Youhouou ! Enfin du foot, du vrai ! Exit les petits championnats nationaux si prévisibles et la so boring et so predictable ligue des champions jouée uniquement les mardis et mercredis et encore, pas toutes les semaines ! Nous, les bonhommes, les vrais, on veut du foot tous les jours, toutes les nuits, tout le temps. Vamos ! Let’s go ! C’est parti, tout ça sous l’œil avide du Présigland Infantino et celui, hagard, du Présigland Trump. Pif paf, avec ces deux gonadoclastes, ça va castagner, cet été. On est prêt, sachez-le !
Le match en deux mots
On jouait au Stade Azteca de Mexico, premier stade au monde à accueillir trois éditions du tournoi (1970, 1986 et 2026). Et ce, admirablement, vu d’ici.
¿Qué más?
L’homme du match
Aucun. Personne. Désolé les amis, mais même dans la fan zone de la Place Centrale de Martigny (qui généreusement diffusera 4 matchs du tour préliminaire sur les 72 au programme – celui de ce soir et les 3 de la Suisse – pas un de plus !), personne n’a pu me citer un type qui sortait un peu du lot ce soir. Sauf peut-être le 13 d’Afrique du Sud, mais on en reparlera plus tard.
Alors je m’incline. D’ailleurs, c’est pas parce que la rubrique existe qu’il faut absolument la remplir.
La dinde du match
L’époque étant envahie de mecs médiocres, interchangeables et navrants, on va pas se casser le cul à apprendre le nom de tous les participants à ce match et encore moins à cette coupe du monde (1248 joueurs sélectionnés), d’autant plus qu’on a passé l’âge de l’album Panini et des échanges dans la cours de récré (surtout qu’à mon âge, on me regarde toujours d’un drôle d’œil, quand je m’y pointe avec mon paquet de doubles et ma fiche de manques à la main).
Quoi qu’il en soit, ce match d’ouverture m’aura permis de découvrir rapidement la dinde de ce match en la personne de Sphephelo S’Miso « Yaya » Sithole, défenseur sud-africain portant le 13 « porte-bonheur », défait ce soir, et de Tondela, relégué, dans le championnat portugais. 9 minutes ont suffi pour le voir offrir le 1-0 au Mexique.
Et cadeau (pour nous), 5 minutes en deuxième mi-temps pour le voir s’encoubler à l’orée de ses propres 16 mètres sur l’attaquant mexicain qui partait seul au but. Carton rouge.
On pourrait même lui décerner un Pigeon d’Or hors série.
L’esthète du match
Alors que Raymond Goethals est le Belge le plus rusé parmi les entraîneurs de haut niveau, Hugo Broos est son dauphin d’un cheveu. Alors que Goethals a réussi à se faire engager dans l’encadrement de l’Olympique de Marseille, laissant à Ivic ou Fernandez le soin de façonner l’équipe et la reprendre, alors qu’elle est au sommet de son art, juste pour aller décrocher la Ligue des Champions et inscrire son nom au panthéon de la gloire (à jamais les premiers), Hugo Broos arrive à la tête des Garçons Garçons (Bafana Bafana, en idiome local) avec le mantra de refaçonner l’équipe nationale avec des joueurs locaux, entendez par là, « prendre des types qui jouent dans le coin de chez moi et m’éviter des kilomètres inutiles pour voir jouer x ou y alors que j’ai plus de 70 ans et que j’aime bien la terrasse au soleil de ma maison » (plus de 15 joueurs sélectionnés provenant de 2 clubs distants de 56 kilomètres). Bon, il l’a pas dit comme ça, mais presque. Disons que son discours était plutôt du genre « il est important de privilégier un noyau dur issu d’effectifs performants garantissant des automatismes et une parfaite maîtrise du rythme africain ».
Ils ont aimé. Il a été engagé. C’est beau, les discours impactants, surtout prononcé par un type qui, ce jour-là, devait être non seulement rasé de près, mais en plus si bien habillé qu’on aurait dit que son costard avait été taillé pour lui, sur mesure. Y’a pas à dire Hugo, c’est un Chef !
Le moment MAGA du match
On l’attendait, en chair, en os et en trou dans son oreille. Mais il n’était pas à Mexico, l’homme dont l’oreille, justement, s’est miraculeusement recomposée d’elle-même après le tir raté dont il a été « victime » lors de sa campagne présidentielle. Les spéculations sur son absence allant bon train, on peut vous dire que les plus crédibles vont de « il a pas reçu de visa car on voudrait pas qu’il s’incruste ici, au Mexique, et profite du système » à « il a la trouille » en passant par « il a des amis dans le crime organisé, le terrorisme et l’organisation de génocides ».
Quoi qu’il en soit, Gianni « j’aime le pognon plus que ma mère » Infantino était présent, lui. Et je vais te dire un secret : même si l’oreille de Trump ne présente plus aucune marque, plus aucune blessure, plus aucun reste de projectile l’ayant « probablement » (lol) frôlé, quand je les vois, ces deux gaillards, je vois surtout deux monumentaux trous de balle, à faire pâlir d’envie nos MAGAs locaux.
