Cura-ciao

7-1 beau roman, c'est une belle histoire...

D’un côté, on a vu l’entrée en lice la Mannschaft, par 4 fois vainqueresse de la Coupe du Monde et qui fait partie des prétendants encore une fois en 2026. C’est désormais la génération des Florian Wirtz et Jamal Musiala qui s’associe à la génération précédente, celle de Joshua Kimmich, pour aller chercher la 5e étoile de l’Allemagne.

De l’autre côté, on retrouve un équipe spécialiste des bons mélanges, souvent associée à de la vodka et du jus de citron pour composer le Blue Lagoon ou avec d’autres acteurs comme le rhum blanc, le sucre candi, le jus de citron vert et le sirop d’orgeat pour cette belle élaboration qu’est le Maï Taï. Même s’ils ne partent pas favoris, on espère que les joueurs de Curaçao sauront aussi bien combiner sur le terrain que derrière le bar.

Le match en deux mots chiffres

20:44

Le moment en minutes et secondes où l’équipe de Curaçao a marqué son premier but en Coupe du Monde. Pour tout le reste, on s’y attendait un peu.

L’homme du match

Florian Wirtz

Il sait tout faire. Un assist magnifique sur le premier but, il sait trouver des passes impossibles comme sa merveille dans la course de Leroy Sané que celui-ci ne s’est pas privé de rater de la plus belle des manières. Il dribble dans tous les sens, enroule des frappes (presque comme contre la Suisse). Il est excellent dans le pressing haut et dans ses récupérations qui donnent des chances de but directes à l’Allemagne, mais il a aussi joué les pompiers de service sur une horrible passe en retrait sous-dosée de Leroy Sané (encore lui !) en évitant une contre-attaque curacienne.

Mention spéciale à Felix Nmecha qui avait ouvert le score à la 6e minute et qui avait eu bien quelques occasions par la suite avant de rentrer dans le rang.

La dinde du match

Leroy Sané !

Quand on cite à deux reprises négativement un joueur dans la rubrique de l’homme du match, on se doit de prendre ses responsabilités ensuite, et Dieu que ce fût facile ! Il est le vainqueur incontesté de ce trophée si convoité. Il a tout tenté et il a tout raté avec un panache formidable.

On ne peut pas forcément dire que c’est un mauvais joueur, quand le coupable a évolué dans des clubs comme Manchester City et le Bayern Münich. Il est même assez propre ballon au pied, mais dès qu’il est face au but, Leroy Sané est un véritable marchand de saucisses ! Entre le vieux pointu, le un-contre-un perdu, la feinte de tir ratée et les « rotoilles » de toutes sortes, il nous aura fait tout la panoplie.

Et même si Nagelsmann l’a laissé sur le terrain le plus longtemps possible pour qu’il prenne confiance face à Curaçao, pour Leroy Sa(h)né, la crème a définitivement tourné.

L’esthète du match

Armando Obispo

Le défenseur central curacien est le candidat idéal pour un nombre incalculable de raison. Tout d’abord, il montre un CV alléchant puisqu’il est le joueur de Curaçao avec la plus grande valeur marchande (4 millions d’euros).  Valeur qu’il a d’ailleurs mis en exergue sur le but (2-1) de Nico Schlotterbeck en faisant sa meilleure imitation du poulet sans tête en perdant complètement le marquage du défenseur allemand, probablement le joueur le plus dangereux de la tête sur le terrain.

Mais ce qui le démarque des autres c’est surtout sa capacité à relever le niveau et la variété de coupes de cheveux portées par des hommes portant le nom de famille Obispo.

Le moment MAGA du match

Le moment où le commentateur de notre chaîne nationale s’exclame à la 77e minute, au moment où le score est de 6 à 1 pour l’Allemagne : « Attention quand même pour Curaçao de ne pas repartir avec une valise de Houston »

Tout de même, celle-là, il fallait être solide pour la faire sans trembler des genoux ! Et puis finalement, il est préférable que les joueurs de Curaçao repartent avec leurs valises. Il est déjà assez difficile de voyager aux Etats-Unis sans encore avoir des problèmes de bagages.

Le point commun entre les deux équipes

Techniquement, une frontière puisque Curaçao n’est pas un état indépendant et qu’il fait partie du Royaume des Pays-Bas … qui est donc limitrophe avec l’Allemagne.

Honnêtement, il a fallu se creuser la soupière pour trouver un point commun !

Le chiffre à la con

Felix Nmecha aurait été flashé à 31km/h pendant ce match.

Cela fait longtemps qu’il existe ce genre de statistiques, mais il faut bien avouer que celle-ci est particulièrement stupide. Qu’on analyse un but sur lequel un attaquant fout 5 mètres dans la vue à son adversaire et qu’on évoque sa vitesse, ça se défend. Qu’on balance des chiffres à la tête des téléspectateurs pour montrer qu’on a utilisé les outils, c’est un autre problème et en musculation, on appelait ça de la « gonflette » en 1997.

L’anecdote

Curaçao est devenu un pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas en 2010 et a aligné une équipe nationale dès 2011.

La stratégie a très vite été de recruter des joueurs nés aux Pays-Bas aux origines curaciennes. Il n’y a donc qu’un joueur dans l’effectif qui est né sur l’île située dans la mer des Caraïbes et il s’agit de Tahith Chong, joueur de Sheffield United connu pour sa chevelure volumineuse, dense et soyeuse et donc également pour son imitation un brin « Wish » de Carlos Valderrama, l’ancien capitaine de l’équipe nationale colombienne.

Si le match avait été une junk food

Une Chicago deep-dish pizza

Une tarte quoi (non non, ce n’est pas une pizza), une tarte bien grasse avec bien de la matière, mais une tarte qu’on prend du plaisir à déguster car ce match était plutôt agréable à regarder et pas uniquement grâce à l’Allemagne. Les Curaciens n’ont pas parqué le bus, ils ont joué avec leurs armes et sans complexe. Ils ont essayé d’aller au fond en contre-attaque, de faire du pressing et c’est tout à leur honneur. Et le but de Livano Comenencia en est une belle récompense d’autant plus qu’il s’agissait de l’égalisation et que les émotions ressenties par les Caribéens présents dans le stade ont peut-être remboursé une partie de leur billet payé trop cher.

La minute Léonard Thurre

Alors, c’est une information à prendre avec des pincettes, mais paraîtrait-il que le milieu droit de Curaçao, un certain Livano Comenencia, jouerait en Super League pour le FC Zürich. Cela n’a pas été confirmé, mais seulement évoqué au commentaire lors de la présentation des équipes, 12 fois dans les 20 premières minutes, 7 fois lors de son but et dans les instants qui ont suivi, puis le compte a été perdu à 714 à 78e minute…

Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)

130 à 8 , ça pourrait être un score le score d’un match de basket entre l’Allemagne et Curaçao, puisque les basketteurs, EUX, sont champions du monde en titre !

A propos Kévin Zermatten 7 Articles
J'ai un livreur qui attend en bas, je vous fais ça de suite !

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1 Commentaire

  1. « payé trop cher », « la « gonflette » en 1997″, « portant le nom de famille obispo »… Cet auteur est chef-chutes, je veux rien savoir. Bravo !

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