Le 1er juin 1985, l’Eintracht Braunschweig remportait un match de Bundesliga 2-1 sur la pelouse du Bayer Uerdingen, avant d’être relégué une semaine plus tard. Les Löwen ont dû patienter 10’333 jours pour marquer à nouveau un point dans l’élite du foot allemand. On était sur place pour assister à cet événement historique.
J’ai toujours pensé que, pour parler valablement d’un championnat, il fallait en connaître tous les théâtres des opérations, histoire de pouvoir se référer à un club non pas sur la base de quelques fugaces et virtuelles images de télévision mais en y associant un stade, un souvenir, une ambiance, une émotion, une rencontre, une anecdote. Ou une bière, si l’on parle de Bundesliga. La saison dernière, je m’en étais voulu de ne pas avoir trouvé l’occasion d’aller découvrir l’arène du Greuther Fürth, le seul des dix-huit stades de la Bundesliga 2012-2013 qui manquait à mon palmarès. Cette saison, pas question de répéter pareille forfaiture et je saute sur la première occasion d’aller découvrir le seul stade inconnu de cette saison 2013-2014, l’Eintracht-Stadion de Braunschweig. Avec sa piste d’athlétisme, ses nombreuses places debout, ses piliers qui gâchent la vue, le vieux stade des Löwen fait partie des derniers rescapés d’une époque révolue mais il y règne une belle ferveur et une convivialité assez sympathique. Accessoirement, la bière locale, la Wolters, est excellente, ils ont même sorti une cuvée spéciale pour commémorer le retour de l’Eintracht en Bundesliga, ça fait toujours plaisir de débarquer dans une vraie ville de football.
Vingt-huit ans d’attente
Ce retour en Bundesliga, Braunschweig l’attendait depuis vingt-huit ans. Champion d’Allemagne en 1967, Traditionsverein historique, l’Eintracht a marqué l’histoire du football allemand mais il n’a plus ni les moyens financiers ni les infrastructures pour jouer dans la cour des grands. C’est un peu à la surprise générale qu’il a obtenu une promotion en Bundesliga assez inattendue et pas franchement planifiée. D’ailleurs, la plupart des observateurs s’attendent à voir les Löwen n’effectuer qu’un aller-retour express en Bundesliga. Et le début de saison, avec quatre défaites lors des quatre premiers matchs, n’est pas vraiment fait pour démentir ces pronostics pessimistes. La venue à Brunswick du 1. FC Nürnberg, également sevré de victoire cette saison, paraissait toutefois offrir quelques chances d’enfin obtenir ce premier succès depuis le retour en Buli. On pouvait même déjà parler de match de la peur et le niveau du jeu s’en est ressenti car ce Braunschweig – Nürnberg n’a vraiment pas atteint des sommets, loin s’en faut.
Schäfer dit non
Les locaux se montrent les plus entreprenants en début de match mais Bellarabi se heurte au gardien Schäfer sur leur occasion la plus nette. Et, schéma récurrent depuis le début de la saison, l’Eintracht ne concrétise pas ses chances de but et se fait piéger à la première inattention, en l’occurrence un centre de Timothy Chandler repris par Adam Hlousek qui ouvre la marque pour les visiteurs. Der Club aurait même pu faire le break en début de deuxième mi-temps mais Ginczek tire à côté alors que le gardien Petkovic s’interpose sur une frappe de Plattenhardt. C’est toutefois de manière complètement méritée que les Löwen vont égaliser sur une action bien amenée entre Karim Bellarabi et Omar Elabdellaoui. Pour un but 100% marocain ? Même pas, le premier nommé est international espoir allemand, le deuxième joue en équipe de Norvège…
Braunschweig tenait son premier point depuis son retour en Bundesliga mais, devant son public, il voulait plus. Et il aurait pu prétendre à la victoire s’il n’avait trouvé sur sa route devant le but franconien un impeccable Raphael Schäfer qui réalise deux arrêts miraculeux en fin de match devant Ermin Bicakcic et Ken Reichel. Si l’Eintracht récolte son premier point en Bundesliga depuis 10’333 jours, il devra encore patienter pour fêter un nouveau succès. Au final, le score nul qui sanctionne les débats ne fait pas vraiment l’affaire des deux formations qui stagnent toujours en bas de classement et, franchement, vu le niveau du match, on comprend pourquoi. J’en connais même qui ont fait 1’000 kilomètres depuis la Suisse pour voir ça et qui ont préféré s’en aller à la mi-temps. Personnellement, j’ai stoïquement tenu jusqu’au bout, en étant bien content que l’on soit suffisamment serrés en places debout dans le kop des Löwen pour compenser un équilibre devenu de plus en plus précaire au fil des minutes.
Jägermeister !
Ceci dit, si l’on n’a pas été emballés par la qualité du jeu présenté, on ne regrette pas ce déplacement à Brunswick. Outre de découvrir un nouveau stade, j’avais un autre objectif en Basse-Saxe. En effet, avec le titre de champion d’Allemagne en 1967, l’autre grande fierté des Löwen, c’est d’avoir été le premier club allemand à afficher un sponsor sur son maillot et pas n’importe quel sponsor : Jägermeister ! Dès lors, à peine arrivé à l’Eintracht-Stadion, je me suis précipité au Fanshop pour aller quérir un maillot vintage de l’Eintracht Braunschweig 1973 orné du célèbre logo au cerf. Je ne sais pas si j’aurai souvent l’occasion de retourner dans ce stade mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’entre nos maillots Jägermeister, nos cartons de Wolters, une paire de chaussure rose du meilleur effet et un retour en train particulièrement chaotique, on ne sera pas passé complètement inaperçus pour notre découverte du stade de Brunswick.
Eintracht Braunschweig – 1. FC Nürnberg 1-1 (0-1)
Eintracht-Stadion, 22’570 spectateurs.
Arbitre : M. Fritz.
Buts : 28e Hlousek (0-1), 70e Elabdellaoui (1-1).
Braunschweig : Petkovic; Kessel, Bicakcic, Dogan, Reichel; Elabdellaoui, Caligiuri, Theuerkauf, Boland (72e Ademi); Bellarabi (81e Perthel), Kumbela (88e Kruppke).
Nürnberg : Schäfer; Chandler, Nilsson, Pogatetz, Plattenhardt; Hasebe, Balitsch; Drmic (61e Frantz), Kiyotake (91e Stark), Hlousek; Ginczek (83e Pekhart).
Cartons jaunes : 50e Kessel, 65e Reichel, 68e Ginczek, 73e Hasebe, 86e Kumbela.
Notes : Braunschweig sans Henn, Correia ni Hochscheidt (blessés), Nürnberg sans Marcos Antonio, Gebhart (blessés) ni Pinola (suspendu).
Écrit par Julien Mouquin

Merci de nous faire découvrir un stade, une ambiance et une équipe qu’on ne verra probablement jamais…
Tu vas faire des jaloux avec ton maillot collector!