Au stade, le Canada sort son sirop ambré,
Le Maroc, son tajine et son thé à la menthe,
Deux peuples tout en rouge, une ambiance brûlante,
Même si l’un vient du froid, l’autre du sable doré.
Les Lions rugissent fort, les Érables enflammés,
La poutine défie la semoule élégante,
Le ballon roule vite, et la foule est vivante,
Chaque action fait trembler les cœurs accélérés.
Le soccer canadien rêve d’un grand exploit,
Le Maroc, lui, répond par un dribble adroit,
Et chacun veut écrire une page immortelle.
Mais lorsque le coup final scelle le destin,
Le jeu triomphe en un élan universel
Les visages partagés par liesse ou chagrin.
Il y a deux, trois licences poétiques et alors ? Vous, c’est quand la dernière fois que vous avez écrit un sonnet ?
Le match en deux mots
Trois-trois
Non non, pas le score. Et non pas le nombre de tirs marocains. Pas le bruit que fait un crapaud non plus. Trois BALLONS, Trois buts. C’est un peu le ressenti de ce match. Pas vraiment de rythme, une équipe canadienne vaillante, mais finalement au niveau où on l’attendait car il faut bien se rappeler du contexte.
Le Canada est sorti 2ème d’un des groupes les moins relevés de ce Mondial derrière une Suisse pas franchement très convaincante sur ses trois premiers matches. Ce même Canada a également profité du marasme du groupe A où personne à part le Mexique ne semblait vouloir se qualifier et s’est donc retrouvé face à l’aubaine Sud-Africaine en 16ème. Match qu’ils ont d’ailleurs gagné par les poils de fesses.
De l’autre côté, le Maroc semble avoir laissé partir son football dans les valises des Néerlandais qu’ils ont battus en 16ème. Et le constat est sans appel. On nous a bassinés avec le football africain dans de nombreux médias depuis la conclusion de la phase de groupes. 9 équipes qualifiées sur 10 en 16ème… Résultat, il en reste deux en 8ème de finales, soit le premier tour de matches à élimination directe d’une vraie Coupe du Monde, jouée à 32. Et le Maroc a de bonnes chances d’être la seule équipe africaine en quarts, puisque l’Egypte joue une Argentine qui pourrait être revancharde après leur frayeur contre le Cap-Vert. Ah ! Et sauf cataclysme, ce sera France-Maroc en quarts. Les Lions de l’Atlas seront donc assez clairement l’outsider de ce match.
L’homme du match
Azzedine Ounahi
Le joueur de Gérone passé par Angers, Marseille et le Panathinaïkós et qui peine à se faire un nom dans le football de club, rayonne avec sa sélection nationale.
Il avait déjà réussi une superbe Coupe du monde en 2022 au Qatar et il a été terriblement efficace dans l’entrejeu surtout en deuxième mi-temps où il a su fluidifier le jeu marocain. Ounahi a bien su alterner entre casser des lignes ou calmer certaines possessions pour garder le ballon et donc éviter de le laisser à des Canadiens rapides et furieux comme on dit au Québec (ou fast and furious Canucks en Terre-Neuve et Labrador).
Et accessoirement, il a planté un doublé.
La dinde du match
Achraf Hakimi
On joue la 39ème et il faut bien avouer que tout le monde est surpris par la mainmise du Canada jusque-là. Et donc, en bon capitaine du Maroc, Hakimi va balancer Laryea au sol après un pressing inefficace… afin de montrer l’exemple certainement.
Mention spéciale à Michael Oliver qui punit autant le Canada que le Maroc sur cette séquence, puisqu’il avertit Hakimi ET Laryea, qui était assez justement agacé par le geste du Marocain au brassard. Décision d’autant plus incompréhensible qu’après son mauvais geste qui valait à lui seul un carton jaune, le latéral du PSG a continué ses provocations puériles.
L’esthète du match
Alistair Johnston
Récemment élu sosie officiel de Steve Buscemi par le Chat de Carton Rouge, il est également élu sosie officiel de son jumeau maléfique qui jouait sur les séquences défensives.
