
En première mondiale, Carton Rouge a mis trois paires d’yeux en une, sur un match dont la médiocrité se prêtait bien à ce genre d’expérience. Voici alors SFC-Locarno dans la version qu’auraient pu en donner, chacun dans leur style propre, trois grands quotidiens romands : «L’homme atteint», «Le Taon» et «20 secondes». Au lecteur de faire son choix…
Made in «Le Matin»
Une victoire sans gloire…
Invaincus à domicile, les Servettiens ont vite rappelé leur statut de favori en prenant en mains le début de match. Se ruant à l’assaut du but de Di Benedetto, le onze grenat se créait des occasions à la pelle. Cinq corners concédés dans les huit premières minutes témoignaient des difficultés de Locarno, tout comme le tir sur la latte de Pont à la 10e minute. L’équipe du Sud des Alpes était en train de… perdre le Nord, et le match. Car à la 16e minute et sur balle arrêtée, Boughanem avait tout le temps de placer sa tête pour ouvrir le score au milieu d’une défense sur les talons.
Mais après ce départ en trombe, les hommes d’Aeby se sont montrés fort peu entreprenants, volontairement ou non. C’est peut-être la douceur des premiers jours d’été qui incitait au farniente, mais en tout cas, le boss genevois n’a pas, mais alors pas du tout, dû aimer la suite de match de ses protégés… Absents entre la 25e et la 30e minute, ils ont été tout près de concéder l’égalisation, sur plusieurs offensives désordonnées des Tessinois. Multipliant les passes latérales et sans dynamisme, les Servettiens, surtout après le thé, ne se sont alors quasiment plus procurés d’occasions de but. Tout ça face à un adversaire qui n’a pas encore sauvé sa peau en Challenge League…
La fin de match paraissait délicate, mais c’est là qu’intervint M. Carrel ! A la 73e, une main plutôt maladroite et involontaire de Ciana lui valut les foudres de l’homme en noir. Penalty transformé par Tréand qui venait d’entrer, et deux à zéro pour les Genevois. Ceux-ci ont rempli leur mission, mais pour la séduction, il faudra repasser…
Le chiffre : 2. C’est le nombre de buts marqués par les Grenats, qui n’avaient trouvé les filets adverses qu’une seule fois lors des quatre derniers matches.
Le chiffre bis : 1743 spectateurs, soit la plus faible affluence enregistrée au Stade de Genève depuis longtemps. Question : est-ce dû au jeu présenté ou aux beaux jours qui arrivent ?
L’homme : Adel Chedly. Toujours spectaculaire, l’attaquant servettien a presque été le seul à assurer le spectacle. Passements de jambes, crochets et talonnades… il a certainement évité l’assoupissement à certains.
Made in «Le Temps»
Devant une assistance fort réduite, le Servette FC a disposé dans la médiocrité d’un opposant d’une faiblesse insigne. Empêtrés à mi-terrain, fort éloignés du jeu chatoyant qu’on leur connaît habituellement sur leurs terres, les Genevois se sont complaisamment adaptés au faux-rythme d’un Locarno presque inexistant et par conséquent quasiment inoffensif. Rossini, à la tête d’une clique de sans-grades dont l’opiniâtreté confine à l’agressivité, peut légitimement nourrir quelques inquiétudes quant au maintien. Les dirigeants genevois pourront eux retirer d’une telle rencontre le manque de tranchant d’une équipe qui, si elle veut oser jouer les premiers rôles l’an prochain, devra se voir renforcée à plusieurs niveaux. Il serait ainsi de bon ton d’employer une partie de la manne issue du transfert d’Esteban au recrutement d’un vrai finisseur, car force est de constater qu’en dépit de qualités athlétiques, Bengondo n’a pas encore réellement creusé son trou en Challenge League. Maladroit lorsqu’il n’était pas hors-jeu, le Camerounais n’a pas franchement marqué des points hier, face à une arrière-garde pourtant souvent mise en déroute par Chedly et Vitkieviez.
Certes, l’entame genevoise s’était révélée prometteuse, les Grenats perforant de plus belle les couloirs tessinois. Mais le feu d’artifice n’a pas dépassé le quart d’heure, soit le temps nécessaire pour ouvrir la marque. Allant decrescendo, Servette a même connu l’un de ses trop réguliers moments d’errance, de ceux qui menacent le labeur de toute une partie en raison d’un enchaînement momentané d’inattentions. Ainsi, aux alentours de la demi-heure de jeu, Locarno ne s’est pas créé moins de trois occasions de but, alors même qu’il n’avait guère franchi la ligne médiane jusque-là. Un coup de semonce sans suite, mais sans réaction non plus du côté grenat. La léthargie d’une deuxième période insipide n’était en fait interrompue que par un petit coup de pouce de M. Carrel, qui sanctionna d’un penalty une main bien anodine dans la surface. Au bout du compte, les trois points sont dans l’escarcelle genevoise, mais au vu du faible intérêt résiduel du championnat pour une équipe dépourvue de tout objectif, le spectacle aurait été aussi important que le résultat comptable.
Made in «20 minutes»
Dans un match comptant pour la 25e journée de Challenge League, Servette a battu Locarno 2-0. Les buts ont été marqués par Boughanem à la 16e minute, puis Tréand sur penalty en deuxième mi-temps. Les Genevois, toujours invaincus chez eux, figurent désormais à la 7e place du classement.
Servette – Locarno 2-0 (1-0)
Stade de Geneve : 1743 spectateurs.
Buts : 15e Boughanem, 74e Treand (penalty).
Arbitres : MM. Carrel, Cuhat et Romano
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