Canada drei

Oui, on a vu 3 matches des Canucks en terre bilingue

Bon. Même après avoir vu les équipes A à Milan et même si ce Championnat du monde de beer league se disputait en partie dans une patinoire de remplacement avec une mascotte recyclée, il fallait quand même aller y jeter un œil, non ? Et quitte à y aller, autant y voir Macklin Celebrini et Sidney Crosby. Mais attention: pas contre la Suède. Non, nous on ne jure que par le #HockeyVrai et les scores à deux chiffres. Italie-Canada, Canada-Danemark et Canada-Norvège donc. Le tout à quatre mains, parce qu’il nous fallait bien un guide pour ne pas se perdre dans les méandres de la méga(lo)pole fribourgeoise en la personne de notre estimé collègue Florent Gonnet. Surtout en plein mois de maivembre (un petit 7 degrés à Villars-sur-Glâne le 16 du mois quand même).

Le trajet

Oh on a vu des trucs un peu laids.

Oui, si vous visitez la Suisse pour la première fois à l’occasion de ce Mondial, c’est un pays particulièrement hideux.

Le cadre

Un brin dépouillé. La fan zone bis de la Place Georges-Python, ses trois stands bouffe et sa mini patinoire ont eu un peu de peine à reproduire la fièvre déclenchée chez le supporter lambda par la perspective de dépenser 99 balles pour une réplique cheap du maillot de la Slovénie par exemple.

Mais non, ça c’est juste la halte de Moreillon, sur les hauts de Puidoux, où absolument aucun des 3018 habitants de la commune ne vit.

Le bingo 1

Vous l’avez rempli ?

Le bingo 2

Et celui-ci ?

Les trois étoiles du tournoi

⭐️⭐️⭐️ Nicolaj Henriksen, titularisé dans la cage, profitant du fait que Mads avait baissé Sogaard. On vous dirait bien que le portier danois a empêché les siens de prendre bien plus Kjaer malgré une défense un peu Aagaard par moments, mais on aime aussi peu manier la litote que le calembour. À moins qu’il ne s’agisse plus de la maladresse de l’offensive à la feuille d’érable. Mais départager les deux théories équivaudrait à décider qui de la Poulsen ou de Loeffel est arrivé en premier.

Image rare du Canada tenu en échec. “A (Canada) dry spell” dans la langue de Bryan Adams.

⭐️⭐️ La carte nous informant de la propagation du hantavirus en live pendant les matches. La grande classe.

De Henriksen à Henrik saigne. Deux tiers d’incubation pour finir à 87% d’arrêts.

⭐️ La walk of fame fribourgeoise qui nous informe qu’outre Ville Peltonen, Ryan O’Reilly ou Miroslav Šatan, d’illustres inconnus ont aussi participé à une tripotée de rencontres mondiales sans qu’on en entende jamais parler. C’est qui ce Andres Ambühl ?

Après Michal Jordán en Tchéquie, la Slovénie nous sort Marcel Rodman de sa manche. A quand un Šimon Pippen slovaque ?

Le tournant du tournoi (allitérations bonjour !)

Ce moment où on a réalisé que notre drapeau palestinien allait devoir rester à la maison (oui, on a percé à jour vos habiles euphémismes, chère IIHF).

Cela dit, on a vu un gars entrer dans la boutique (probablement à la recherche de quelque chose de plus adapté) avec un maillot de foot de l’équipe de France avant Canada-Norvège.

Fort heureusement, l’objet ci-dessous n’était pas interdit au stade, contrairement à son propriétaire original dont l’attitude n’a pas toujours été aussi lisse que le visage de John Travolta au dernier Festival de Cannes aux yeux de Swiss Hockey.

D’habitude nos photos ont une légende, cette fois c’est une légende qui a sa photo.

Le slapshot en pleine lucarne du tournoi

L’organisateur suisse a décidé de limiter les animations lors de ces suppôts de Satan (à ne pas confondre avec Miroslav qui n’y est pour rien) que sont les power breaks à un bon coup de panosse sur glace (une pensée au passage au speaker milanais sous coke qui doit être en pleine décompensation après ses performances à répétition de février dernier).

Batmaid Returns.

Euh… hum… OK, il y avait quand même deux-trois nouveautés, mais c’était light.

Le vieux rotoillon en cloche du tournoi

L’oubli italien en matière de formation de hockeyeurs locaux pour se concentrer sur la recherche d’éléments nord-américains possédant une grand-mère italienne par alliance. On croirait lire la composition de l’équipe de France des années 90.

L’office des naturalisations est saturé à Rome.

Le chiffre à la con

Il nous vient de la rubrique « Did you know ? » diffusée par le Vidéotron de la BCF Arena : 28-0. Comme le score d’un Italie-Belgique en 1955, plus grosse branlée infligée par la Squadra Azzurra de toute son histoire. Il s’agissait d’un match du « Pool B », selon l’écran géant fribourgeois. On imagine qu’il s’agit du tournoi en pataugeoire vu le nom des deux équipes.

Pour la petite histoire, les Italiens ont pris leur plus grosse taule (ce qui a dû arriver plus souvent quand même) face aux Etats-Unis en 1948 à St-Moritz (31-1).

