El Tri – Lions

Je n’ai jamais aimé l’équipe d’Angleterre, d’aussi loin que je me souvienne. Même quand j’essaie de prendre du recul, je fais un blocage avec eux. Je veux dire : je déteste l’équipe de France, mais je sais reconnaître qu’ils jouent bien, qu’ils ont une bonne équipe et sont favoris, mais avec l’équipe d’Angleterre j’ai un angle mort : je ne les trouve jamais bons, j’ai toujours tendance à penser qu’ils sont surestimés et jamais, jamais je ne les mets dans les favoris de quoi que ce soit. Voilà, c’est muni de ce biais que je vais vous parler de ce choc contre le Mexique, vous êtes prévenus.

Le match en deux mots

Complètement fou.

L’homme du match

Jude Bellingham, le milieu de terrain du Real Madrid, a vécu 120 secondes de folie. Rembobinons :

35:38 : Après une offensive mexicaine, Pickford relance à la main sur Rice, qui avance de 50 mètres et passe à Saka

35:54 : Centre de Saka. tête plongeante de Bellingham, 1-0

37:09 : Les Mexicains procèdent à l’engagement

37:24 : Après quelques passes alibi, la Tri perd la balle sur un bon double pressing des Anglais

37:33 : Une-deux entre Kane et Bellingham, 2-0

Le Mexique qui n’avait jusqu’à présent pas encaissé de goal en quatre matches vient d’en prendre deux, en deux minutes, par le même joueur. Je ne suis pas certain que ce soit déjà arrivé en Coupe du Monde.

À noter que le même Bellingham a en plus sauvé son équipe à la 48ème en revenant de nulle part pour annuler le goal tout fait d’un Mexicain qui allait planter à un mètre du but.

La dinde du match

Quand un défenseur mexicain commet une erreur, c’est con ça. Quand un défenseur anglais commet une agression (genre tacle décollé sur la cheville), c’est Quansah (et c’est rouge direct). À noter qu’il restait encore Konsa sur le terrain, en backup.

L’esthète du match

Tous ceux qui ont hurlé à l’avantage donné aux Mexicains de pouvoir jouer ce match à 2’240 mètres d’altitude. Non seulement les règles étaient connues à l’avance (et il n’y a pas vraiment de scandale à ce qu’un pays organisateur puisse jouer à domicile), mais en plus une partie des joueurs mexicains ne vivent ni ne jouent à cette altitude tout au long de l’année, eux qui évoluent à Moscou, à Gênes ou à Fulham.

Le moment MAGA du match

Après s’être déjà réunis devant l’hôtel des joueurs de l’Equateur afin de les empêcher de dormir, les supporters mexicains ont récidivé avec les Anglais, ce qui atteste à tout le moins d’une bonne grosse mentalité de connards. Au lieu de faire des pipes à Trump, la FIFA ferait mieux de réfléchir à la façon d’endiguer ce phénomène, par exemple avec une bonne grosse amende bien fessue à la Fédération nationale qui n’est pas capable d’assurer un minimum de confort à ses hôtes.

Et puisqu’on parle des compromission de la mafia d’Infantino avec l’autre abruti orange, je vous tease que mon excellent collègue Olivier Bender va en toucher un mot lors de son compte-rendu du match USA-Belgique, dès demain.

Le point commun entre les deux équipes

Les deux ont emballé leurs supporters hier, dans un match d’une intensité folle.

Ce matin, les uns jubilent d’être en quarts, les autres essaieront de se consoler avec le fait qu’Isaac Del Toro vient de remporter la deuxième étape du Tour de France, mais pas sûr que ça leur suffise.

Le chiffre à la con

Dans son stade Azteca, El Tricolor n’avait perdu que deux fois en 89 matches qui comptaient vraiment (donc sans inclure les amicaux), et n’y avait jamais connu la défaite en dix matches de Coupe du Monde.

Comme quoi, les stats…

L’anecdote

Moi qui vendrais ma fille à la découpe pour un bon titre, je me souviens que lors du Mundial 1986, pour le match Mexique-Belgique (2-1), un journal avait titré « Aztèques-Frites ». Génies.

Si le match avait été une junk food

Coluche disait : « La cuisine anglaise, c’est simple : quand c’est froid c’est de la bière, quand c’est chaud c’est de la soupe. » Et pour accompagner, je suppose que les vins mexicains sont entre la térébenthine et le jus de bain de pied de cow-boy, donc un bon litron fera l’affaire.

La minute Léonard Thurre

Cédric Moret, c’est un peu notre Jean-Michel Amoitié.

Hier il nous a fait le coup à deux reprises :

« Vous ne l’avez pas vu à l’écran, mais Bellingham s’est agacé avec Gordon. »

OK, bien… Alors justement, puisqu’on ne l’a pas vu à l’écran, tu peux nous expliquer pourquoi ? Que s’est-il passé ?  À quel sujet ? On ne le le saura jamais.

Plus tard, il nous apprend que Pickford égale Shilton au nombre de matches joués en Coupe du Monde par un Anglais, mais sans nous dire de combien de matches il s’agit.

Rien de grave, mais c’est frustrant, un peu comme si je ne finissais pas cette.

Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)

Pour une fois je n’ai pas participé à la construction de cet indice, mais si je l’avais fait je me serais probablement arrangé pour que l’Angleterre y finisse au-delà de la 34ème. Et je me serais trompé : tout comme la France après le Paraguay, je pense que l’Angleterre a maintenant un match référence solide sur lequel s’appuyer pour la suite.

De là à les mettre dans les favoris…

 

A propos Yves Martin 265 Articles
Cette Nati a deux vertus : celle de faire rêver quasi tout son peuple, et celle d'emmerder les connards de la fachosphère. Longue vie à elle.

Commentaires Facebook

1 Commentaire

  1. Si tu aimes les bons titres, les titres des match reports de Flashscore sont (souvent) une source de bons jeux de mots en anglais.
    Par exemple pour ce match: England avoid Quansah-quences in high alti-Jude win.
    Ou l’allitération de PAR-FRA: Persistent Paraguay pay the penalty as France progress.
    Un dernier pour la route (BRA-NOR): Nor-way through as Brazil suffer Erli exit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.