Le saviez-vous ? L’équipe de Suisse masculine de hockey sur glace estampillée JO 2026 est considérée comme la meilleure équipe helvétique de l’histoire selon Blick, le Nouvelliste et la RTS (et probablement tous les autres, mais ils l’ont seulement pensé et pas encore écrit pour l’instant). Ce constat serait évidemment un poil plus pertinent s’il ne se répétait pas chaque année ou presque depuis 2019. Bref, suivez-nous, on vous emmène à Milan dans le sillage de cette décidément mirifique équipe rouge à croix blanche et de ses faire-valoir canadiens, américains, suédois, finlandais, tchèques et slovaques venus tout droit de NHL (Mikko Lehtonen les attendait sur place) qui tenteront tout de même de se partager ce qu’il reste du gâteau lombard après le passage triomphal des hommes de Patrick Fischer. Pour autant que la version Wish de l’Arena Santa Giulia tienne le coup jusqu’à la défaite en quarts contre la Finlande euh pardon jusqu’au bout bien sûr.
Le trajet
Comme il y a 4 heures de train entre l’ex-gare (on n’ose plus dire future, voyez-vous) de Lausanne et Milano Centrale et que le paysage de nuit entre Brig et Domodossola n’est pas exactement une fresque de Jirô Taniguchi, on a eu le temps de concocter un petit quelque chose pour s’occuper pendant les power breaks :

On a oublié d’y mentionner le fait que Patrick Fischer et Sam Hallam allaient quitter leur sélection cette année, mais on ne voulait pas contribuer à encore plus de confusion autour de la Suisse et de la Suède (En 2026, CR sera pédagogue ou ne sera pas). D’autant plus que le second coach nommé s’apprête à rejoindre la première contrée citée alors que le futur du premier technicien mentionné est aussi opaque que le ciel de Södertälje un matin de novembre. Vous voyez (enfin sauf si vous nous lisez depuis Södertälje), c’est confus.
Au fait, si vous avez la flemme (olympique), vous pouvez aussi remplacer toutes les cases par une action quelconque de Franjo « Snoop Dogg » von Allmen (par exemple remporter plusieurs médailles d’or en un jour), puisque le natif de Boltigen (et donc pas de Morges) est absolument partout en ce mois de février.
Pour ce qui est du retour, entre le vandalisme des Organismes Unicellulaires Servettiens Tout Émoustillés (OUSTE) entre Lausanne et Renens et le déraillement dans la région de Brig, on a en tout cas eu amplement le temps de se relire avant de publier. Par exemple on n’a pas du tout oublié une lettre dans la case numéro 8.

Non mais on déconne, il n’y a eu aucun problème au retour.
Le trajet bis
Avant de cracher sur le reste de l’organisation milanaise, saluons les transports qui nous ont permis de faire des aller-retour entre notre hôtel situé Porta di Venezia et le trou du cul du monde, théâtre de la venue des aliens canadiens et de leur vaisseau spatial leurs vassaux hockeyistiques pour faire semblant de se disputer un petit peu un Trophée McDavid déjà propriété de qui vous savez. M1 jusqu’au Dôme, M3 jusqu’à la gare de Rogoredo, navette gratuite (euh en tout cas on n’a pas payé et on n’a rien demandé) à très haute fréquence jusqu’à Santa Giulia. Et pareil au retour, le tout apparemment jusqu’à 2h du matin (on a préféré ne pas tenter le Diavolo, même en tant que milanista, et se tirer au 65e et dernier power break de la journée à chaque fois). D’une fluidité digne d’une entrée de zone de Connor McJesus. On en oublierait presque la file indienne… euh… hum… disons folklorique pour pénétrer dans le périmètre du stade.

La sécurité est en plus assurée par l’équipe de biathlon médiéval du Vatican.
Bref, à ce stade on ne demande pas encore d’entraide judiciaire et notre ambassadeur reste en place.
Le cadre
On est presque tenté d’être objectif et de vous présenter une vision nuancée du truc. Vraiment désolé, au pire vous pouvez sauter cette partie, on recommence les injures à tort et à travers juste après.

