Foot US (3) : La surenchère de la surenchère, mais en vrai c’est fun !

Source : Youtube

C’est le sport N°1 dans le pays des pick-ups surélevés, de la malbouffe et de la bière light, alors il y aura bien quelque chose qui fait que ce sport est un incontournable pour crâner en soirée dans une discussion sportive. Le football universitaire possède des stades parmi les plus grands du monde (et remplis à ras-bord), le foot US, ça se joue aussi sous trente centimètres de neige (et c’est vraiment drôle), le foot US, c’est des gros contacts et franchement, les regarder à la télé, c’est très divertissant et bien moins douloureux que sur un terrain. On décortique tout ça.

Tout d’abord, il faut se demander ce qui rend ce sport si populaire outre-Atlantique et la première réponse qui vient… C’est la bouffe… Étonnant non ? Oui, les Américains ont le don de trouver tous les moyens de se faire un bon gueuleton, généralement sous forme de barbecue. Là-bas, ça s’appelle le « tailgate », en référence aux installations parfois très sophistiquées sur le pont des pickups. Ce genre de manifestation prend forme durant l’avant-match sur le parking du stade où les fans se réunissent pour un concours de celui qui a la plus grosse … côte de bœuf.

L’autre chose qui rend le sport populaire, c’est la proximité qu’il a avec la population et sur ce point-là, c’est plutôt le football universitaire qui est mis à l’honneur. Du fait que des gens de tous les horizons fréquentent les nombreuses universités américaines, ils y restent souvent fidèles et cela donne lieu à des stades remplis et bouillants, contrairement à une partie de la NFL. Que les fans de la culture ultra dans le « fôte » restent calmes, on est pas sur un derby Partizan Belgrade – Étoile Rouge Belgrade non plus, mais les ambiances universitaires, bien que plus familiales, peuvent tout de même être assez chaudes. Pour l’originalité des chants, on repassera… On reste sur un sport américain.

Les stades

Les meilleures ambiances ne sont pas toujours les plus grands stades, mais il y a quand même une certaine corrélation.

On peut penser à Louisiana State University (LSU) et sa fameuse « Death Valley » bouillante (102’321 places) surtout lors des match en soirée notamment dans les rivalités face à Alabama, Auburn ou encore Florida. Cette même équipe des Gators de Florida possède une forteresse surnommée le « Swamp » (88’548 places) qui est également une enceinte spécialisée dans les acouphènes nocturnes. Il ne fait pas bon du tout se rendre dans ces stades en tant que visiteurs.

Dans d’autres, contrées, le « White Out » de Penn State est un moment assez marquant de la saison universitaire. Tout le stade de l’université basée en Pennsylvanie s’habille en blanc, ce qui donne une vraie unité aux fans et rend le Beaver Stadium (oui, le stade du castor) plus bruyant qu’à l’accoutumée. On peut également nommer l’université de Caroline du Sud et l’entrée de ses joueurs sous la musique « Sandstorm » ou pour les plus anciens, l’entrée des joueurs de Virginia Tech sous le son des guitares de Metallica et « Enter Sandman ». Visiblement, pour avoir une bonne ambiance, tout est dans la thématique du sable.

Ce qui rend généralement les stades bruyants en football universitaire, c’est la section réservée aux étudiants. Pour vous imaginer la scène, pensez à une ambiance à la « American Pie » et mettez 20’000 étudiants entre 18 et 21 ans dans une tribune et ça peut dépasser les 130 décibels, notamment à LSU.

Et pour les plus peureux, n’ayez crainte, pas de fumigènes ou pétards comme on peut le voir en Europe. La culture n’est pas du tout proche de celle de l’ultra, enfin à part si c’est celle de l’ultra soft.

