Rhô, que ce LS est bêta

L'heure de l'au-Tau-Psi

Qui allait être le mâle alpha de ce duel entre Lausanne et Sigma ? Qui serait le produit bas de gamma la Tuilière ? Le niveau de jeu du LS allait-il évoluer d’un iota par rapport au match aller ? Autrement dit, serait-il kappable de hausser son niveau, ou allait-il se laisser thêtaniser par l’enjeu et livrer une prestation lambda ? En cas de défaite, joueurs et supporteurs seraient-ils bons pour une séance chez le psi afin d’encaisser ce nouveau traumatisme ?

Si cette introduction décline l’alphabet grec, ce n’est pas un hasard : pour Lausanne, ce barrage face à Sigma ressemblait Hellas ni plus ni moins à l’un des douze travaux d’Héraclès.

Le match en deux mots

Et Tchèque et mat. Lausanne rhô-pi et repart bêta.

Il ne nous reste plus que nos yeux pour pleurer. La fin de saison va être aussi longue et douloureuse qu’un mandat de Donald Trump.

L’homme du match

Ça aurait pu être Omar Janneh. On pensait qu’il avait remis le LS sur les bons rails avec son égalisation et on s’apprêtait à écrire : Omar scie Olomouc et paraît intouchable.

Ça aurait pu être Karim Sow, le Lausannois le plus dangereux hier. Ça en dit long sur la prestation du LS, quand ton joueur le plus menaçant est ton défenseur central. La grande perche a réalisé une percée folle en première mi-temps, ponctuée d’un brochet (ou crochet, je sais plus) au ralenti et d’une frappe qui prenait le chemin de la lucarne mais qui vient s’écraser sur le bar (ou la barre, laissez-moi, mon esprit est tout embrouillé après ce traumatisme).

Pour une fois qu’une grande perche aurait voulu que son action termine au fond des filets.

Puis il y a eu cette tête victorieuse à la 94ème, qui a fait exploser tout un stade et voler les bières dans tous les sens. On se serait cru sur un bateau de pêche en pleine tempête, tellement on s’est fait arroser. Au final, ça a juste senti la friture, puisque cette fichue VAR est intervenue pour mettre son grain de sel et allumer la clim.

La buse du match

Le fan de foot lausannois lambda qui n’a pas daigné ramener ses miches à la Tuilière.

9’000 spectateurs, sérieusement ? Est-ce que 10 degrés au coup d’envoi c’est trop froid ? Est-ce que le fait que la RTS ait enfin cassé sa tirelire pour acquérir les droits exorbitants de la Ligue Conférence a retenu 3’000 spectateurs à la maison ? Est-ce qu’il est nécessaire que Lausanne dispute au minimum un quart de finale de Ligue Europa contre Chelsea pour que l’événement attire naturellement la foule ?

Au final, il faut croire qu’on a le public qu’on mérite. Et vu le peu d’envie, de niaque et de révolte affichées par l’équipe hier, sans même parler du nombre incalculable d’erreurs techniques (coucou Soppy), c’était déjà trop de monde.

Franchement, dans un match avec autant d’enjeu, c’est dramatique de voir des joueurs qui en font si peu. Même s’ils ont été détestables, les Tchèques en voulaient beaucoup plus. Ils ont donné l’impression d’être deux fois plus nombreux sur le terrain et de gagner tous les duels, face à des enfants orphelins et déboussolés. Je n’ai pas vu des Lausannois se battre comme des morts de faim et je n’ai pas eu la moindre impression qu’ils disputaient l’un des matches les plus importants de leur carrière. Juste un fâcheux sentiment que les hommes de Zeidler subissaient autant que moi. Pas de leader, personne pour taper du poing sur la table et remobiliser les troupes. On a traversé la deuxième mi-temps comme des fantômes, sans que ça ait l’air de franchement déranger nos joueurs.

Le tournant du match

Il y en a eu beaucoup, dans ce match, dans cette double confrontation et même dans la désignation de cette affiche. Histoire de remuer le calice jusqu’à la lie et de boire le couteau dans la plaie (est-ce que je vous ai dit que j’étais un peu confus ?), rappelons tout de même que Lausanne a manqué sa qualification directe à cause d’une victoire de l’AEK Athènes dans le temps additionnel de l’ultime rencontre et que le Sigma Olomouc a passé à la raclette à la différence de buts. C’est le foot ma pauvre Lucette, me direz-vous.

C’était à nos joueurs de faire le travail face à cette équipe tchèque limitée. Et ils ne l’ont pas fait. La faute à une défense qui prend l’eau depuis un bon mois. Hier encore, elle a concédé deux buts aussi stupides qu’évitables. Sur le premier, Soppy se fait prendre dans le dos alors qu’il a facilement dix mètres d’avance sur son vis-à-vis au départ de l’action.

À la 22ème, Lausanne avait déjà Sip pieds sous terre avec cette réussite de l’ailier de Sigma.

Puis c’est Rusek qui a définitivement enterré le LS et ses espoirs avec un but impardonnable sur corner. Tout le monde dort côté lausannois, personne ne sort sur l’adversaire, qui peut tranquillement reprendre seul à bout portant. Et là encore, manque de réussite avec ce ballon qui est dévié juste devant Letica, alors que le dernier rempart était sans doute sur la balle.

Zzzzzzz… Les Lausannois étaient-ils déjà en train de prendre le thé ?

