Par le Bacha d’une aiguille

Un vendredi soir normal chez les Brodeurs

Toutes nos excuses ! On est passé complètement à côté de Suisse-Islande (on n’a pas raté grand chose) et Norvège-Suisse (c’était un poil mieux), la faute à un calendrier hockeyistique dément et des destinations lointaines (Zurich et Stavanger la même semaine, c’était un peu pousser quand même). Pour les mêmes raisons (Saint-Gall un vendredi soir à 20h alors qu’on maîtrise encore imparfaitement le déplacement instantané entre deux matches de playoffs du LHC), on vous narre ce deuxième Suisse-France en 5 mois confortablement installé dans notre canapé, une tisane bien chaude à la main. Qu’à cela ne tienne: c’est l’occasion de tester notre tout nouveau canevas estampillé Euro 2025 pour la première fois !

Mais avant toute chose:

Si comme nous vous débarquez

Deux tirs cadrés en 90 minutes. Next ! En plus on reverra tout ce monde cet été à Berne.

Quand le Barça envoie deux éléments et ManU fournit une des meilleures finisseuses d’Angleterre, c’est plus sympa.

Vous pensez aussi que c’est mieux d’éviter de perdre 2 fois en 5 jours face à la France et en Islande ?

Bon, en se repassant les highlights on se dit que c’était quand même un sacré festival de ratés de part et d’autre. Jusqu’à cette action de la 83e minute (11:04 sur la vidéo)… Sydney maîtrise en tout cas parfaitement la fameuse position de recherche de vitesse.

Le match en deux mots

Ou plutôt quatre: cousu de fil blanc.

La joueuse qui a touché au mythique Saint-Gall

Laia Ballesté, avec sa première convocation pour le pays de sa mère. Il y a effectivement un peu plus de place qu’en Espagne (et au Barça) pour la joueuse jurasso-catalane de l’Espanyol (26 ans) dont on apprend comme vous l’existence cette semaine.

L’utilisation du terme “ancien” est assez libérale à la rédaction du Temps. Bon, en même temps le PSG a bien un musée, alors pourquoi pas hein.

On avoue quand même que dire à haute voix qu’on rêve de retourner vivre à Sonceboz-Sombeval, soit c’est aller un peu trop loin dans l’intégration, soit ça cache quelque chose.

La buse alpine du match

Elvira Herzog, « pas impeccable » selon Stefan « Euphémisme » Renna sur le plateau de la RTS sur le 0-2 de Selma Bacha sur un coup franc aussi puissant que lointain, central et éminemment arrêtable (43e minute). Une action à ne pas montrer à votre pote Jean-Michel Beauf qui raffole des vidéos de rouleaux et autres bourdes de gardiennes en tous genres.

Pas grand chose à lui reprocher en revanche sur la percée de Delphine Cascarino tranquillement conclue par Sandy Baltimore en mode Tom Hanks au deuxième poteau (0-1, 15e) au terme d’une phase de jeu qui a mis en lumière toutes les lacunes d’un collectif suisse en retard à tous les niveaux. Et quand on parle de retard dans ce pays, c’est pas pour déconner.

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L’appel de balle de Baltimore.

Le tournant Tourbillon du match

En avril, on ne se découvre pas d’un fil (surtout dans la capitale mondiale de la broderie). C’est certainement pour cette raison que le nom d’Alisha Lehmann ne se trouvait pas dans la liste des joueuses convoquées pour ce rassemblement. Blague douteuse à part, il serait temps d’intégrer le fait que la Bernoise n’a eu absolument aucun impact sur les performances de la Nati depuis l’apparition des premiers eucaryotes modernes en plein Mésoprotérozoïque et qu’affirmer que « quoi qu[e Pia Sundhage] dise, quoi qu’elle fasse, le sujet numéro 1 autour de la Nati sera toujours (en tout cas pour l’instant) celle qui est aujourd’hui, en termes de qualité et de potentiel, la cinquième ou sixième meilleure attaquante de son équipe… au mieux », comme le fait Blick, n’est finalement qu’une prophétie autoréalisatrice nourrie par un intérêt médiatique qui n’a pas grand chose à voir avec le football.

L’action qui a Berné toute une défense 

Celle de Bacha à la 38e minute, soit 5 minutes avant de définitivement sceller le sort de ce match. La Lyonnaise s’est jouée de toute l’arrière-garde helvétique comme s’il s’agissait de la deux de Prangins chère à Yves Martin avant d’ajuster la barre transversale de sa future victime zurichoise. On ne dira pas qu’elle avait d’ores et déjà brisé les ailes de la portière du RB Leipzig sur cette action de peur de violer le droit de la propriété intellectuelle en matière de slogans, mais le coeur y est.

