Carnet de voyages (1)

Après la folle remontée face à Fribourg Gottéron (et Cedric Borga) achevée en apothéose par un 5-1 mémorable lors du septième acte à Malley, le soussigné a décidé de… quitter le pays pour des vacances bien méritées. Hein ? Pendant la finale de National League ? Partez pas, on s’explique.

LHC-ZSC Lions, Acte I, mardi 15 avril (0-3)

Passage écrit avant le match: Déjà, on n’est pas parti tout de suite. Le temps quand même de savourer un acte de cette deuxième finale en deux ans à domicile – purée, si on pouvait entrer en contact avec le jeune auteur de ces lignes qui se tapait des LHC-GCK les dimanches à 17h ou des défaites mortifiantes face à Biou au bout du délire il y a plus de 15 ans, il nous prendrait pour un dingue 🤡

Alain Miéville en 2010, environ 20 minutes après s’être rasé de près.

Mais pourquoi foutre le camp au juste ? Eh bien 1) parce qu’à 1-3 dans la série de demi-finale, on a senti que Geoff Ward & Cie avaient besoin d’un gros coup de pouce, un peu comme quand Alain Miéville rasait (à la débroussailleuse) sa barbe qui gênait sa vision périphérique en plein coeur d’une série de playoffs de LNB qui commençait à mal tourner et 2) parce qu’il y avait un précédent: en effet, en 2013, votre serviteur était à Londres pendant toute la durée des playoffs qui allaient voir le LHC remonter en LNA après 8 ans d’attente, à l’exception de l’Acte IV de la finale de promotion/relégation face à Langnau qui avait dû nous coûter 400 balles au bas mot, billets d’avion et de train achetés à la der en plein week-end de Pâques compris. Nos collocs de l’époque n’ont toujours pas identifié la source des hurlées qui avaient suivi la sirène finale de l’Acte VI, fébrilement suivi en direct via Global FM (ou était-ce encore Radio Kopo ou LHC Radio à l’époque ?) depuis notre chambre mansardée sous un toit de l’ouest londonien via une connexion wifi un brin chancelante. Depuis ? Défaite en 7 matches face à Zurich en 1/4 en 2014, rebelotte en 7 contre Berne en 2015, défaite en finale, toujours en 7 et encore devant le Z l’année dernière, avec l’annulation d’un… voyage à Londres à grands frais à la clé. Et surtout toujours pas le moindre titre en Champions Hockey League. Il était donc temps de refaire le coup de l’absence (avec un match de présence, le diable est dans les détails).

C’est pas parce qu’on se barre (avec un retour timé pour un éventuel Acte VII quand même) qu’on n’a pas prévu de bingo !

Passage écrit après le match: Euh… ouais, alors vraiment pas sûr que la superstition susmentionnée ait un quelconque impact sur la série. Et pourtant les Lions de Malley (à ne pas confondre avec ceux d’Altstetten, case 24) avaient tout essayé en ce qui concerne l’irrationnel: réintroduction de l’immense Brendan Perlini dans le line-up, deuxième convocation de la guette de la cathédrale, performance live de la rappeuse La Gale, coup d’envoi tardif pour déstabiliser Malgin et Cie, rien n’y a fait. Au mieux, le LHC parviendra peut-être à adresser un tir un tantinet dangereux dans la direction générale de Hrubec au cours des 3 rencontres qu’il reste avant les grandes vacances. On va pas se mentir, on s’attendait à un écart entre les deux escouades (voir case 11), mais on n’avait quand même pas envisagé ce gouffre d’une profondeur comparable à Challenger Deep dans la fosse des Mariannes. RIP case 22. On a bien l’impression que la pertinence du reste de ce duel risque de s’apparenter à celle du voyage de Katy Perry dans l’espace, même si on a peur de ne pas réussir à croire en les chances lausannoises aussi longtemps que la durée de ce périple absurde (11 longues minutes quand même).

Le moment le plus chaud du match: une gamine derrière nous renverse son carton de popcorn. Oui, ça aurait pu être le verre de Derek Grant, mais non. Au fait vous avez remarqué que même son protège-dent(s) est adapté ?

ZSC Lions-LHC, Acte II, jeudi 17 avril (3-2 a.p.)

Quoi ? Mais on avait dit qu’on partait, non ? Relax, on est bien parti, on a même croisé Yann Marguet en gare de Lausanne, sur le chemin de sa chronique parisienne. Mais on avoue qu’on a quand même utilisé notre VPN pour jeter un œil à ce qui était censé être une quinzième victoire à domicile d’affilée en playoffs sans histoires pour les hommes de Marco Bayer Sven Andrighetto (case n°5) depuis Southfields. On ira même jusqu’à confesser qu’on y a presque cru l’espace de quelques minutes (carrément plus que 11 en fait) après que Lukas Frick a donné l’avantage (!) à ses couleurs en fin de première période. Bref, le hockey sur glace se joue à 5 contre 5 (ou plutôt 6, non ? Personne ne dit que le foot se joue à 10 contre 10…) et à la fin c’est Zurich qui gagne à la maison et Lausanne qui perd en prolongation (4/4 lors de ces séries finales).

