Viola : ah merde !

Et viola le travail !

0,01 % : la probabilité avant cette rencontre de se faire sortir de la Ligue Conférence, selon les experts en statistiques. Pour une fois, on aurait donc pu imaginer se rendre confiant du côté de la Tuilière. Néanmoins, en y réfléchissant bien, ce chiffre semblait quand même colossal comparé à la chance de décrocher le jackpot à l’EuroMillions, qui est de 0,000000715 %.

Les hommes de Peter Zeidler avait donc encore du pain sur la planche pour composter leur ticket pour la suite de la compétition. Sachant que 99,9 % des centres de Soppy terminent leur course hors des limites du terrain, soit à peine moins que les dégagements de Letica, que le LS n’avait plus marqué depuis 365 minutes de jeu et qu’il dispose d’une capacité exceptionnelle de 101 % à se rétamer dans les matches où il y a du public, j’estimais de mon côté les chances de qualification de Lausanne à -3 degrés ressentis, euh pardon, pourcent. Après j’ai jamais été très bon en mathématiques.

Le match en deux mots

0,4 %…

On n’y pensait même pas vraiment avant la rencontre, mais au final le LS est passé à un demi-cheveu d’accrocher le Top 8 et de se qualifier directement pour la suite du tournoi. Le suivi en direct du classement était assez épique, Lausanne ayant été provisoirement 7ème, puis 8ème, avant de chuter à la 9ème après le coup de sifflet final, l’AEK Athènes repassant devant sur une égalisation tardive de Derek Kutesa. Le club grec finira même par s’imposer à la 114ème minute.

Pas grave, ça nous fera deux jolis matches de plaisir en plus !

L’homme du match

Gabriel Sigua, qui a mis fin à une longue disette de 423 minutes sans trouver le chemin de filets. Si le Géorgien était au bon endroit au bon moment, c’est surtout le travail préparatoire de Kana-Biyik qu’il faut mettre en lumière.

Le jeune espoir français a enrhumé Nicolussi, avant de distiller un centre millimétré sur la tête de son coéquipier. Sur cette seule action, il est ainsi devenu le meilleur Enzo à avoir porté le maillot du LS, juste devant le fils de Zidane.

Mais seulement les plus grands, par contre, parce que face aux plus petits, c’est nous qui avons Parkinson.

La buse du match

On comprend mieux pourquoi la Fiorentina, malgré toutes ses stars, est lanterne rouge de Serie A avec 0 victoire à son compteur.

Les Italiens ont semblé endormis, errant sans âme sur le synthétique de la Tuilière. Au fur et à mesure de la partie, ils ont même fini par piquer un petit Sohm, avant de carrément faire Dodô.

Le LS a donc éteint Dzeko et Cie. Même Moise Kean n’a pas eu droit au chapitre. Remplaçant au coup d’envoi, on s’attendait à ce qu’il ouvre Lausanne en deux lors de son entrée. Il n’en a rien été. La seule chose qu’il a séparé en deux, ce sont les citrons à la pause.

La Viola était dans le brouillard, aux sens propre et figuré.

Le tournant du match

Depuis plusieurs semaines, on sentait que les joueurs du LS étaient sur les rotules, à court de jus et sans énergie. Heureusement, Peter Zeidler a eu l’idée de génie de laisser toute son équipe au repos le week-end dernier face à Bâle et de sacrifier Beloko sur l’autel de St-Jacques.

Un pari qui a permis au LS de retrouver de la fraîcheur et de prendre le dessus sur la Viola dans la bataille physique. La Fiorentina a paru Kouame, finissant par abdiquer face à la vivacité et à l’intensité des Vaudois.

  • Lausanne ? 1 !
  • Fiorentina ? 0 !
  • Merci !
  • De Gea !

Le geste technique du match

Le LS vient d’enchaîner un 4ème match consécutif sans encaisser le moindre but. L’occasion de saluer le travail défensif lausannois, en mettant particulièrement l’accent sur la charnière centrale composée de Mouanga et de Sow. Les deux compères ont gratté tous les ballons aériens, faisant passer Dzeko (1m93) et Piccoli (1m90) pour Passe-Partout et Mimie Mathy. De véritables anges gardiens.

Le geste pourri du match

Dès le début du match, on a senti les tifosi florentins bien à cran. Après quelques secondes, les plus malins d’entre eux avaient déjà balancé une torche sur le terrain synthétique, conduisant à une courte interruption du jeu. L’occasion pour le speaker de sortir son plus bel italien, le temps d’une petite remontrance verbale qui a fait tout son effet, puisque s’en suivront encore 2 ou 3 autres lancés sur la pelouse plus tard dans la rencontre.

