Pas SUI-BEL que ça cette Nati

Navarro en quête de clarté

Tout d’abord bienvenue à tous les fans de Moto GP qui ont googlisé « Jerez » et sont tombés par hasard sur cet article ! Le GP d’Espagne ayant lieu en avril, c’est effectivement la der pour commencer à se renseigner. Bon, mais aux confins du mois de novembre, que peut-il bien se passer de trépidant au fin fond de l’Andalousie (à part nos rêves de téléportation loin de notre grisaille quotidienne) ? Eh bien figurez-vous que la Nati (moins la lame perpendiculaire de l’os ethmoïde d’Alayah Pilgrim) s’y trouve pour une cure de sevrage post-Pia Sundhage un stage de remise en forme une première prise de température (avec des pics à 17°C) avec le nouveau sélectionneur Rafel Navarro, natif de Catalogne et donc régional de l’étape (à 964 km près). Le lieu et les buts de cette formation continue hivernale ayant été établis, il fallait encore une intervenante externe sans trop de relief pour éviter de trop bousculer les fragiles certitudes acquises de haute lutte l’été dernier. Difficile donc de trouver mieux que la Belgique pour remplir ce rôle de composition.

Le match en deux mots (une fois)*

Black Friday.

Comme tout est au rabais aujourd’hui à peu près tout le mois de novembre, on a décidé de regarder une rencontre amicale au lieu du match aller de la finale de la Ligue des Nations entre l’Espagne et l’Allemagne.

C’est con parce qu’on n’avait pas l’air loin du 0-0 le plus dingue de l’année.

Non, le fait qu’aucune des chaînes de notre bouquet Sky Sport ne propose cette rencontre n’a eu aucune incidence sur notre décision mûrement réfléchie de basculer dès le coup de sifflet final de Suisse-Belgique sur la bien plus noble quête d’une troisième place dans la compétition européenne susmentionnée disputée entre la France et la Suède (highlights du hold-up des Bleues (2-1) commenté de micro de maître par Fabien Lévêque et Louisa Nécib juste ici).

*C’est bon maintenant, tous les clichés belges sont sortis de notre système, on vous remercie pour votre patience. Alors oui, il y aura encore quelques blagues dans cet article, mais on vous promet que leur fabrication répond strictement aux critères de l’AOC vaudoise.

La femme du match

Alisha Lehmann. Non, ce n’est pas une faute de frappe et vous n’êtes pas non plus dans les colonnes d’un journal de boulevard zurichois. Contre toute attente (et surtout pas la nôtre), il n’aura fallu que 4 minutes à la Bernoise depuis son entrée en lieu et place de Smilla Vallotto pour égaliser, bien aidée il est vrai par un invraisemblable cafouillage dans la défense adverse (64e minute). Si on ne venait pas de promettre de freiner sur les clichés, on vous dirait que cette action était même une authentique mise en bière belge.

Dans exactement 5 secondes, le ballon sera au fond. A croire que l’arrière-garde du Plat Pays était complètement Kees (Sari de son prénom).

La buse du match

Livia Peng. Celle qui est en train d’obtenir une chance inespérée de faire ses preuves à Chelsea par la grâce de la pré-retraite de Becky Spencer et de la convalescence de Hannah Hampton a à nouveau montré certaines limites criardes à ce niveau. Il n’y avait vraiment aucune raison de laisser rentrer la frappe lointaine (certes légèrement déviée) de Laura Deloose à la 36e minute (0-1), même un lendemain de cuite de Thanksgiving. Et que dire de la tête de Tine de Caigny (1-2, 73e) dans un angle aussi fermé que le Conseil d’Etat vaudois face à une tentative de négociation syndicale, même si la numéro 6 belge a été bien aidée par un joli black-out de Viola Calligaris au marquage. Bref, une sacrée Anda-lose. Elle est rentrée tard, Tine (67e), mais elle n’est pas venue pour rien.

On aime quand les images d’illustration correspondent au déroulement et au ressenti du match.

Le tournant du match (on vous rappelle qu’on joue sur un circuit)

Le moment où notre nouveau sélectionneur a publié sa liste des participantes aux deux rencontres amicales contre la Belgique et le Pays de Galles. On a une pensée émue pour toutes celles et ceux qui étaient habitués aux sélections de Pia Sundhage et n’avaient pas pensé à placer un siège, un dossier, voire même des accoudoirs en contrebas de leur postérieur au moment de prendre connaissance de ce document qui fera date dans l’Histoire de la Nation au même titre que la Révolution de 1798 ou la Guerre du Sonderbund de 1847.

Comme c’est pas non plus monstre lisible on ne jouera pas au jeu des trois différences, mais vous avez compris le principe.

L’aVARie qui a failli couler le match

La blessure d’Alayah Pilgrim, qui s’est littéralement cassé le nez sur le Côme d’Alisha Lehmann le 23 novembre dernier. Si vous êtes l’un des motards susmentionnés égaré dans les méandres de cet article et appréciez également les routes de montagne particulièrement sinueuses, on vous recommande la photo du sinistre publiée par la victime sur son compte Instagram. Si ce n’est pas le cas… plutôt pas.