Attendez !
Si Alistair Johnston est le jumeau maléfique de Steve Buscemi, qu’il a lui-même un jumeau maléfique sur les phases de jeu défensives et que le terme jumeau maléfique correspond très bien comme définition de Steve Buscemi…
Sortez vos toupies et regardez bien s’il n’y a pas Marion Cotillard et Leonardo Di Caprio dans le coin.
Le moment MAGA du match
Le fait que le Canada joue à Houston un 4 juillet, ça rapproche encore un peu plus le Canada de devenir le 51ème Etat américain. Sûrement une ruse du pouvoir en place afin d’accoutumer les voisins du Nord à jouer à travers tout le pays.
Blague à part, le premier du groupe B jouait les 16ème et 8ème de finales à Vancouver. Le principe était donc de tenter de faire jouer le Canada à domicile le plus longtemps possible.
Avec cette Suisse pas forcément reluisante en poule qui a quand même gagné ce groupe en jouant 15 minutes par match, on se demande s’il faut saluer l’ambition ou moquer la bêtise canadienne.
Le point commun entre les deux équipes
Les deux pays sont des organisateurs « secondaires » de la Coupe du Monde. Le Canada de celle-ci où il accueille bien moins de matches que les Etats-Unis. Le Maroc sera l’organisateur secondaire de la Coupe du Monde 2030, mais il y aura moins de matches qu’en Espagne qui est l’organisateur avec le plus de stades et donc le plus de rencontres.
Le chiffre à la con
Zéro
Comme le nombre de numéro 9 sur le territoire canadien capable d’avoir un quelconque rendement offensif. Jonathan David a certainement été kidnappé et victime d’un vol d’identité lors de son transfert de Lille à la Juventus. Cyle Larin est un sprinter qui a été recruté pour fumer son vis-à-vis en vitesse pure dans la profondeur et mettre un bon pointu sur le duel avec le gardien en espérant que ça passe. Tanitoluwa Oluwaseyi, lui, si ce n’est pas un chat qui a marché sur le clavier de l’employé d’état civil qui a rempli son acte de naissance, c’est clairement une provocation aux journalistes qui doivent couvrir ce Mondial.
Donc, si vous avez une connaissance qui joue en 2e ligue à Fully ou au FC Grandson-Tuileries et qu’il a par la même occasion des origines canadiennes, dites lui au moins de le mentionner sur son profil LinkedIn. Apparemment, certaines équipes recrutent par ce biais.
Zéro aussi comme l’intensité mise par le public canadien pour soutenir son équipe. Il est compréhensible d’être un peu remonté d’avoir dû passer la frontière du grand méchant voisin américain et subir un touché rectal par un agent de l’immigration pour voir jouer son équipe à « domicile », mais il faut encourager les gars ! Tout ce qu’on a entendu sans comprendre, c’est les hommages incessants des fans marocains à l’Islande et des huées, également des Marocains.
L’anecdote
Le saviez-vous ?
Les deux pays ont une feuille d’érable sur leur drapeau national, sauf le Maroc.
Si le match avait été une junk food
Un queue de Castor
Un plat Québécois, un plat plat d’ailleurs, bien lourd lourd, qui se consomme entre autres et en trop dans la rue en sortant du resto après un repas qui nous avait déjà rendus bien raplapla.
Lisez cette phrase 10 fois très vite à haute voix !
Les Canadiens s’étaient déjà trop resservis de football (5ème match c’est beaucoup pour le Canada dans un seul et même Mondial) et la queue de castor aux épices marocaines leur a définitivement retourné le bide.
La minute Léonard Thurre
« La couverture de Halhal devant David », une phrase prononcée par le commentateur de notre chaîne nationale que personne n’a compris puisque Halhal est marocain et David canadien et que vraisemblablement aucun conflit territorial ou idéologique n’existe entre les deux pays.
Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)
Malgré le 3-0, notre indice avait prévu que ce serait un match nul. Ça l’a été.



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