L’anecdote standard

On pourra dire qu’on a vu l’Italie à un Mondial en 2026.

Et ça s’est particulièrement bien passé.

L’anecdote insolite racontée par le pote canadien

À défaut de déchet dans le jeu canadien, notre acolyte à la patinoire le jour de Canada-Danemark, titulaire d’un passeport à la feuille d’érable, nous a narré un fait historique qui a chamboulé notre vision du monde déjà chancelante : avant de devenir un produit de luxe, le homard était une denrée très abondante et méprisée. Il était considéré comme une nourriture de rebut ou un « cafard des mers » (!!!), servi aux populations marginales et parfois aux prisonniers et aux domestiques. Si vous voulez entendre tout ça avec l’accent : S2:É4. Comment le homard est passé de déchet… à un aliment de luxe | Mordu

Heureusement les mentalités ont changé et les Canadiens ont su comprendre immédiatement que Celebrini était un produit raffiné et ont renoncé à le donner à manger aux prisonniers. 

Two minutes for « high clawing » ! La légende voudrait même que les spectateurs poussaient le vice jusqu’à balancer des homards à la tronche des joueurs pénalisés en des temps immémoriaux.

Et sinon dans les tribunes ?

Il a quand même fallu un moment jusqu’à ce qu’on se rende compte, avec un peu d’aide, qu’il fallait… applaudir. Et pourtant on aurait facilement pu croire que l’auto-proclamé meilleur public de Suisse arriverait à cette conclusion de lui-même. En même temps il était souvent bien trop occupé à se lever n’importe quand pour aller se réapprovisionner ou se délester en/de liquide pour être trop attentif aux basses manoeuvres ayant lieu au niveau de la glace. Un premier bilan s’impose après 7 jours de compétition : si le niveau de pas mal d’équipes participant à ces joutes mondiales est pour le moins suspect, celui des fans tutoie les sommets nord-américains.

Vous remarquerez qu’on s’est plié en quatre pour accommoder les spectateurs adeptes d’un style d’apprentissage visuel, auditif et kinesthésique. Quelle inclusivité !

La minute Jonas Junland

La prestation de la défense transalpine face au Canada. Les hommes du jovialissime Jukka Jalonen s’étaient d’ailleurs munis de signes distinctifs de circonstance :

Les Carota Boys, officieux fan club de Jannik Sinner, ont immédiatement porté plainte en haut lieu.

La rubrique supplémentaire pour quand même vous raconter quelque chose de Canada-Norvège

En plus il ne s’est quasiment rien passé, à quoi bon en parler ?

On pourrait vous parler du triplé agrémenté d’un assist de Mark Scheifele ou des trois mentions d’aide d’Evan Bouchard (aucun lien de parenté avec Eugénie), mais vous nous connaissez, on se cantonne habituellement aux faits vraiment saillants. Comme celui-ci : dans le bus gare-Poya plein comme un fan québécois après avoir encaissé 5 bières et autant de buts norvégiens, on est tombé sur un couple canadien de passage en Europe. Une Fribourgeoise fort avenante a tenté d’engager la conversation et obtenu des réponses… un peu bizarres.

Aussi bizarre que cet improbable véhicule parqué à proximité de la patinoire ? Probablement pas. Les grands-parents de John Tavares, Manuel et Dorotea, se seraient-ils établis en Valais ?

Le couple en question venait apparemment de Prague (ou Vienne, ils n’étaient plus trop sûrs) via Zurich pour des matches, sans toutefois sortir au même arrêt que nous (celui du stade). Quand notre locale accommodante a tenté de les brancher sur les Habs toujours engagés en playoffs de NHL, le mari s’est fendu d’un “I’m a Boston supporter.” Voilà qui ne doit pas être loin d’être suffisant pour se faire retirer la nationalité (et qui explique peut-être son exil européen).

Patiner moins de 3 minutes en tout (dont 29 secondes en prolongation) et se laisser dériver le reste du temps au gré des effluves de fondue de la zone VIP, ça manque un poil de panache.

Alors qu’on s’était contenté d’un maillot du Team Canada de la Coupe Spengler 2016 floqué Colby Genoway du plus bel effet, notre camarade de jeu du jour (pas le même que le co-auteur de cet article et pas canadien pour un sou non plus contrairement au narrateur de l’anecdote marine) s’était vêtu de son plus beau chandail du quadruple champion de Norvège Frisk Asker floqué du nom du cousin de sa compagne norvégienne Viktor Granholm (ça ne s’invente pas). De quoi attirer l’attention d’un voisin de file d’attente pour pénétrer dans l’enceinte, tout surpris de voir cette tunique hors de Norvège, qui nous a dit être… l’agent du joueur en question (ça ne s’invente pas non plus, du coup on est vraiment tenté de le croire).

Encore une image qui a bon dos.

La rétrospective du prochain match

On arrive gentiment en juin, on se contentera donc probablement de la conquête de la Coupe Stanley sur PlayStation (en niveau rookie, comme le Canada en phase de groupe).

On conclut avec l’enthousiasme slovaque communicatif au sujet de ce tournoi rondement mené.

 

Crédits photographiques
Homard : GrammarFascist, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

A propos Raphaël Iberg 260 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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