Le « tailgate »

Alors ça pour le coup, vous ne trouverez pas plus américain que le tailgate, à part peut-être les tentatives d’assassinat de politiciens. Pour la recette du tailgate, il vous faudra :

  1. Prendre votre pick-up surélevé
  2. Y fixer un grill de 3 m de large sur le pont
    1. À choix, vous pouvez y ajouter un fumoir, une friteuse ou autre.
  3. Ne pas oublier la table et les chaises (pas forcément de camping selon la taille du pick-up).
  4. Pensez également aux couverts en plastique, parce qu’on est aux États-Unis, faut pas déconner. Ou alors foutez loin directement les couverts en métal, on est dans la pure société de consommation !
  5. La glacière de la taille d’une remorque de camion est également nécessaire pour stocker l’eau gazeuse aromatisée au houblon.
  6. Démarrez le véhicule et dirigez vous vers le parking de 15 hectares du stade en prenant bien soin d’être là 8 heures avant le début du match, au cas où vous devriez fumer votre viande.
  7. Mangez autant que vous pouvez et aussi mal que possible tout en participant aux différentes activités proposées durant le « tailgate ». Exemple, à Buffalo, il existe le concours de bris de table de camping avec le coccyx, encore une pratique particulièrement américaine. Attention d’ailleurs à ne pas mettre la table de la salle à manger en chêne massif sur le pick-up ce jour-là.

C’est certain que le « tailgate » est l’un des facteurs des bonnes ambiances du monde du football américain. Le ventre bien plein et après 62 bières à 2%, on est toujours plus joyeux pour encourager son équipe.

Avant de continuer, on va revenir juste deux minutes sur la passion des fans de Buffalo pour le bris de tables :

À l’inverse, il y a vraiment des stades avec des ambiances de mort dans certaines franchises récentes qui ont une peine infinie à se créer une base de fans fidèle. La meilleure image est celle des Jacksonville Jaguars qui jouent un match par année à Londres (en l’occurrence c’est sympa pour les fans européens) au lieu de le faire dans leur stade, ou qui ont installé des piscines dans l’enceinte pour regarder le match, ou encore qui ont des garderies pour chiens afin que les gens puissent amener leurs toutous au stade. En gros, vu que l’équipe est nulle depuis toujours, tous les moyens sont bons pour essayer de faire venir du monde.

Tout pour le show

Contrairement à la NBA qui fait aussi tout pour le show, mais qui est « inregardable » depuis 15 ans tellement ça bombarde à 3 points et plus personne ne défend, la NFL réussit plutôt bien car elle ne dénature pas (trop) son sport.

L’approche est différente pour attirer les fans dans les stades et l’audience de téléspectateurs. On vous met des matchs à toutes les dates importantes de la fin d’année. Les dirigeants NFL avaient déjà le sens de business dès 1934 puisque c’est la date du premier match de Thanksgiving, jour férié aux États-Unis, où les fans avaient tout le loisir de se rendre sur place. Cette année, des parties ont été programmées le jour de Noël en pleine journée aux États-Unis (donc regardables en Europe).

La NFL est aussi devenu très friande de Halftime Shows (ou concert de la mi-temps pour les plus Québécois d’entre vous) et pas seulement au Super Bowl. Cette année on a pu retrouver Lainey Wilson, star de la country, à la mi-temps du match de Thanksgiving des Dallas Cowboys, Texas oblige. Ou Beyoncé à la mi-temps du match de Noël des Houston Texans, sûrement parce qu’elle a sorti une pseudo-chanson de country. Ca ne rend pas le sport plus intéressant, mais ça remplit la case « tout pour le show ».

Sur le terrain, puisque c’est quand même aussi un peu ça qui compte, la NFL n’a pas trop changé au fil du temps. Certes, la protection des joueurs est devenue beaucoup plus importante et de manière générale, ça fonctionne plutôt bien, mais on peut toujours y voir des scènes bien glauques avec un mec clairement commotionné qui titube et retourne sur le terrain quelques minutes après. C’est un la limite d’un système où certains dirigeants sont prêts à tout pour gagner.

Une autre solution que la NFL a trouvé pour augmenter ses audiences c’est tout simplement… de rallonger la saison ! Franchement, c’est hyper malin. 17 matches au lieu de 16 en saison régulière et 14 équipes en playoffs au lieu de 12. Et hop ! Ça fait des Chocapics (ou plutôt quelques bonnes grosses poignées de dollars) !

A propos Kévin Zermatten 7 Articles
J'ai un livreur qui attend en bas, je vous fais ça de suite !

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2 Commentaires

  1. Ah le tailgating, ça me rappelle d’excellents souvenirs du Winter Classic 2020 à Dallas ! Pour Beyoncé, je crois que c’est aussi et surtout parce qu’elle est née à Houston 😉

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