La scoumoune continue donc de s’acharner sur la Maroco-Argovienne (l’Argovio-Marocaine ?) en équipe nationale et sur nos espoirs de la revoir titularisée aux côtés de Sydney Schertenleib après un premier essai plus que concluant le mois dernier.

Le chiffre à la con

2. Comme le nombre de langues (anglais et allemand) dans lesquelles la toute nouvelle page Wikipédia (créée le 11 novembre) de Rafel Navarro existe désormais. Certes, nul n’est prophète en son pays, mais on espérait tout de même que quelqu’un aurait fini par remarquer son existence dans sa Catalogne natale après 6 ans comme assistant au FC Barcelone et un nombre de titres remportés dont la seule mention nécessiterait de doubler la superficie accordée à sa biographie sur les Internets.

On aurait aussi pu parler des 175 sélections d’Ana-Maria Crnogorčević, mais on a dit chiffre à la con, non ?

L’anecdote

Un premier indice pour notre « Sundhage » de fin d’article:

Il reste 4 mois pour peaufiner les surimpressions avant le prochain match à enjeu.

Et sinon dans les tribunes ?

Pour ne pas trop déstabiliser les Red Flames qui avaient pris l’habitude d’évoluer à Tourbillon pendant le dernier Euro, on avait choisi de jouer dans un stade totalement vide et dans l’indifférence locale générale. Habile.

Qui a choisi le combo jaune fluo-vert aveuglant pour les Red Flames ? Une enquête pour le commissaire Navarro !

Blague à part, la stratégie post-Euro de l’ASF est toujours aussi limpide. Pendant que l’Angleterre capitalise sur sa popularité et fait le plein à Wembley pour un amical contre la Chine (!), notre Nati va littéralement s’enterrer au milieu de nulle part sur une pelouse visiblement (même depuis le studio à Genève) infestée de taupes, le tout quasiment à huis clos dans une enceinte qui peut pourtant contenir 20’523 personnes. « C’est peut-être pas non plus la bonne heure, 19 heures, c’est la fin de la sieste… » On vous avait juré-craché qu’on s’arrêtait là avec les clichés, mais c’était compter sans Fred Scola.

Schertenleib s’apprête à creuser un tunnel en direction du poteau de corner.

La minute Sandy Maendly

Fred Scola, avant sa prise d’antenne, alors que la sono locale diffuse de la Guggenmusik: « Il est possible qu’on arrive dans les hymnes, auquel cas ben on parlera pas tout de suite, voilà. » Depuis la nuit des temps, suivre un match sur le site de la RTS a toujours été beaucoup plus drôle que de le suivre à la télévision traditionnelle. Quelqu’un dira-t-il un jour aux commentateurs qu’on entend tout ce qu’ils se disent « en aparté » (sic) par ce biais ? Le mystère reste entier, même pour Antoine Rafel Navarro.

Sandy Maendly, à propos de Navarro: « On est curieux de voir ce qu’il aura pu inculquer à cette équipe en l’espace de peu de jours, 4 jours… » Comme on a un Master estampillé HEP et 12 ans d’expérience au secondaire II, on va lui répondre: il a probablement appris tous les prénoms, ce qui est déjà pas mal. Les positions sur le terrain, ça viendra plus tard puisque Schertenleib s’est notamment retrouvée bombardée numéro 6 en remplacement de Lia Wälti alors que Riola Xhemaili et Noelle Maritz étaient alignées en latérales, Noemi Ivelj en défense centrale et Vallotto sur l’aile droite.

On laisse Sandy conclure sur cet avant-match: « On va voir ce que nous cocote… euh… concocte Rafel Navarro. » Certes.

Bon, et 94 minutes plus tard, on est convaincu ? « C’est bien de vouloir faire déplacer le bloc adverse en redoublant les passes, mais il faut savoir aussi verticaliser à un moment donné. » C’est beau de voir que Johan Djourou garde toute son influence sur cette rubrique.

On laisse le mot de la fin à Fred Scola et cette sortie un poil ésotérique: « Et nous on rendra rapidement hein au coup de sifflet final pour que vous ne remarquiez rien du ski alpin ! »

La rétrospective des prochains matches

Mardi à… midi, la Nati affrontera le Pays de Galles au même endroit avant une longue pause qui nous amènera en 2026 et au début des qualifications pour la Coupe du monde 2027 au Brésil (pour essayer d’y capter quelque chose, on vous renvoie à cet article, c’est en gros de nouveau le même principe, sauf que cette fois la Suisse va vraiment devoir s’y coller). Le programme est le suivant au sein du groupe B2: Suisse-Irlande du Nord (3 mars), Malte-Suisse (7 mars), Suisse-Turquie (14 avril), Turquie-Suisse (18 avril), Suisse-Malte (5 juin) et Irlande du Nord-Suisse (9 juin).

Quant aux matches retours des finales de Ligue des Nations, ils auront également lieu mardi (pas à midi étonnamment).

Le Sundhage d’après-match

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A propos Raphaël Iberg 260 Articles
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