit de la buteuse susmentionnée nous aura au moins évité de sombrer dans des blagues de Ffion plus que douteuses.
Le chiffre à la con
6 victoires, 1 nul. C’était le bilan helvétique face aux Galloises avant le match du jour. On se souvient tous de la dernière confrontation, le 11 octobre 2022, ponctuée par un but de Fabienne Humm à la 121e minute et une qualification in extremis pour la Coupe du monde 2023. On essaiera par contre si possible d’oublier illico le cirque auquel on vient d’assister qui vient bousiller cette belle statistique.
On pourrait aussi vous parler de la 100e sélection d’Eseosa Aigbogun après de longs mois d’absence, mais on n’est pas sûr que la néo-Strasbourgeoise aura vraiment envie de se rappeler de son entrée en jeu anecdotique à la 92e minute d’une défaite entérinée une poignée de secondes plus tard (on savait bien que remplacer Noelle n’était pas un cadeau).
L’anecdote
Vous connaissez l' »argument » (sic) le plus énervant du monde ? « On a toujours fait comme ça. » À l’ASF, malgré le succès incroyable de l’Euro organisé à domicile, on préfère continuer à jouer des matches amicaux en Espagne en novembre et décembre plutôt que d’encaisser les recettes de deux fois 10’000 billets vendus à la maison. Heureusement que notre fédération n’est pas une entreprise qui doit faire du profit pour survivre.
D’ailleurs, il y a exactement 24 mois, on avait affronté la Suède à Lucerne, et tout s’était hyper bien passé (notamment sur le plan météorologique).

D’ailleurs ça valait le coup de s’exiler en Andalousie, non ?
Blagues à part, l’ASF a peut-être réussi un coup de génie au final puisqu’il sera assez facile d’étouffer l’affaire concernant deux amicaux dont pour ainsi dire personne, hormis nos 4 lecteurs, n’a entendu parler.
Et sinon dans les tribunes ?
Y’avait personne, alors on vous met un intermède musical aux consonances galloises de par son titre:
Au passage, un hymne national ça peut être très long pour un réalisateur quand on ne peut faire de plan sur absolument personne dans les tribunes et qu’on doit passer en revue toutes les joueuses à quatre reprises de gauche à droite, en contre-plongée, de droite à gauche et en gros plan.
La minute Sandy Maendly
Le duo Scola-Maendly, visiblement affecté par le décès du père de Rafel Navarro vendredi soir, est resté tout en sobriété pour une fois.
Quoique. L’égalisation d’Aurélie Csillag (1-1) à la 18e minute dans un angle (théoriquement) très fermé a tout de même poussé Maendly dans ses derniers retranchements: « Middleton qui est pas non plus imparable… » À moins que ce ne soit le tir de l’attaquante suisse.
La rétrospective du prochain match
On en a déjà parlé à l’issue de Suisse-Belgique vendredi soir, alors on vous met les résultats des finales de Ligue des Nations à la place:

Voilà donc où étaient les 55’843 personnes qu’on attendait à Jerez: au Metropolitano de Madrid.

Et à part ça, vous trouvez pas que ce serait cool si une des joueuses de la Nati ayant marqué l’Euro de son empreinte était honorée pour l’ensemble de son œuvre, disons début 2026 ?

*SOUPIR*
Le Sundhage d’après-match
Franchement, le dernier est toujours valable:

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