Les Pays-Bas, favoris à la qualification, contre la Suède, favorite à la qualification. Dans ce groupe F où le Japon est favori à la qualification, on est sûr d’une chose, notre indice Epstein ne se trompe pas en plaçant la Tunisie pas favorite à la qualification. Et comme le format à 48 équipes permet aux 8 meilleurs troisièmes de passer (sur 12), l’idée serait plus de gérer, de pas se blesser pour arriver en 16ème avec l’effectif au complet et frais, plutôt que de suer dur à vouloir mettre des mines à tout le monde. Mais bon, la Suède avait lancé la machine, atomisant la Tunisie 5-1 dans le premier match, exploit héroïque qui inspire autant de respect que d’écraser une mouette mourante avec un SUV, ce que les Pays-Bas ne pouvaient, vous le comprendrez bien, pas laisser passer…
Le match en deux mots
Pause fraîcheur.
Pause fraîcheur si copieusement huée par l’ensemble du stade. On sait pourquoi on les aime, ces Nordiques !
On jouait au Houston Stadium, couvert et climatisé. 21 degrés au niveau de la pelouse, Potter en manches longues et cravate. Mais la pause fraîcheur était quand même nécessaire, pour la santé des joueurs, évidemment. Et on en profite pour mettre en avant 2-3 produits, juste histoire de passer le temps pendant qu’ils boivent, un peu comme quand tu prends ton téléphone aux toilettes, en somme.
Après, faut comprendre : comment tu les paies, les joueurs, si t’as pas de rentrées financières en suffisance, hein, comment ?
Tiens, à Tourbillon, par exemple, le directoire du club aurait demandé au speaker officiel d’annoncer que la pause fraîcheur obligatoire est offerte par Jean-Joseph « de l’eau dans vos tuyaux » Pitteloud, installation sanitaire, à Sion. Ou que l’entrée des soigneurs l’est par Mepha ou Perskindol (bon, ça, c’est pas « aurait » puisque c’est véridique). Parce que c’est pas que les Haut-Valaisans qui savent créer des occasions de faire rentrer les pépettes, dans le Bas-Valais-Central aussi (sauf avec les Hollandais qui y viennent en vacances : là, c’est toujours l’impasse).
L’homme du match
Ronald Koeman, le coach néerlandais qui fait d’entrée une Yakin en imposant un changement dans son onze de départ. Brobbey pour Summerville, Summerville qui avait mis le 2-0 contre le Japon.
Coaching gagnant. Brobbey plante les 2 premiers buts. Et Summerville qui rentre en cours de match qui plante le 5ème. Les types qui sortent de leur zone de confort, on aime.
La dinde du match
Sans hésiter, Summerville, qui a salé l’addition à la 89ème, se permettant de faire le signe de bonne nuit popularisé par le basketteur Stephen Curry.
J’aime pas les types qui copient. Regarde Xhaka. Lui, quand il fait des signes, c’est les siens. Et tout le monde comprend direct.
L’esthète du match
Graham Potter. Oui, lui. Celui qu’on a vraiment découvert à Brighton avant de filer palper à Chelsea. Le Potter qui incarne à merveille ce vieux tropisme suédois pour les entraîneurs anglais venus se faire une santé loin des salons feutrés de Premier League. Avant d’atterrir à West Ham, puis donc chez les Blågult, c’était déjà en Suède, au cœur de la charmante bourgade d’Östersunds, davantage réputée pour le biathlon que pour ses soirées de Champions League, qu’il s’est fait la main. Déjà, en moins de temps qu’il faut à un expatrié bleu-blanc-rouge engagé par le département marketing de la Migros pour comprendre qu’en Suisse romande, on dit septante, il s’exprime couramment en suédois et ensuite, excusez du peu, il transforme un club anonyme en « cador » du championnat.
Là-bas, Potter modernise la recette : moins de longs ballons, plus de flexibilité, bla-bla-bla…, et offre même des cours de théâtre à ses joueurs parce que bon… Mais le fond reste le même : une rigueur méthodique qui plaît à la Suède, pour peu qu’elle vienne d’ailleurs.
Aujourd’hui sélectionneur Potter boucle la boucle. Il a qualifié une Suède que personne ne voyait en Amérique du Nord à l’automne dernier et réussi le pari de propulser l’équipe officiellement pour les 16ème dès le 1er match (oui, parce que même les meilleurs 3ème, etc…). Donc ce match contre les Pays-Bas, il le prend comme Murat Yakin prend un match amical avant une grande compétition, c’est à dire en dilettante. Il gagne, il est content, il perd, il s’en branle. L’important, c’est « pas de blessés les gars ».
