Chil’vous plaît, un peu d’Orangina

«Secouez, secouez-moi», disait donc la pub… Mais si la secousse est bien une spécialité chilienne, cette fois-ci, c’est les autres qui vont la subir. La furie rouge, juvénile et culottée, risque de faire des dégâts dans le groupe H. Rafraîchissant !

1) Pourquoi ai-je choisi de présenter ce pays ?Comme l’on m’a facilement par les sentiments, l’évocation d’un pays qui m’a fait découvrir pendant 2 mois, à raison de deux par jour et deux balles par bouteille, tout l’éventail des vins qu’il produit (c’était pourtant bien sûr un séjour linguistique), a suffi à éveiller en moi des instincts primaires, très proches finalement de ceux du fan de foot moyen.
2) A quoi sert ce pays ?
Heureusement que la question n’est pas «A quoi sert le chili con carne ?», car j’aurais été bien emprunté pour répondre ! Alors que là… eh….bon…..mmmhhh…. Vous pouvez répéter la question ?
3) Comment se sont-ils qualifiés et surtout pourquoi ?
Deuxième de la CONMEBOL, un seul petit point derrière le Brésil après 18 matches, le Chili n’a pas passé loin du crime de lèse-majesté. Il s’est toutefois largement consolé en ayant devancé l’Argentine et en affichant la meilleure attaque de ce mini-championnat à 10 (tiens, ça rappelle la Super League…).
4) Pourquoi vont-ils gagner la Coupe du Monde ?
Car le Chili, en 2010, ça secoue, et pas seulement tous les 27 février ! Le Chili a peut-être la plus belle équipe de son histoire et sachant qu’elle performe bien à l’extérieur (où elle a acquis 16 de ses 33 points en qualifs), la lointaine Afrique du Sud ne devrait pas la perturber.

On en vient à craindre une vision d’apocalypse pour notre Nati, une fois que ce Chili-là lui aura passé dessus : Benaglio empêtré dans ses filets suite à la secousse, Grichting englouti dans une faille apparue sous ses pieds, Lichtsteiner foudroyé par une réplique en pleine accélération et projeté contre une pub (Orangina «Secouez, secouez-moi») ; sans oublier Leoni qui, dans les tribunes, a été sorti de son sommeil en recevant un petit morceau de l’avant-toit du stade sur le crâne (il a d’ailleurs l’air aussi ahuri qu’après avoir subi les coups francs de Cri-Cri Ronaldo en Champions League).
5) Pourquoi vont-ils se faire éliminer au premier tour ?
Qualifiée pour la première fois depuis 1998 (elle-même première participation depuis 1982), l’équipe est très jeune et ne compte pas de joueurs disposant d’une grande expérience des joutes internationales. La 3e place de 1962, lors du Mondial organisé chez eux, commence à dater quelque peu… Et ça fait aussi bien longtemps que le Chili n’a plus frappé de grand coup à la Copa America. Alors vu que l’Espagne vise la gagne et que l’équipe de Suisse est actuellement irrésistible…
6) Qui sont les joueurs à surveiller ?
Humberto Suazo, sans aucun doute. Curieusement pourtant, à 29 ans, l’homme (et sa femme je l’imagine) a passé la majeure partie de sa carrière au Chili, et n’a découvert l’Europe qu’au début de cette année, par le biais du Real Saragosse. Cela ne l’a pas empêché de terminer meilleur buteur des qualifications de la zone sud-américaine, avec dix filets (comme diraient les Québécois dans le seul sport qui leur est connu…).
On gardera aussi un oeil attentif sur Jorge Valdivia, qui avait impressionné pendant son bref passage au bout du lac de G’nève en 2004 ; et ceci bien qu’il milite désormais dans les Emirats (au moins lui y est titulaire, n’est-ce pas Hakan ? Bon d’accord, t’étais au Qatar, le niveau y est quand même vachement meilleur…). Enfin, on appréciera que la carrière de l’autre ex-Grenat Jean Beauséjour, certes moins talentueux qu’«El Mago» Valdivia, ait aussi survécu aux frasques de Sir Roger (c’est pas le cas de tous, même talentueux, n’est-ce pas Sébastien Roth ?).
7) Qui sont les joueurs à ne pas surveiller, mais dont on peut éventuellement se moquer ?
Ben Jean Beauséjour justement ! On aura vite compris qu’avec 1 but en 23 sélections et à peine 3 en 45 matches de championnat mexicain la saison dernière, on a sous les yeux un joueur qui ne fait peur à personne au top niveau. Pas de doute : pour que son nom de famille soit bien porté en Afrique du Sud, il devra tout miser sur ses coéquipiers !

8) Une bonne raison de les supporter ?
Eeeh, pas pour les atouts de leurs supportrices en tout cas, car franchement, en 2 mois au Chili, et même après avoir tapé sur le rouge local, j’ai que très rarement risqué le torticolis en me baladant en ville…
Mais étant donné qu’Haïti n’est pas qualifié (et pas près de l’être), les bonnes âmes soutiendront peut-être la «Roja» par charité. Et pour les moins emphatiques d’entre vous, appréciez au moins le fait que le Chili a représenté la meilleure attaque des qualifs sud-américaines ; alors si vous voulez du foot-champagne…
9) Une bonne raison de ne pas les supporter ?
Bon, c’est clair que le peu d’attrait de leurs supportrices vont pas franchement nous faire envie de les voir aller plus loin dans le tournoi, mais puisque c’est une raison peu avouable, il faut bien en trouver une autre : la jalousie envers un peuple qui a reçu plein de thunes suite au soubresaut du 27 février, dont le marketing a été savamment orchestré pour faire cracher la communauté internationale au bassinet…
 
10) Bon d’accord, mais sinon ?
Comme c’est pas sympa de ne trouver qu’une seule tête de Turc (voir point 7), on va rigoler de toute l’équipe. Question : combien de Chiliens (sur les 23 sélectionnés) mesurent plus d’1m80 ? Réponse : 6 (comme vous vous posez certainement la question, la Suisse en a par exemple 16 et l’Angleterre 13) ! Eh ben mes chers lutins, vous aurez intérêt à planter devant pour compenser les buts encaissés sur corner… Vu les gabarits en présence, on placerait même Shaqiri au point de péno sur les coups de coin.

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6 Commentaires

  1. Zamorano : 1,78 m
    Salas : 1,73 m

    ces 2 là faisaient pleurer leur mère à n’importe quel défenseur de plus d’1,90m sur les duels aériens.

  2. Alors j’aurai bien aimé voir Salas gagner les duels aériens contre un joueur d’1m90. Zamorano avait un très bon jeu de tête mais alors Salas, ça devait être dans fifa 1993 je pense mais nul part ailleurs.

  3. je maintiens… Salas était loin d’être manchot de la tête, si tant est que cette phrase puisse avoir le moindre sens…
    certes, pas au niveau de Zamorano (d’ailleurs, peu de joueurs peuvent rivaliser avec l’Hélicoptère), mais il en a claqué pas mal, Cannavaro peut témoigner (bon, ok, Cannavaro est pas non plus ce qu’on peut appeler un grand joueur).

  4. Ce qui est clair, c’est qu’ils sont clairement favoris pour leur match contre la Nati (quoiqu’en pense TSR-sport et le Matin…)

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