« Ça suffit, Nappa… Si on abîme trop cette planète, on ne pourra plus la vendre. »
Outre le fait qu’on a enfin pu expérimenter ce qu’ont dû ressentir les habitants de la Capitale de l’Est à 11h43 précises le jour de l’arrivée sur Terre de Nappa et Végéta en voyant ce machin circulaire planté au milieu de nulle part dans la périphérie sud-est de Milan, il y avait un peu à boire et à manger dans cette Arena Santa Giulia qu’un supporter américain croisé dans la « zone de l’ennui » (on en reparle après) aux abords de l’enceinte n’a pas hésité à qualifier de « truc qu’on pourrait trouver à IKEA » (et pas monté correctement on imagine). Enfin, à boire et à manger… façon de parler (ça on n’en recause pas après, les hot dogs sans garniture à 8 euros pièce et la Corona d’accompagnement, ça mérite probablement pas une dissert’).

Cela dit, la gestion des stocks et des déchets est vraiment audacieuse.
Et l’intérieur ? Très joli, jusqu’à ce qu’on jette un oeil au rideau au fond de la patinoire qui cache certainement les 4600 places manquantes et qui n’est pas sans rappeler le mur du fond de feu le Stade de Glace à Biou, la fameuse patinoire en cul de sac, aux plus anciens d’entre nous.
Les trois étoiles du week-end
⭐️⭐️⭐️ Floran Douay. Marquer un but à Jordan Binnington au nez et à la barbe de Colton Parayko en ayant pris Nathan MacKinnon de vitesse, pas sûr que le 13e attaquant préféré des Vaudois (ça se joue pas à grand chose entre lui et Michael Hügli) ait osé même en rêver. Nous non plus.

La checking line de tâcherons formée spécialement pour contrer la superstar Douay dans ses œuvres.
⭐️ ⭐️ Le maître de cérémonie de l’Arena Santa Giulia (clairement sous coke, mais ça n’explique pas tout). Franchement, on espère que ce brave homme a un bon psy à dispo ou un budget vacances aux Maldives illimité pour le mois de mars. Car à côté de la responsabilité individuelle, et ce de 11h à 23h45 sur une semaine et demie, du show bilingue anglais-italien d’une patinoire où il ne se passe absolument RIEN d’autre (certes, un peu de hockey entre les pauses de 18 minutes entre deux tiers, les pauses de 20 minutes entre l’échauffement et le match, les pauses de 90 minutes entre les matches et évidemment les sacro-saintes pauses puissance, comme on dit au Québec), l’existence de Sisyphe s’apparente à de la franche rigolade. En plus du fait que notre ami ne se débarrassera jamais des paroles de Volare et Sarà perché ti amo, pas après y avoir été exposé autant de fois de manière aussi concentrée.

Être sur orbite 13h par jour, rien d’étonnant à l’intérieur d’un vaisseau extraterrestre.
P.S. Ce dernier passage peut tout à fait être adapté à Dieter Ruehle, le DJ-organiste préposé à la patinoire qui a passé ses journées à jouer les 5 mêmes notes ad nauseam.
⭐️ Mikko Lehtonen. Le pauvre défenseur des ZSC Lions (on vous avait dit que c’était le seul joueur finlandais non issu de la NHL ?) n’a pas eu droit à un seul shift lors de la lapidation publique de la Squadra Azzurra samedi après-midi (11-0). Même pas un petit tour d’honneur de rien du tout dans les dernières minutes. Quand on sait que l’équipe adverse disposait du troisième gardien de Kloten comme arme secrète, voilà qui laisse songeur. Bref, des matches à Mikko comme on les aime.

Ah tiens, si !
Le tournant du week-end
Le moment où le futur résident des Maldives dont on parlait tout à l’heure a lancé la première des 6 Corona Waves (la version sponsorisée d’une ola ou Mexican wave, événement habituellement un poil plus spontané et moins scénarisé à l’extrême) auxquelles on a assisté ce week-end. Oui, Corona Wave. Dans un monde post-2020. Le génie qui a trouvé ça doit aussi être en charge des horaires de trains italiens, de la construction en temps et en heures des sites olympiques et du merchandising (on y vient).
Le slapshot en pleine lucarne du week-end
Métaphoriquement, celui du Grenoblois Pierre Crinon, qui a mis une rouste à Tom Wilson dans la catégorie poids lourds en lutte gréco-romaine (il pourra retirer sa médaille à LA en 2028). On lui pardonnera presque le fait que son coude soit rentré en contact (fortuit bien sûr, qu’allez-vous encore penser ?) avec la pommette de Nathan MacKinnon (et aussi un peu son ego, seulement égratigné, Dieu merci) au préalable, ce qui lui a évidemment valu un lâcher du chien de garde des Washington Capitals.