Le moment MAGA du match
Spéciale dédicace au trou de balle à l’écervelé de la fan zone de Fully qui trouvait que c’était mieux avant, quand Pays-Bas-Suède, c’était des blonds contre des blonds, voire même des grands blonds contre des grands blonds (et pis t’oublie le Surinam, mec ?). Comme quoi, même dans le plus beau des villages à plan de zone très libéral hétéroclite bordélique, tu peux trouver des moments MAGA sans avoir besoin de chercher.
Le point commun entre les deux équipes
La langue !
Les Pays-Bas et la Suède figurent parmi les pays européens où la proportion de personnes parlant anglais est la plus élevée, surtout parmi les non-anglophones natifs.
Les mauvaises langues disent que c’est inversement proportionnel à la part de Suisses romands qui parlent allemand, même après 10 ans de « dur apprentissage » à l’école. Et que les Suédois sont ainsi capables de commander une pizza n’importe où dans le monde, même à Zurich. Les Néerlandais aussi, faut le dire, même s’ils ne le font pas, parce que pas besoin, vu qu’ils n’ont qu’à finir de cuire celles qu’ils ont embarqué depuis Utrecht, Rotterdam, Maastricht ou ‘s-Hertogenbosch avant leur départ.
Le chiffre à la con
1
Depuis la naissance du vrai football, on dira 1986, la Suède et les Pays-Bas se sont rencontrés 5 fois en matchs officiels pour 2 matchs nuls, 2 victoires suédoises et 1 néerlandaise.
Avant celui-ci, donc.
L’anecdote
Quand tu sais que le match suivant de ton groupe (Tunisie-Japon) sera le 1000ème de l’Histoire des Coupes du monde, tu dois pas être loin de ressentir ce que vivent les familles des mecs qui meurent le même jour que Johnny Hallyday, Michael Jackson ou encore le pape.
Si le match avait été une junk food
Ça aurait pu être le kaassoufflé ou encore le stroopwafels néerlandais mais non, c’est l’emblématique tunnbrödsrulle (littéralement « rouleau de pain mince ») qui l’emporte. Le tunnbrödsrulle, c’est un grand classique de la junk food en Suède, qui combine de manière unique un hot-dog, une salade de crevettes, du ketchup, de la moutarde douce, de la salade verte croquante et une pluie d’oignons frits croustillants (avec parfois du condiment aux cornichons), le tout lié par de la purée de pommes de terre pour pas que tout s’effrite dans tes mains quand tu tentes de l’enfourner, ensemble subtilement enroulé dans une galette de pain traditionnel.
Bref tout comme il faut être Australien pour apprécier le Vegemite (cf : ici), il faut vraiment être Suédois-e pour arriver au bout de ce match truc avec le sourire. Et on en a vu, dans les tribunes. Merci la production.
La minute Léonard Thurre
Alors qu’on l’attendait dès le 2-0, c’est en deuxième mi-temps que le fameux « Houston, nous avons un problème » est arrivé. Tout le reste ne fut que garniture.
Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)


Pays-Bas 42ème (alors qu’ils seront au minimum en finale) ? Autant vous dire que notre infaillible indice EPSTEIN voyait là le match à éviter si l’on aime le foot à enjeu et les matchs qui décapent.
Donc tu l’auras compris, on n’est pas d’accord, lui et moi, sur ce coup-là. La suite de la compétition nous montrera… qu’il a tort !

Après est-ce que le blanc écervelé de Fully a tort? C’est une autre question.
Ce n’est même pas une question. Le seul blanc de Fully qui ne se trompe jamais et qui met tout le monde d’accord, c’est la Petite Arvine.
À ta question existentielle de savoir si le le type de Fully à tort, je ne peux que répondre oui, cher Bastien, évidemment. L’article lui-même précise le Suriname — détail qu’il suffisait de lire, mais passons. J’espère, sincèrement et contre toute raison, que tu as assez de plomb dans la cervelle pour relier ces trois points qui ne demandent pourtant pas un doctorat : l’histoire des Pays-Bas, celle du Suriname, et l’historique des confrontations entre les Pays-Bas et la Suède. Et pour cause : aucune de ces rencontres n’a pu, mathématiquement, magiquement, historiquement, avoir lieu avant que le Suriname ne soit intégré au royaume des Pays-Bas. Mais bon, je dis ça, je dis rien, sauf que tout ceci prouve que l’écervelé de Fully mérite l’appelation d’origine contrôlée trou de balle.
Ça c’est évident.
Et puisque le Suriname est resté néerlandais jusqu’en 1975, c’est évident que l’équipe des Pays-Bas a toujours été largement diversifiée.
D’ailleurs quand on regarde les extraits de Suède – Pays-Bas en 1974, on voit effectivement Cruyff entouré de ses potes issus de cette colonie…