Le Lion Indomptable est mort vendredi soir… pas les deux autres

Photo_HAPPY-Douala

Alors qu’on arrive dans ces phases finales de la CAN où l’on connaît à priori tous les pays encore en lice, seul le Mali faisait office d’intrus au milieu de ce Big-7 du foot africain. Retour en fables animalières sur les deux premiers quarts de finale de ce beau tournoi qui nous a presque fait oublier les revendications de la GenZ 212. Vive le sportwashing, sponsorisé par TotalEnergies !

Les supporters sénégalais tant que le Mali jouait à 11.

Mali 0 – 1 Sénégal : La loi du grand frère

Le stade Ibn Battuta de Tanger a été le théâtre d’une lutte fratricide entre le Mali et le Sénégal vendredi après-midi. Certains observateurs très qualifiés présentaient l’enjeu de cette rencontre comme le “derby du mafé”, à l’issue duquel le vainqueur pourrait revendiquer la recette originale de la sauce arachide. C’est dire l’importance de ce premier quart de finale.

Dès l’entame de match et sans grande surprise, les Lions de la Teranga se sont montrés plus à l’aise techniquement que leurs voisins. Ce n’est de toute manière pas ce que l’on attendait du Mali, qui s’est hissé jusqu’à ce deuxième tour des phases finales sans remporter le moindre match dans le temps réglementaire. Oui, vous avez bien compris. Après trois égalités en poules contre la Zambie, le Maroc et les Comores, les Aigles sont venus à bout de ceux de Carthage après une séance de tirs au but arrachée en infériorité numérique lors d’un huitième de finale globalement chiant à mourir contre la Tunisie. Mais comme le rappelle le célèbre adage mandingue,  « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »

Suite à l’ouverture du score du Sénégal par Iliman Ndiaye, qui a profité d’un cafouillage après un ballon relâché par le gardien Djigui Diarra, le milieu de Tottenham et fantomatique capitaine Yves Bissouma a écopé d’un rouge sévère juste avant la mi-temps. Alors qu’en première période les Vert-Or-Rouge ont su se montrer dangereux en transition, cette expulsion semblait définitivement plumer les Aigles de Bamako. À moins que le foot au Mali ne se joue en fait à dix ?

La théorie est légitime quand on voit que la sélection menée par un entraîneur belge nommé Léopold… euh Tom Saintfiet a enchaîné trois matchs d’affilée en infériorité numérique. C’est-à-dire que le Mali a compilé autant d’expulsions que de buts durant toute la compétition. Mais au retour des vestiaires, ces diables de Maliens se sont procurés davantage d’occasions. Si la “condition Sinayoko” n’a pas été respectée pour ramener le Mali à égalité du pied de l’unique buteur de la sélection et attaquant de l’AJ Auxerre, les Aigles ont continué de souffrir dignement. Fautif sur le but sénégalais, Diarra a enchaîné les parades héroïques pour tenir tête au grand frère sénégalais, alors que ce dernier poussait en fin de match pour doubler la mise. Mais cela n’aura pas suffi et le Mali quitte la compétition avec les honneurs et le statut confirmé de “benjamin” d’Afrique de l’Ouest, à qui j’aimerais dédier quelques authentiques paroles :

« Petit frère n’a qu’un souhait devenir grand

Pour ce faire il s’obstine à jouer à dix, un seul attaquant

Sur le plus beau maillot, lis Sinayoko quand il perfore

Ta défense. Qu’tu t’appelles Zambie, Maroc ou Comores

Si tu veux un ton plus mordant, plus rap old-school, ou des références marocaines plus appuyées, je te le refais. »

Cameroun 0 – 2 Maroc : « Chololo lolo lo lo, Dima Maghreb ! »

Rare cliché d’un Lion de l’Atlas et de sa progéniture camerounaise.

Deuxième quart de la soirée de vendredi et pas des moindres, avec l’équipe hôte qui recevait les Lionceaux Indomptables à Rabat. En effet, l’effectif camerounais a été largement rajeuni pour cette CAN après l’énième guéguerre entre le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi et Samuel Eto’o Fils, très fier président de la Fecafoot qui a nommé un nouveau sélectionneur à trois semaines de la compétition en la personne de David Pagou. Exit les presque-retraités Aboubakar, Onana et Choupo-Moting, place aux jeunes Baleba, Kotto, Che Malone et Kofane autour de la nouvelle vedette Bryan Mbeumo. Pari plutôt réussi jusque-là, mais pas suffisant face aux félins de l’Atlas.

Dans un début de rencontre assez haché et intense dans les duels, les Marocains ont d’emblée mis la pression sur les cages de Devis Epassy. Des efforts récompensés sur corner avec un ballon dévié de la tête par El Kaabi et repris par la couille droite de Brahim Díaz sur une action inzaghiesque. Il n’en fallait pas beaucoup plus à Monsieur CAN 2025 (5 buts en autant de matchs) pour faire jubiler les siens, alors que l’air bien connu de nos 4ème ligue « Chololo lolo lo lo, Dima Maghreb ! » déferlait des travées du stade Prince Moulay Abdellah. Frissons garantis, wallah.

De l’autre côté du terrain, les Camerounais n’ont jamais su inquiéter Bounou, qui a même eu le loisir d’écrire un nouveau morceau avec son groupe. En deuxième mi-temps, les plus féroces des Lions ont continué de combiner dans le camp adverse, jusqu’à ce qu’Ismael Saibari ne reprenne une balle en retrait pour le 2-0 après un autre caviar d’Achraf Hakimi. Malgré un péno’ qui aurait peut-être pu être sifflé sur Mbeumo, la loi du plus fort semble avoir été respectée. Fin de l’histoire donc pour Le Continent – surnom autoproclamé du Cameroun, terre d’humilité – souvent considéré comme le bourreau des nations hôtes à la CAN, mais qui aura été plutôt incontinent face aux Maghrébins. Ces derniers atteignent la demi-finale pour la première fois depuis 2004. Et rien que pour ça : One, two, three, Viva Regragui !

 

Crédits photographique:

Image de tête : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:A_la_coupe_d%27Afrique_des_Nations.jpg

Image des supporters sénégalais : Jeanpierrekepseu / https://commons.wikimedia.org/wiki/File:SupporteurS_S%C3%A9n%C3%A9gal_%284%29.jpg

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