Mais l’arrière-garde n’est pas la seule fautive. C’est bien toute l’équipe qui a sombré (et ce n’est pas nouveau). Très peu d’idées de jeu, pratiquement pas de mouvements et de solutions offertes au porteur du ballon et des joueurs qui nous font des black-out sur des bouts de matches plus ou moins longs.

À noter que les joueurs tchèques ont réussi l’exploit de mieux s’adapter à notre synthétique que nos propres joueurs. On nous promettait un tout autre match, après une première manche disputée sur un champ de patates. Il n’en a rien été. Comme si le terrain de la Tuilière était infesté de taupes ou de rats, les hommes de Peter Zeidler se sont trop souvent obstinés à jouer de longs ballons aériens infructueux, plutôt que de faire circuler au sol. Pour un taux de pertes de balle avoisinant les 99.9%. Une belle preuve d’impuissance et d’échec.

Le geste technique du match

La ligne tirée par les arbitres serbes assignés à la VAR, Momčilo Marković et Jelena Cvetković, depuis leur cabine à Nyon. On les soupçonne d’avoir tiré une autre ligne avant celle-ci…

Non mais sérieusement, qui a fait ça ? Un élève de 6ème qui avait oublié sa règle et son équerre ? Ça commence à faire beaucoup de situations litigieuses sur ces derniers matches, entre le pénalty non sifflé contre Lugano suite à une pseudo-faute 15 minutes avant sur Renato Steffen et celui également ignoré contre Servette dans le temps additionnel pour une main complètement décollée d’un défenseur genevois où pour le coup la VAR avait visiblement déjà plié bagage.

Le geste pourri du match

Croyez-moi ou non, mais l’entraîneur de l’Olomouc, Tomáš Janotka, a eu le culot de déclarer avant la rencontre :

« Cítil jsem obrovskou energii. Je velká škoda, že jsme to nepřetavili do vítězství, nebo abychom si vytvořili do odvety slibnější výsledek a náskok. Druhý poločas byl z naší strany opravdu výborný, chybělo jen více gólů. S ohledem na průběh je výsledek zklamáním. Zásadní je, že v odvetě jsme ve hře. Budeme dobře připraveni. Nečeká nás tam ale nic jednoduchého ! »

Au vu de la dureté des propos, je ne peux malheureusement pas tout vous traduire ici, surtout pas le sombre passage sur Gollum et les nazis. En résumé, il disait que Sigma allait rouler sur Lausanne avec la vitesse d’une Škoda, avant de conclure par un sobre « allez niquer jednoduchého ! ».  Je ne sais pas si je devrais vous le dire, mais en verlan tchèque, « jednoduchého » signifie « vos grands-pères ».

Comme je sais que vous aurez quelques doutes sur la véracité des propos, je vous mets ici le texte original tiré du site officiel de Sigma :

Le chiffre à la con

48.33%.

Comme le pourcentage de points récoltés par le LS pour la Suisse au coefficient UEFA avant ce barrage. Soit 14.5 points sur un total de 30. À noter la belle contribution de Servette, qui grâce à sa triple élimination en Europe rapporte un joli total de 1.5 point. Quand tout va mal, ça fait toujours du bien de se rappeler que nos voisins du bout du lac sont encore plus nuls que nous.

Malgré tout, je tiens quand même à adresser mes plus sincères félicitations aux Genevois. 1.5, c’est beaucoup plus que 0. Comme le nombre de titre de champion de Tchèquie remporté par le Sigma Olomouc dans toute son histoire. Ou comme le nombre de victoire du LS en 2026 à la Tuilière.

L’anecdote

Le club tchèque a changé plus de fois de nom que Sean Combs, Kanye West et Christine and the Queens réunis. Voyez plutôt :

Ces changements reflètent surtout l’histoire politique, industrielle et organisationnelle de la Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque. Pour sa part, le terme Sigma vient du nom d’une entreprise d’équipements industriels, qui a commencé à sponsoriser le club dans les années 1960. Rien à voir avec la 18ème lettre de l’alphabet grec, donc. Dommage, j’aimais bien le concept de prendre des clubs et d’y ajouter des lettres helléniques :

  • le FC Alpha Bex
  • le FC Gamma Aarau (en hommage au chanteur de « femme like U »)
  • le FC Thêta Sion
  • le FC Nu d’Istres
  • le FC Pi Pau
  • le FC Pi Nice
  • le FC Rhô Bâle
  • le FC Phi Rennes
  • le FC Omega Troyes

Pardon, mais je suis vraiment fatigué.

L’archive du match

Lors de sa dernière participation à une compétition européenne, le LS s’était déjà retrouvé confronté à un club tchèque. En phase de groupe d’Europa League, lors de la saison 2010-2011, les Vaudois étaient en effet tombés avec le Sparta Prague, en plus de Palerme et du CSKA Moscou. Alors en LNB, ils avait notamment arraché un point mémorable (3-3) en République tchèque grâce à un but de Silvio à la 96ème minute.

Je voulais vous mettre les images, mais le site de la RTS n’était malheureusement pas d’accord…

Dommage, car ça valait au moins 200 francs. Fichues restrictions budgétaires !

La rétrospective du prochain match

Pour le prochain match en Coupe d’Europe, rendez-vous en juillet 2041 ! Au programme : un premier tour de qualification pour la C5, humblement appelée Europa Galaxis League, avec un duel trépidant face au FC Birkirkara.

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