Fennec un au revoir

Qatar, Bosnie, Canada, puis Algérie, Colombie en huitième, Argentine en quart, Brésil en demie, Espagne en finale. Ce serait juste dommage d’être champions du monde sans avoir démonté la France. Je considèrerais cela comme une demi-étoile.

Le match en deux mots

Jour férié, bordel !

L’homme du match

Denis Zakaria.

Au moment de sa sélection, Yakin a choisi d’emmener avec lui six défenseurs centraux mais un seul latéral droit de métier. En termes de sécurité, c’est comme si sur ta porte d’entrée blindée tu ajoutais deux serrures multipoints, une barre transversale et un détecteur de mouvement, tout en laissant la fenêtre d’à côté ouverte (avec un petit escabeau).

Résultat : Widmer, notre unique latéral droit, est annoncé diminué (touché à la hanche), et c’est Zakaria qui est aligné à ce poste qui n’est pas le sien. Et il sort un match mondial, défensivement comme offensivement, avec un impact physique que je n’avais plus vu depuis Golgoth 7.

La passe, la passe !

La dinde du match

Juste avant le début du mondial, la Fédération algérienne a prolongé le contrat de son sélectionneur Vladimir Petkovic jusqu’en 2028. Alors franchement, après cette piteuse prestation, je leur souhaite bien du courage pour gérer le dossier, alors que 47 millions d’Algériens hurlent au gâchis.

La pression retombera probablement quand ils se rendront compte qu’ils ont perdu contre le futur champion du monde.

L’esthète du match

Fabian Rieder, pour son numéro de patinage artistique à la huitantième. Parfaitement servi par Golgoth 7, seul à 3 mètres devant le but vide.

Franchement, tu mets un plot de chantier à la place de Rieder, c’est goal.

Le moment MAGA du match

Le moment vécu par ma fille, Swann, pas encore 10 ans. Réveillée à 4h40 pour les hymnes, les yeux encore collés par le pus, elle étouffe un sanglot à la cinquième minute du match, au moment où la Suisse peine à rentrer dans la partie, tellement la pression et le stress l’oppressent.

Bienvenue ma chérie dans ce monde d’émotions que seul le football peut nous faire ressentir. Tu vas vivre plein de choses dans ta vie, des examens, des moments clefs, des mariages, des naissances, des décès. Tu vas rire et pleurer, jouir et déprimer. Mais les émotions que le football procure, c’est encore autre chose, c’est unique, ça n’existe que par ce sport, ça se rajoute à tout le reste. Et moi je pleure en écrivant ces phrases, parce que je suis à la fois saoul et heureux de t’avoir embarqué malgré moi dans cette aventure.

Le point commun entre les deux équipes

Une des deux équipes mérite un 6 comme note moyenne sur ce match. L’autre a trop peu joué pour être notée.

Le chiffre à la con

9, 9, 9, 9, 9, 9, 9…

Et le numéro complémentaire : le 9.

Ce tirage a été effectué en présence d’un huissier de justice.

(Explication pour ma maman : c’est le numéro de Manzambi dont je suis amoureux, faudra que je te le présente, on va se marier).

L’anecdote

Christophe Gleizes. journaliste du magazine So Foot, est retenu en otage depuis une année par le régime semi-dictatorial d’Algérie. Je propose un échange avec Jacques Wullschleger.

Si le match avait été une junk food

Tu as faim, tu entres dans une gargote interlope, dans un pays dont tu ne parles pas la langue (là-bas on parle le Murat, un dialecte que quasi personne ne comprend). Tu commandes au hasard un truc sur le menu aux pages collantes, et tu attends en priant qu’on ne te serve pas de la cervelle de singe. Quand le serveur arrive, il pose devant toi une assiette en porcelaine de ton plat préféré, abondamment servi et épicé exactement comme il faut.

Toute la nuit j’ai attendu la boule au ventre que Yakin nous fasse sa compo de merde habituelle, et finalement non : C’est le 4-2-3-1 que je voulais et, à part Widmer, avec les meilleurs joueurs à leur meilleur poste. Pas de dinguerie, pas de Yakinerie. Il ne teste pas Gartenmann, pas de défense à trois improvisée, pas de Itten sur le terrain… Putain, c’est pas compliqué. C’est tout ce que je lui demande.

La minute Léonard Thurre

Léo au sujet de Manzambi : « Il y a beaucoup de superlatifs qu’on pourrait lui donner, mais il est surtout utile ».

Avec « Il a mangé une tartine au Cenovis en buvant son Rivella avant de mettre ses soccolis », c’est la phrase la plus suisse de l’Histoire.

Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)

L’indice mettait l’Algérie devant, car il avait anticipé que Yakin nous fasse une composition de merde, comme à son habitude, avec Sow et Rieder d’entrée en 3-5-2, et Aebischer aux corners. Alors quand sur ce match, Murat aligne l’équipe que le monde entier voulait voir et met son petit caca d’égo de côté, notre indice infaillible est pris de court.

A propos Yves Martin 265 Articles
Cette Nati a deux vertus : celle de faire rêver quasi tout son peuple, et celle d'emmerder les connards de la fachosphère. Longue vie à elle.

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3 Commentaires

  1. Les quatre adversaires de la Nati jusqu’à maintenant font partie du top 12 des équipes les plus faibles de la coupe du monde. La chatte de Murat…

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