La vraie victoire était ailleurs, en la personne de Roger Federer, qui s’était souvenu sur le tard de ses racines tennistiques et scolaires à Ecublens et Chavannes et était venu soutenir les Vaudois à Altstetten. Non, la haine ancestrale des Bâlois envers les voisins zurichois n’a aucune chance d’avoir joué quelque rôle que ce soit.

Bingo ! Au fait, quelqu’un sait pourquoi Blick écrit en gris clair sur blanc depuis de longs mois ?

En parlant de victoires, Geoff Ward a même bien failli presque ajouter une valeur sémantique à son discours d’après match devant les médias* puisqu’il a carrément sorti la maxime suivante: « le jeu de hockey est juste et ne pardonne pas. » On rappelle d’ailleurs a tout hasard que Lausanne a vaincu Fribourg en demi-finale et que ce n’était que justice, CQFD.

Dernière observation: le duo Andrighetto-Malgin en est déjà à 6 points dans cette finale, ce qui est tout de même assez renversant. Un peu comme si on nous disait que le power play des Edmonton Oilers avait été dangereux ou qu’Alex Ovechkin avait tiré au but. Suffisant pour cocher la case n°4 samedi à la Vaudoise aréna ?

*On peut aisément le comprendre: il avait minutieusement préparé le fameux « on va disputer un 5e match » dès le moment où son équipe a pris l’avantage et a été pris de cours en fin de rencontre.

Arsenal-Olympique Lyonnais, samedi 19 avril (1-2)

Au pire regardez juste ça, ça vous épargnera 7 paragraphes et une note de bas de page.

En route pour l’Emirates Stadium pour le deuxième match suivi en live et en personne par l’auteur de ces lignes cette semaine. On ne pouvait pas non plus passer notre temps devant la télé, il faisait peu nuageux et 14°C à Londres, c’est à dire l’extrême limite entre l’été britannique ordinaire et le congé de chaleur dicté par la canicule. Si on ignore le vent glacial bien sûr. Bref, partons pour Holloway Road donc. Même si le lieu de l’affrontement n’est pas immédiatement évident pour les plus anciens:

Le décor étant tant bien que mal planté (ça devrait résister au vent si tout va bien), passons au reste des hostilités. Une demi-finale aller de Champions League féminine entre Arsenal, seul club anglais ayant décroché la coupe aux petites oreilles décollées (en 2007) et l’Olympique Lyonnais, octuple vainqueur de la compétition, le tout se déroulant donc à Highbury. Hein ? Enfin bref, dans le nord de Londres quoi. Probablement au XXIe siècle.

On retiendra qu’un coup d’envoi à 12h30 c’est quand même tôt quand on doit parcourir 11 miles (1 heure de Tube) entre le sud-ouest et le nord-est de la ville et qu’on finit inévitablement par hésiter entre le combo croissant-Red Bull de la Migros (fort heureusement indisponible ici) et celui bien plus alléchant Burger Peu Cuit Et Sans Sauce Mais Avec Assez d’Oignons Pour Alimenter Les 309 Habitants De Ferreyres Pendant Un An-bière au vu de l’horaire.

On se rappellera également que flâner dans le megastore local répondant au doux nom d’Armoury au son de Freed From Desire de Gala (oui, c’est la musique des buts d’Arsenal en plus d’être celle de ceux – moins fréquents – de Gottéron) suivi de l’hymne de la Champions League masculine à pleins tubes met le chaland dans d’excellentes dispositions pour faire chauffer sa carte de crédit dans des dimensions assez épiques (les 20% de rabais printanier ne sont qu’un détail).

Autre truc assez pratique de ce côté-ci du 11 septembre 2001, apposer une sorte de bracelet de festival à votre sac une fois que celui-ci a été dûment fouillé (du regard) à l’entrée tranquillise apparemment beaucoup les agents de sécurité, surtout dans le cas où vous laisseriez ledit sac vaquer à ses occupations de manière indépendante dans un coin du stade un peu plus tard.

Le saviez-vous ? La VAR est parfois utilisée en foot féminin. Avec autant de parcimonie que la matière grise dans les derniers délires transphobes de J.K. Rowling et ses followers, mais suffisamment pour être mentionnée ici. Déjà parce que c’est bien la première fois (et on espère aussi la dernière) qu’on entend 40’000 personnes scander « V-A-R » à 3 (trois) reprises après une chute litigieuse dans les 16 mètres. Oui, « V-A-R » est devenu un chant de supporters. C’est le monde dans lequel on vit. À force d’insister, l’arbitre a bien dû se résoudre à siffler un penalty pour un direct du droit dans la nuque de Leah Williamson dans la zone de vérité (74e minute).

C’est donc ça le foot masculin ? (Au fait, vous apercevez la banderole de la section Genève-Servette des fans d’Arsenal à droite ?)

