Cette rencontre du groupe G entre la Belgique et l’Iran constituait une affiche inédite. Quand le pays de l’ancien Shah affronte celui du chat de Geluck, le résultat accouche malheureusement d’une souris. Avec un Lukaku au niveau physique actuel proche de l’ex-numéro 9 brésilien Ronaldo et un De Bruyne en roux libre, difficile pour la Belgique de prétendre à mieux que ce 0-0. Avec un but refusé pour hors-jeu et une supériorité numérique durant la dernière demi-heure, l’Iran aurait presque mérité la victoire.
Le match en deux mots
Shah perché
L’homme du match
Le gardien iranien Alireza Beiranvan. Avec sa magnifique chevelure qui lui donne un petit air de Beigbeder perse, il a illuminé la rencontre de plusieurs arrêts de grande classe. Après avoir failli sortir sur blessure en début de match en raison d’un coup de Lukaku au niveau du cou, il s’est montré ensuite impérial devant sa ligne.
La dinde du match
Mehdi Taremi qui, suite à une jolie combinaison sur coup franc, est parvenu à tromper Courtois dès la 25ème minute. Les supporters belges sont en pleurs, c’est magnifique pour son pays, pour lui : c’est SON moment. Lors de sa célébration, on le voit essayer de mettre en place une chorégraphie de folie, sans doute mise au point depuis plusieurs mois. Hélas, il doit sans cesse repousser ses coéquipiers qui viennent lui sauter dans les bras et, alors qu’il est à deux doigts de se friter avec eux, l’arbitre finit par annoncer via son micro — soit dit en passant hors service — que le but est annulé pour hors-jeu. Shahleté de VAR.
L’esthète du match
Mohammad Mohebi. On joue les dernières minutes de la première mi-temps lorsque le belge Saelemaekers (à vos souhaits) bouscule légèrement dans le dos le numéro 8 iranien qui décolle de deux mètres en poussant un terrible cri d’orfraie. Peut-être venait-il d’apercevoir une femme en mini-jupe dans le public ?
Le moment MAGA du match
L’arbitre argentin Monsieur Herrera, célèbre pour avoir distribué sept cartons rouges lors d’un Boca Juniors–River Plate en 2023, a dû être pris de pitié pour les Iraniens. Autoproclamée équipe la plus maltraitée de l’histoire des Coupes du Monde à cause des restrictions extrêmes imposés par les USA, l’arbitre décide de redonner un peu de baume au cœur aux Perses en expulsant à la 67ème minute le pauvre belge Nathan Ngoy, coupable il est vrai d’une dramatique perte de balle et d’avoir légèrement retenu un Iranien qui partait seul au but.
Le point commun entre les deux équipes
Deux matchs, deux points. Quand shah veut pas, shah veut pas.
Le chiffre à la con
Moins 2.
Je n’ai pas trouvé la statistique officielle, mais c’est approximativement le nombre de sprints effectués par Lukaku durant ses 72 minutes de présence sur le terrain. Sa heat map doit se situer intégralement entre l’entrée des 16 mètres et la gorge du gardien iranien. Il a été tellement transparent que dans notre chat sur Carton-Rouge certains collègues s’inquiétaient de le voir prendre un deuxième carton jaune alors qu’il était sorti depuis 10 minutes.
L’anecdote
C’est la bonne histoire belge du weekend : L’ailier Jérémy Doku a fait savoir à l’encadrement de son équipe qu’il souhaitait éventuellement rejoindre sa compagne, sur le point d’accoucher, afin d’assister à la naissance de leur enfant. Le timing n’est évidemment pas idéal pour le pauvre Doku, mais jusqu’ici rien de choquant. Sauf que du côté de certains médias français on trouve cela proprement scandaleux. Comment ça ? Quitter la sélection pour assister à un accouchement dégoutant ? Un moment pénible où de toute façon le père ne sert à rien, vraiment quelle idée stupide.
Vous pensiez que cette remarque d’un autre siècle provenait du YouTube de Pierre Ménès ou du TikTok du fantôme de Thierry Roland ? Raté, c’est France Pierron, une journaliste de la chaîne l’Équipe, qui a sorti cette énormité. En apprenant cela, le pauvre Doku en a eu le souffle coupé. Il a fini par choper une infection respiratoire l’empêchant de jouer le match de ce soir. On souhaite quoi qu’il arrive tout le bonheur à la future mère Doku.
Si le match avait été une junk food
L’Iran étant privée des délices de la gastronomie américaine depuis 1979, certains petits malins ont créé leurs propres déclinaisons de célèbres franchises. KFC devient ZFC, Pizza Hut se transforme en Pizza Hat et mon préféré est le Mash Donald’s de Téhéran. Il n’y a pas de « Big Mash » au menu, mais il paraît que le « Mash baguette burger » est fameux. Sur Google, un client se plaint toutefois du manque d’hygiène des employés ainsi que d’un ver trouvé dans son burger, malgré tout délicieux. Trois étoiles.

La minute Léonard Thurre
Alors que Rafael Van der Vaart s’est fait récemment remarquer en proclamant que les Japonais se ressemblaient tous, Fred Scola a failli mettre les pieds dans le plat lorsqu’il a rappelé à la 40ème la récente expulsion après avoir mis sa main devant la bouche de « l’Équatorien » Miguel Almiron. Paraguayens, Équatoriens, tous pareil ces basanés.
Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)
Lorsqu’on réunit dans une même phrase deux des pires cauchemars de Trump — Epstein et l’Iran — cela suffit visiblement à propulser la République islamique à la cinquième place de notre classement. On peut se demander si l’indice ne mesure pas davantage les obsessions de Trump que la réalité footballistique. Dommage que le Groenland, Cuba ou le Venezuela ne se soient pas qualifiés, ils auraient à coup sûr fini très bien classé sur notre indice maison.



Dans la rubrique « l’esthète du match », on en conclut que Mohebi tombe plus facilement que le régime.