La Nati douchée par Havertz et ce n’est pas un Wirtz

Merz alors !

Aussi solide que chanceuse en première mi-temps, la Suisse ne (sur)vécut malheureusement que par à-coups et souvent grâce à des récupérations subtiles du duo Freuler-Xhaka. Et, aussi efficace que Franjo lancé à toute bizule sur la Streif, notre Nati eut même l’outrecuidance de marquer 3 buts sur ses 5 occasions, soit un ratio qui laisserait même Dédé Deschamps pantois. Toutefois, les poulains de Yakin eurent un Tah de problèmes à gérer en défense avec notamment un pressing sur la balle aussi effectif que les controles anti-feu à Crans-Montana et des trous béants au centre de leur arrière-garde pas toujours colmatés par un Akanji quelconque et un Elvedi brouillon. Comme dirait Yves Martin : « l’optimisme, c’est quand tu fais rentrer conjointement Cömert et Aebischer contre l’Allemagne pour stopper Wirtz.» . Et moi de rajouter: « le réalisme, c’est de te réveiller mercredi matin avec deux défaites dans les dents et le Blick sur le paletot. » Reagieren, und schnell !

Le match en deux mots

Merz alors.

Extrêmement efficace sur ses occasions, les Suisses auraient pu s’en sortir avec un nul s’ils avaient eu la chatte à Dédé avec eux. Toutefois, le pétillant Stiller et le magicien Wirtz ne leur laissèrent que des miettes à tremper dans une fondue qui s’est méchamment séparée dans une deuxième mi-temps peu comestible. Faites le calcul vous-même : (Suisse A = Allemagne A ; Suisse B < Allemagne B).

L’homme du match

On peut ne pas s’adapter à la vie au bord de la Mersey. Et cela se comprend. Un accent ‘scouse’ incompréhensible, un temps bruineux de vieux chien, des tactiques de Slot incompréhensibles et des fish & chips graisseuses, voilà tout ce que Florian Wirtz a dû endurer lorsqu’il a posé ses crampons à Liverpool. Par contre, sur la pelouse bâloise, Wirtz déballa tout son talent en tourmentant toute l’arrière-garde helvétique aussi futée qu’un renard aveugle : deux passes décisives, un enroulé de l’angle des 16 dans la lucarne de Kobel, un plat du pied dans cette même satanée lucarne gauche. C’est un Wirtzuose ce Florian, tout simplement.

La buse du match

Neuer peut dormir bien tranquille ce soir car son remplaçant du FC SAP, Oliver Baumann réussit un sans-faute dans la cage germanique. Une belle faute de main sur le premier but (Kobel likes this), une non-sortie sur le but d’Embolo (Sommer likes this), et des errances au pied complétèrent sa belle soirée rhénane.

On remettra une mini-buse aussi à Okafor pour la qualité de ses échauffements et son claquage. Donnez-lui du Fortalis la prochaine fois, bon sang !

Le tournant du match

La transversale touchée vaillamment par Rieder à la 43ème. À 3-1 pour la Suisse, le match était plié surtout en pensant qu’on allait faire rentrer Cömert pour renforcer la défense et Aebischer pour mettre du rythme à mi-terrain.

L’esthète du match

Serge Gnabry, qui non content d’être le fils illégitime de Gérard Jugnot et de Ruud Gullit dans une vie précédente, s’est astiqué d’un bandeau à la Björn Born pour partir faire un set à Rolland Garros. La VAR, voire le TAS, devraient impérativement interdire ce festival de mauvais goût sur un rectangle vert. Pas sûr qu’Adidas ne ressorte grandi de ce placement publicitaire grotesque.

Le geste technique du match

S’il y a bien un geste qui se perd dans le football moderne, c’est le centre enroulé qui donne du tournis, même au ballon. Le centre de Wiedmer qui amena la tête plongeante d’Embolo fut tout simplement Platinesque, que dis-je Maradonesque voire Zlatanesque. Une arme que Yakin ferait bien d’aiguiser d’ici juin 2026 car avec ce Breel injouable dans les 10 derniers mètres, la Suisse pourrait se sortir de pas mal de bourbier avec cette approche plus directe.

Le chiffre à la con

11, comme le nombre de changements possibles dans ce gentil match amical. À notre humble avis, c’est tout bénef, car ça permet de changer Steffen 11 fois durant le match.

L’anecdote

Pour les vrais connaisseurs de foot suisse, donc supporters du FC Sion, le Suisse-Allemagne nous fait bien sûr penser à Alain Balet qui a choppé son unique titularisation en équipe nationale en septembre 1980 face à… la Mannschaft. Le match fut perdu 2-3 au St-Jacques si ça vous intéresse. Pour Balet, ce match sonna logiquement le chant du cygne sous le maillot de la Nati. Dommage.

Si le match avait été une bière

La Nébuleuse. Un peu comme les appréciations des gardiens dans leur sortie durant cette partie ou comme le positionnement de Tah, Elvedi et Akanji sur les différents goals encaissés par leur équipe. Ou, pour être complet, comme les analyses et décorticages des actions du Professeur Débonnaire sur RTS2.

La minute Léonard Thurre

Élégant comme à son habitude, le duo Lemos-Thurre travailla tout d’abord les adjectifs pour emballer les actions concoctées par les 22 joueurs. Tantôt tonique, tantôt délicieux voire soyeux, le football décrit par nos deux compères fut un doux mélange entre du Flaubert et du Proust. À en croire que notre Serafe avait servi à financer un semestre en lettres à l’UNIL pour le Service des Sports de la RTS. Le clou du spectacle, comme dirait Nagelsmann, fut la sortie de David Lemos suite à une semelle posée par Stach sur Murheim : « Et bien on peut pas vraiment dire que le joueur allemand a été formé à la Stach Academy ».  Roulement de tambour et autres auto-quolibets s’en suivirent. On en veut plus contre la Norvège ce mardi, David !

La rétrospective du prochain match

Mardi prochain, la Suisse jouera à nouveau en amical face au pays de Haal. Face au mode déménageur et déglingueur d’Erling, on peut se faire un léger souci pour nos Rodriguez et Elvedi aussi rapides qu’une colonie d’escargots au milieu du Sahara. À défaut de victoires, s’ils pouvaient nous ramener quelques barils de pétrole bon marché de la mer du Nord, ce serait toujours ça de pris aux Pétroleurs du Nord.

A propos Paul Carruzzo 236 Articles
Elle est pas un peu belle notre Nati et tout le bonheur qu’elle nous amène ? Alors, Rickli et compagnie, si vous ne vibrez pas devant cette équipe, vous n’êtes pas non plus monstrement obligés de regarder. Profitez d’un bon match de hornus et foutez la paix à nos joueurs, qui comme vous, ont un joli passeport rouge à croix blanche.

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