Il était temps pour les Gunners d’égaliser, puisqu’après s’être fait rouler dessus pendant la première mi-temps, le tout ponctué par un raté invraisemblable de Danielle van de Donk seule face au but vide (6e) après un rebond accordé par Manuela Zinsberger sur une distance qui ressemblait curieusement aux Champs-Elysées et l’ouverture du score de Kadidiatou Diani (17e)*, les Lyonnaises avaient laissé tomber toutes velléités offensives un peu comme on abandonne tout espoir en passant la porte des enfers (ou en tombant sur Zurich en finale de National League). Autant vous dire qu’on en était à environ 1812 xG (dont 1813 et une latte pour la seule Alessia Russo) en faveur des locales (selon nos notes manuscrites) au moment où Mariona Caldentey prenait Christiane Endler à contre-pied (78e, 1-1).

Un partout et ambiance Caldentey assurée à suivre.

Même pas le temps de réaliser ce qui venait de se passer que la géniale Melchie Dumornay, élue joueuse du match, concluait une action dont la verticalité aurait eu raison de la santé mentale de Johan Djourou (2-1, 82e). L’Haïtienne méritait bien son goal après une audacieuse tentative de lob qui s’était écrasée sur la transversale (33e) et prouvait que Lyon pouvait accélérer à l’envi (how ZSC Lions of them) alors que leurs adversaires du jour semblaient aussi cramées que les circuits cérébraux de Derek Grant (spoiler alert). Même l’entrée de la capitaine de la Nati Lia Wälti – qui fêtait son anniversaire, le speaker du stade ne l’avait pas oublié – pour une Caitlin Foord en panne (84e) n’y a rien changé. 

*C’était également l’occasion de voir la démonstration du pourquoi du comment en termes d’actions qui se terminent par un lever de drapeau 30 bonnes secondes après l’occurrence du hors-jeu signalé et qui nous rendent habituellement complètement boroscognoff, comme on dit en bon vaudois. Eh bien lorsqu’on a accès à la VAR, figurez-vous qu’on peut réaliser après coup qu’il n’y avait pas hors-jeu et valider le but marqué au terme de la phase de jeu qui a donc pu atteindre sa conclusion. On se sent étrangement léger.

LHC-ZSC Lions, Acte III, samedi 19 avril (4-2)

ON VA DISPUTER UN 5E MATCH (pour ceux qui n’ont plus la réf’ 13 matches plus tard). Quelle folie. En plus on n’était pas loin de remplir les 25 cases du bingo d’un coup.

Lisez plutôt:

1) On a eu droit à un triplé de Théo Rochette (ça vaut au moins une demi-case 7, non ? Ne pas avoir la mémoire des noms ne devrait pas être aussi rédhibitoire qu’une perte de puck sur Andrighetto ou Malgin en zone défensive en zone neutre à peu près n’importe où étant donné que les deux bougres seraient capables d’ajuster la lucarne de leur choix depuis le terminus du bus 32 au Galicien).

2) Nos Tic et Tac susmentionnés (oui, ceux du terminus) on marqué leurs 19e et 23e points respectifs dans ces playoffs (en 14 matches, 3 de moins que le LHC, 4 en comptant les multiples prolongations jouées par les Vaudois, case 20 ✅), ce qui vaut bien au moins un coin de case n°4, d’autant que ce cher Sven a même tenté de maximiser sa présence sur la feuille de statistiques en prenant une pénalité de match en toute fin de rencontre. Difficile de le blâmer toutefois puisqu’il faisait simplement son job de head coach du Z (case n°5).

via GIPHY

Find someone who looks at you like Derek « McDreamy » Grant.

3) Tout cela nous amène à la source de l’explication verbale musclée impliquant le banc des visiteurs: le pétage de plombs XXL de Derek Grant qui a forcé les équipes de la Vaudoise aréna à enclencher le générateur de secours histoire de ne pas devoir finir à la bougie. On était à deux doigts de faire appel à la FIR d’élite de la protection civile vaudoise, c’est dire l’ampleur des dégâts. L’ambiance s’était certes réchauffée entre les deux escouades pour ce troisième date, mais pas non plus au point de tamiser l’éclairage afin de conclure. Ben oui, on rappelle quand même qu’on va disputer un 5e match (qui normalement, après consultation de la section jurisprudence de nos fiches, doit être précédé d’un 4e dans pareil cas de figure). Non, on n’utilisera pas d’expression dentaire pour décrire la relation du Dr. Mamour zurichois avec les arbitres du soir, ce serait un raccourci bien trop aisé vers la fameuse case n°1.

On a failli oublier la case 21. En plus il paraît que la mascotte avait chopé froid et a dû être suppléée par Alain Reist au pied bas du corps levé entre deux selfies avec Guy Parmelin.

On se permet d’y croire un peu même s’il est difficile de passer à côté du fait que les Lions (les nôtres, voir case n°24 déjà cochée à maintes reprises) ont dû livrer ce qui est de loin leur meilleure performance depuis 12 mois pour se mettre au diapason d’un lundi ordinaire au bureau pour les Löwen (oui, les autres) ? Il n’en est évidemment pas question, ce serait bien mal nous connaître.

Dans le prochain épisode…

Deux matches de Chelsea précédés de la fameuse blessure au bas du corps dont le suivi est au jour le jour (sur les 365 prochaines occurrences dudit jour).

À lundi prochain (à la veille de l’Acte VII !?) !

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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