Non, mais arrêtez, Crinon de sort ! Il est monstre sympa et pas du tout récidiviste ce brave Pierre, on ne va pas non plus la lui jeter ! (Source: L’Equipe)
L’important était bien sûr d’envoyer Tom « Cast Away » Wilson à la douche avant la fin de la troisième reprise. L’Ontarien aurait tenté les signaux de fumée et formé les lettres « HELP » sur le carrelage avec les gels douche de ses coéquipiers selon nos informations au sein du vestiaire. On l’aurait retrouvé prostré, parlant à un ballon de volley qui traînait par là.

La vie de Wilson en quatre cases et une morale à la fin. Oui, il y avait un grand type avec des cheveux devant nous.
UPDATE: Crinon a été exclu des JO lundi soir par sa propre fédération dont le président aurait déclaré que l’attitude de son joueur était à Gerbeau.
Le vieux rotoillon en cloche du week-end
Il est l’œuvre du département merchandising de l’événement.
On avait deux objectifs lundi avant de rentrer: 1) Se procurer l’exceptionnel maillot finlandais bleu nuit (à ne pas confondre avec le bleu trouille italien) et/ou le chandail canadien (floqué #20 Thomas Harley ça aurait été encore mieux) et 2) la mascotte Tina en peluche.
Direction le sous-sol du Nike store local, là où se nichaient les trésors recherchés selon un secret de polichinelle reposté des milliers de fois sur les réseaux. Et là… euh eh bien, comment vous dire:

Oui oui, c’est l’entier du stock. Après 4 jours de compétition masculine.
Pour des raisons pas si obscures, seules les couleurs de l’équipe locale n’ont pas trouvé preneur. Notre cerveau malade effleure une demi-seconde l’idée d’acheter un exemplaire floqué Segafredo et on se barre dépenser notre treizième à la boutique de l’AC Milan à la place.
Bon, et Tina alors ? Direction le shop officiel de la gare, qui ressemble peu ou prou à une voie de chemin de fer valaisanne après une avalanche:

On hésite: soit les gars ont prévu du stock pour une demi-heure de compétition ou alors ils ont pas encore fini de déballer. Les deux sont plausibles.
Le chiffre à la con
4. Comme le nombre d’heures passées à attendre le match suivant dans la « zone de l’ennui » en l’espace de deux jours. On s’explique: si vous avez un billet valable pour la partie qui suit celle à laquelle vous venez d’assister, vous êtes invité à quitter la patinoire (jusque-là tout va bien), faire scanner votre prochain sésame et aller vous parquer dans un enclos où il n’y a RIEN (oui, c’est un leitmotiv) à faire pendant près d’une heure (regarder tomber la pluie est toutefois une option viable), en attendant que le chalet Corona Cero entrouvre péniblement ses portes quelques minutes avant la réouverture de la patinoire, provoquant généralement un début d’émeute chez des fans ayant atteint les confins de l’ennui (ou du manque d’alcool) tout en devant économiser la batterie de leur téléphone pour ne pas se retrouver sans billet pour la troisième rencontre de la journée, 10h (et 145 power breaks) après être arrivés sur le site pour la première. D’autant que Fabrizio* le maître de cérémonie leur a déjà demandé un nombre incalculable de fois d’utiliser la lampe de poche dudit smartphone pour participer à l’une ou l’autre animation à la con meublant un… oui, vous l’avez : un power break. À force de meubler, on commence d’ailleurs à mieux comprendre l’allusion à IKEA de tout à l’heure.
Un grand merci à Hunter au passage, texan de son état (enfin un des 50) et fan des… Maple Leafs (personne n’est parfait), établi dans le coin et possesseur d’aptitudes en français aussi improbables que tout à fait passables qui nous a aidé à tuer le temps lors du premier de ces séjours dans la salle de l’esprit et du temps.
*Nom inventé de toutes pièces par la rédaction.
L’anecdote
Pendant le petit entraînement light en maillots distinctifs sans contact de la Finlande face à l’Italie, des ressortissants hexagonaux pas ronds pour un sou pourtant vivaient leur première expérience hockeyistique, le tout s’apparentant à un numéro de trapéziste sur une corde aussi raide que la pente qui sépare Davide Fadani et les siens du très haut niveau. On les écoute (enfin surtout un qui monologuait):
– Y’a ch’ais pas quoi, des fois ils ont pas le droit d’attaquer… [ndlr: le hors-jeu]
– Y’a coup franc !
– Sont vifs les Italiens ! Des petites guêpes !
– Sont gros les Finlandais !
– De toute façon je comprends rien aux règles.
– Y’a une histoire de ligne bleue, ligne rouge… [ndlr: on se rapproche dangereusement de la compréhension du dégagement interdit]
– T’arrives à voir le palet ?
– Tu vois leurs changements ? Ils passent par dessus bord…
– Allez vas-y gamin !
– Il a dégagé en touche…
– Euh il est habillé le gardien !
– Ça change de côté à la mi-temps ?
– C’est rapide hein ?
– M’en parle pas, mes verres progressifs en prennent un coup…
– Je comprends pas, ils ont pas le palet les Italiens…
– C’est qui les plus forts en hockey ? Le Canada ? Ah ouais ?
– Oh putain y’a un grand barbu qui est arrivé !