Le point commun entre les deux équipes
Le Mexique et l’Afrique du Sud ne s’étaient affrontés, de toute leur histoire, que deux fois en match officiel. Deux fois, et la dernière, c’était déjà dans le cadre d’une affiche « alléchante » de phase finale de Coupe du Monde. Quand ? Je te le donne en mille, le 11 juin 2010. Ça te dit rien ? Match d’ouverture de la Coupe du Monde organisée par l’Afrique du Sud. Match que tout le monde a vite oublié, sauf pour ce qui est du but de légende de Tshabalala (on dit ce que l’on veut, mais avoue que Schertenleib, dans le même genre, fait quand même bien mieux), terminé sur un petit 1-1.
Tout ça pour prouver – si besoin était – que les Mexicains sont de bons hôtes et savent recevoir en rendant la pareil à la première occasion venue.
Le chiffre à la con
27.48.
Et comme je suis généreux en ce premier match, j’ajouterai 111.45 et 10’000’000.
27.48, c’est en francs ce que le sous-traitant d’Adidas verse à leurs exploités employés pakistanais qui fabriquent Trionda, le ballon « intelligent » officiel de cette Coupe du Monde, par semaine de travail. Sur Internet, je trouve qu’il faut environ 85 francs mensuel pour survivre, dans ce pays…
111.45, c’est le prix du ballon, en Suisse.
Et 10’000’000, c’est le nombre de ballons qui ont été fabriqués par ces sous-traitants à date (comme on se le pète à dire dans les séances Teams).
La FIFA n’a pas d’avis sur le sujet. Le mien, tu l’imagines bien.
L’anecdote
On a vraiment pas passé loin de pas le jouer ce match, mais pour finir oui quand même !
Parce que pendant que le monde entier se préparait à vivre le plus grand spectacle jamais vu sur Terre, une force méconnue mais redoutable entrait en lice, à Mexico City : j’ai nommé le corps enseignant mexicain, qui s’est fâché tout rouge, prêt à envoyer tout le monde au coin séance tenante. Des statues renversées, des maillots brûlés, l’artère menant au stade bloquée et un ballon géant planté au milieu du Paseo de la Reforma comme un avertissement solennel : « Le ballon ne roulera pas. » Un slogan qui claque, il faut le reconnaître, telle une règle frappée sur le tableau, face à une classe « dissipée ». Là où la Présidente Sheinbaum a demandé une protestation pacifique, Christian Lüscher aurait demandé l’internement psychiatrique pour l’ensemble de ces malfrats qui empêche d’encaisser en rond, ce qui (la demande de Sheinbaum), vu les statues au sol, semble avoir été entendu avec la même attention qu’un cours de trigonométrie un vendredi après-midi.
Mais le match s’est joué. Certainement que la FIFA, rompue à négocier avec des dictateurs, des émirats pétroliers et des fédérations corrompues, a su trouver les mots justes pour que les enseignants « laissent rouler le ballon ». Ou alors, comme partout ailleurs lorsque le peuple vient dire ce qui ne va pas pour que tout puisse tourner rond pour tout le monde, il a été rembarré à grands coups de lattes dans la gueule. #ChristianLüscherLikesIt
Juste dommage que le personnel soignant, les éboueurs, les puéricultrices et toutes les autres personnes si importantes au bon fonctionnement de la société n’aient pas pu se joindre à la révolte.
Si le match avait été une junk food
Un smashed burger. Une assiette où la garniture te fait envie, mais le truc au milieu… beurk ! Sans parler du prix…

La minute Léonard Thurre
21h01 : « Petite respiration publicitaire obligatoire ». Pas de doute, j’avais bien entendu Cédric Moret, seul depuis Genève, nous balancer la première dinguerie de cette Coupe du Monde de tous les superlatifs. Va falloir s’y faire, la pub est reine.
Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)
L’indice Carton-Rouge ne se trompe que rarement. Par exemple, si la Suisse est à 90.8, la Finlande, elle, se trouve à 92.09. Un poil en dessus, donc. De quoi lui laisser l’avantage, par exemple à 3 contre 3 dans une prolongation « à suspens ». Inutile de te dire que nous avions donc déjà éteint la télé et rangé les drapeaux, ce dimanche soir, fin mai, avant même le coup de poignard d’Helenius.
Et donc, comme il ne se trompe que rarement, notre indice, il ne faisait aucun doute que le Mexique allait prendre le dessus, ce soir, dans ce match d’ouverture à la maison. 560 points pour le Mexique, 52 pour l’Afrique du Sud. Tu attendais un score fleuve ? C’est méconnaître le football et le format de la Coupe du Monde. Parce que, dans une Coupe du Monde, c’est pas le premier match qu’il faut gagner, mais le dernier (et c’est pas l’Espagne de 2010 qui va nous contredire).
Enseignement d’EPSTEIN : quand tu sais que tu as le dessus et que tu dois tenir sur la longueur, voire même que tu souhaites revenir en deuxième semaine, profites-en pour te faire la main, économise-toi un peu, donne pas tout ce que tu as d’entrée, le « meilleur » étant encore à venir !

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