En fin de match, d’autres artificiers en herbe de la Fiorentina ont sans doute voulu rendre hommage à l’artiste Michel-Ange, en montrant qu’ils savaient eux aussi faire de belles choses avec leurs mains. Ils ont ainsi encore manifesté leur colère en faisant exploser ce qui ressemblait à des bombes artisanales, lorsque les joueurs sont venus à leur rencontre.

À l’heure où leur club lutte pour ne pas chuter en Serie B, voici une idée un peu plus légère et pacifique pour afficher leur mécontentement. Une pancarte : « Florence, faut rester ! ».

Désolé, on sait que vous n’étiez Mbapp(r)é pour une telle blague.

Le chiffre à la con

285,35 millions. Mais de quoi s’agit-il ?

  • La somme versée par le FC Barcelone à Negreira et à la Commission Technique des Arbitres, entre 2001 et 2018, pour des rapports et des analyses techniques sur l’arbitrage. Ça fait cher pour des bouts de papier que Luis Enrique et Ernesto Valverde n’ont jamais vu passer.
  • L’argent que va empocher Lamine Yamal d’ici la fin de se carrière pour avoir eu la brillante idée de facturer ses signatures.
  • Le montant qui a récemment transité entre le compte de Donald Trump et celui de Gianni Infantino. Il s’agirait uniquement de conseils sur comment flatter les puissants sans froisser officiellement les autres.
  • Le budget qui va servir à Christian Constantin pour bâtir le Cervin Colosseum, futur stade du FC Sion qui verra le jour avant la fin des travaux à la gare de Lausanne.
  • La valeur marchande de l’équipe de la Fiorentina.

Oui, oui, cette pauvre équipe de Florence qui végète en queue de classement de Serie A vaut bien 285 millions d’euros, dont 50 millions pour le seul Moise Kean. En comparaison, Besiktas vaut 168 millions et le LS pèse 27 millions. Quand on vous dit que l’argent ne fait pas le bonheur.

L’anecdote

En 1920, la Fiorentina joue en rouge et blanc. Suite à un mauvais lavage, les maillots dégorgés en ressortent violet. Au lieu de virer l’intendant en lui mettant des grands coups de pieds au cul, les dirigeants trouvent ça élégant et original. Ils décident alors d’en faire la couleur officielle du club, donnant naissance à la Viola (violet en italien, donc, pour celles et ceux qui n’ont pas un niveau A2 dans la langue de Dante).

L’occasion de rappeler que Servette disposait d’un maillot tout blanc à la même époque. Jusqu’à ce que l’intendant, malade après avoir mangé trop de grenades au petit-déjeuner, régurgite son dû sur la tenue d’un des joueurs. Et voilà comment le club du bout du lac eu le bon goût d’opter pour le grenat.

L’archive du match

Il s’agit du premier date avec Florence. Lausanne n’en est cependant pas à sa première tentative de flirt à l’italienne : il y a quinze ans, presque jour pour jour, il avait déjà tenté de faire chavirer la Sicile. Trop tendre, timide, encore un peu maladroit et inexpérimenté, il était alors reparti bredouille, incapable de conclure après ce rendez-vous européen.

La rétrospective du prochain match

Pour la première fois depuis 60 ans, le LS s’offrira donc un printemps européen. L’adversaire n’est pas encore connu, puisqu’il faudra attendre janvier et un tirage au sort pour savoir qui de Sigmo Olomouc (République Tchèque) ou Zrinjski Mostar (Bosnie-Herzégovine) sera mangé tout cru par Bair et ses coéquipiers.

D’ici là, place au championnat ! Avec l’objectif de recoller au Top 6 au plus vite. Selon mes savants calculs, la probabilité d’y arriver est plus élevée que 0,01 %. Mais une fois de plus, je ne suis pas Albert Einstein.

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2 Commentaires

  1. Il est vrai que cartonrouge.ch à toujours mis un point d’honneur à trouver de jolis titres pour ses articles, mais alors celui-là, perso je le mets sans hésiter sur le podium historique de notre cher site ! Viola, ah merde ! Superbe ! Génial!

  2. Suite au commentaire de mon cher ami Christophe il m’a fallu me (re)pencher sur le titre où je ne voyais pas le gag… maintenant c’est ok 😂😂😂

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