L’aVARie qui aurait pu nous faire toucher le fond (du lac)

C’est Robin Carrel – qui continue de faire honneur au style Carton-Rouge 9 ans après son dernier article sur notre site – qui nous explique pourquoi « défier la France de l’autre côté du pays, à Saint-Gall, c’est loin, surtout quand on n’est pas aidé ». En effet, « allez savoir pourquoi, la Suisse s’est entraînée cette fois au Neudorf de Zurich. Pas pratique quand le match a lieu à… Saint-Gall. Du coup, pour la conférence de presse d’avant-match, pas d’autre choix que de la suivre en ligne et ce n’est quand pas la même chose… Parce que les Françaises, elles, n’étaient pas non plus dans la ville de la Broderie et on ne comprend pas bien pourquoi. Enfin si, pour l’entraînement. Mais pas pour la conférence de presse. Surtout que les Bleues ne seront pas loin pendant l’Euro, elles qui dormiront alors en Appenzell. Mais là, leur encadrement a choisi Dornbirn pour s’exprimer devant les médias. Oui, en Autriche. » Pour savoir comment se rendre de Saint-Gall à Dornbirn en transports publics et finir par ne pas y trouver grand-chose, c’est par ici.

Le moment qui valait son pesant de Thun

11’011 spectateurs s’étaient entassés dans les gradins du Kybunpark, c’est-à-dire 2648 de plus que lors de la rencontre des collègues masculins face au Luxembourg la semaine dernière dans le même stade. Avec des billets entre 12,80 et 33,40 CHF, l’ASF a effectivement dû encaisser un max de Thun (en plus des deux buts). De quoi faire pâlir David Castello-Lopes d’envie.

Tous ces gens en ont-ils eu pour leur argent ? Très brièvement, à la 27e minute, lorsque Luana Bühler n’était pas si loin de trouver la lucarne de Pauline Peyraud-Magnin de la tête au terme d’une jolie combinaison partie d’un corner de Sydney Schertenleib. Non, on ne comprend pas non plus pourquoi la plus grande joueuse de champ de notre équipe nationale (en taille et peut-être aussi en talent) tire les corners au lieu d’être à leur réception.

Le chiffre un peu dé-Biel (ou à deux Bâle)

La France a surclassé la Suisse dans tous les domaines puisque même la cérémonie célébrant la 125e sélection de Noelle Maritz a été largement éclipsée par la 200e apparition de la légende Eugénie Le Sommer en remplacement de la reine Marie-Antoinette Katoto à la 77e minute. De là à dire que tout un stade appelait Eugénie de ses (trois) voeux…

L’anecdote qu’on aurait pu entendre sur la Bahnhofstrasse…

… si on avait été un peu plus (Zu)riche.

On l’a lue, une fois encore, sous la plume de l’excellent Robin Carrel:

« L’objectif est de devenir champignon d’Europe », explique Sven Mycosé.

Si le match avait été un fromage

Une tranche d’Emmental franco-suisse, un peu fondu quand même.

L’ « Eh-main-talle », comme disent nos voisins français. L’occasion de rappeler une énième fois que, contrairement au gruyère et comme la défense suisse et les gants d’Elvira Herzog hier soir, il a bien des trous.

Donc STOP avec ça, merci !!!

La minute Sandy Maendly 

« Ce sont des joueuses qui évoluent au plus haut niveau, que ce soit en club où dans leurs équipes nationales respectives », nous annonce Sandy Maendly en début de deuxième mi-temps au sujet des joueuses françaises, dont certaines ont apparemment un job d’appoint dans une autre sélection pour arrondir les fins de mois.

On ne résiste pas non plus à mentionner la désormais fameuse « oreille » des seize mètres, de laquelle Noemi Ivelj, joueuse offensive la plus en vue du côté suisse, a adressé un des trois tirs cadrés locaux (dont deux « pointus ») à la 64e minute.

On vous voit venir: en effet, la France n’a pas plus trouvé la cible. Mais elle en a transformé deux tiers en buts, elle.

La rétrospective du prochain match se jouant à Lausanne (mais non, on déconne)  

Bon, au vu du climat islandais, on peut presque dire que le prochain match aura lieu à la Pontaise en quelque sorte. Notre estimé collègue et néanmoins ami (on ne fait pas toujours ce qu’on veut) Florent sera aux manettes mardi en direct de Reykjavik (ou plus probablement de son canapé comme nous) pour un Islande-Suisse qui promet beaucoup. Ben quoi, vous avez déjà oublié les stats du match aller ?

Vraiment un excellent choix de la part de la Ville de Lausanne pour cet été en lieu et place de l’Euro.

Au fait, vous avez écouté notre podcast ?

Noémie Potier, (ex-)coéquipière de Noemi Ivelj et Sydney Schertenleib à GC et en équipe nationale espoirs, était notre invitée lors du dernier épisode. Elle avait été précédée à notre micro par Sandrine Mauron, Linda Vialatte ou encore deux membres fondatrices du fan club de la Nati féminine. A vos écouteurs !

A propos Raphaël Iberg 260 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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