Nos Zizou du verbe ont finalement trouvé à qui parler.
La prochaine fois on vous racontera peut-être l’histoire de la jeune Américaine qui a changé de siège en plein deuxième tiers de USA-Danemark et expliqué à son nouveau voisin qu’elle venait de se faire lourder par son boyfriend (on était le 14 février, on ne sait pas si c’est un détail utile).

Ouais, c’est pas le Danemark, mais c’est une photo sympa.
Et sinon dans les tribunes ?
Notre classement des fans les plus impliqués:
1) Suisse (bonus déguisements et objectivité de notre part)

Hanspeter Ivremort* dans ses œuvres après 12 bières et un but tchèque annulé. Tous en chœur: « Pasta, Pastrňák ! »
*Nom totalement inconnu de la rédaction.
2) Allemagne (les plus bruyants, en tout cas jusqu’à 0-3)

Leon, tueur à gages solitaire.
3) Slovaquie (les plus sympa, mais c’est probablement parce qu’on ne comprend pas leur langue)

On a mis un moment à capter pourquoi ils étaient si contents d’avoir perdu 5-3.
4) USA (U-S-A !!! C’est le classique des classiques, mais vous en connaissez pas une autre ?)
La qualité de l’image de cette vidéo rejoint celle de l’article dans son ensemble.
5) Tchéquie (on s’en fout, on a gagné)

Mais c’est vrai qu’on a perdu quelques plumes.
6) France (voir la section dédiée à l’anecdote)
7) Suède (franchement décevant, à ne pas confondre avec la Suisse)

En même temps quand le maillot de Tom Wilson est présent en tribunes tu fais pas le malin.
8) Canada (on conçoit qu’encourager une équipe aussi hallucinante revient presque à pousser Jésus dans le dos pendant qu’il marche sur l’eau, mais se contenter de OHHHH et de AHHHH polis à chaque dinguerie technique plus folle que la précédente et hurler de joie au moment où Wilson tente d’appliquer la justice de l’Ouest à Crinon après que ce dernier a osé toucher Son Altesse MacKinnon, bof)

Allégorie de l’ambiance pendant Canada-France.
Hors concours: Finlande et Italie. Les chants de supporters, tout comme les charges, sont interdits en corpo.

Bonus: petit florilège des plus belles tuniques aperçues ce week-end avec une mention spéciale pour le maillot anniversaire des 70 ans du SC Langenthal floqué Jágr et le maillot canadien réalisé en body paint.
La minute Jonas Junland
Le deuxième but danois encaissé par Jeremy Swayman samedi soir sur un puck propulsé depuis le quinzième rang de la file en direction de la buvette par Nicholas Jensen. Impossible de dire si l’envoi subséquent du dernier rempart des Bruins en tribune pour le duel suivant face à l’Allemagne au profit de Jake Oettinger faisait partie du tournus prévu ou non.

Le point de vue de Jensen au moment d’ajuster la lucarne.
La rétrospective du prochain match
Suisse-Italie ce mardi à 12h10. On espère que Damian Clara s’est remis de sa dépression. En même temps on le comprend, il y a déjà peu d’ensoleillement en hiver en Finlande, si en plus les gars débarquent dans ton pays pour te faire de l’ombre et refusent de s’éclipser avant de t’avoir allumé 62 fois et de t’en avoir planté 11…

C’est pas si mal comme pourcentage d’arrêts.
Littérature secondaire utilisée pour les besoins de cet article:


Tu as même pu voir un maillot de Mr Satan, dans ce Quartier lointain!
Oui, c’était carrément Le Sommet des Dieux !
Le Jirō d’Italia!
OH !!! 😀
Après une lecture attentive, je me suis rendu compte que le seul truc que je connaissais, sinon le nom des pays et le nom « gare de Lausanne » – dont il est vrai qu’on ne sait plus trop ce qu’il dénote – c’était Jirô Taniguchi. Ça n’est pas bien grave, j’ai bien ri. Merci !
😃