Echec et maté

Se lever à 4h30 pour regarder la Suisse. Rester éveillé jusqu’à 3h du mat’ pour se farcir Argentine-Cap-Vert. Il n’y a qu’avec ce genre d’idées débiles qu’on devient adepte des pauses fraîcheurs.

Le match en deux mots

Nuit blanche.

L’homme du match

Lisandro Martinez, pas du tout gaucho en la circonstance, qui nous gratifie d’une ouverture délicieuse sur l’ouverture du score avant de donner l’avantage à l’Argentine en prolongations.

Après ça reste une immense tête à claques. Mais à côté d’Emiliano Martinez, Christian Romero, Facundo Medina, Enzo Fernandez, Rodrigo De Paul, Leandro Paredes et Nicolas Tagliafico, il a presque l’air sympa. Comme quoi ça peut être avantageux d’être argentin dans la vie.

La dinde du match

Le banc de l’Argentine dans son entièreté qui, non content de parvenir à dominer le Cap-Vert, a décidé de se lever d’un seul homme à chaque situation litigieuse dès la 60ème minute. Vivement qu’une équipe de foot solide croise leur chemin.

L’esthète du match

On peut dire ce qu’on veut sur son âge, ses oreilles, ses démêlés avec le fisc ou ses sessions de nordic walking dans le rond central mais le contrôle de Messi avant son ouverture du score, c’est du velouté à la truffe blanche.

Et évidemment, mention spéciale à Sidny Cabral et à son égalisation en prolongations qui, en plus d’être magnifique, nous a permis de ne pas sombrer dans les bras de Morphée. Il paraît d’ailleurs qu’en Argentine, Morphée se traduit par Scaloni.   

Le moment MAGA du match

Chaque occasion ou semi-occasion cap-verdienne huée par les supporteurs de l’Albiceleste en mode fouteur de gueule dans les tribunes. Vraiment un peuple qui aime son prochain sans arrogance, ça fait plaisir.

Le point commun entre les deux équipes

Visiblement l’envie de prolonger le plaisir jusqu’à point d’heure. Tout ça pour ne même pas terminer aux pénos, c’est ballot.

Le chiffre à la con

59.

Comme la minute à laquelle Deroy Duarte a décidé d’égaliser et de plonger l’Argentine dans le plus grand doute de son histoire depuis la prise de pouvoir du général Videla. Aucune révolution notable sur le terrain n’a pourtant suivi par la suite.

L’anecdote

L’une des anecdotes les plus répandues sur l’effectif du Cap-Vert concerne le défenseur central Roberto « Pico » Lopes, né à Dublin, qui défend les couleurs des Shamrocks Rovers depuis 2017. Il se dit que le sélectionneur l’avait repéré et contacté via LinkedIn. Le joueur explique d’ailleurs qu’il avait d’abord ignoré le message, pensant à un spam, avant de devenir un pilier de la sélection.

Avec un coup de cul pareil et zéro mérite, il doit désormais sûrement balancer des posts sur sa routine quotidienne (réveil à 4h, douche glacée, petit déj à base de lait d’avoine et de huit oeufs à la coque, demi-heure de méditation transcendantale entre deux séances vidéos sur le 4-4-2 losange) pour expliquer comment réussir sa vie à tous les péquenauds de la terre qui n’ont pas la chance d’avoir leur arrière-grand-mère qui a épousé un cap-verdien.

Si le match avait été une junk food

Des ingrédients un peu gras, sans finesse, mais qui laissent un sacré souvenir. Un véritable choripan de la pampa argentine.

Pour ceux qui ne le savent pas, c’est une espèce de saucisse de chorizo grillée, coupée en deux dans un pain avec de la sauce chimichurri en veux-tu en voilà !  Si on veut comparer avec ce qu’on connaît chez nous, c’est un bout de pain avec du cervelas cuit au feu de bois. De là à dire que Manzambi est l’égal de Messi, il y a un pas que l’on ne franchira pas.

La minute Léonard Thurre

Y a pas à dire, se lancer dans une imitation de Pascal Droz à 2h20 du matin, c’est immense. Merci pour ce moment, toi le poète de la RTS dont je n’ai pas reconnu la voix.

Même si dans l’ensemble, après avoir lu toute la page wikipédia sur le Cap-Vert à l’antenne, c’est particulièrement compliqué de donner du sens au commentaire d’un match aussi déséquilibré sur le papier et pendant plus d’une heure. Alors on bascule forcément parfois dans une éloge à Lionel Messi qui frôle le fanatisme.

En parlant de fanatisme, j’étais à Buenos Aires cet hiver et j’ai eu la chance de croiser la légende de Boca Juniors, Juan Roman Riquelme, qui a gentiment pris le temps de poser pour un selfie.

Vous ne me croyez pas ? Après l’avoir vu de près et fait schmolitz, je l’ai photographié à la Bombonera. 

Et je l’ai même croisé au volant de sa voiture le lendemain…

Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)

L’indice EPSTEIN ne s’est pas Trumpé.

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