On l’avoue volontiers, à Carton-Rouge, la Ligue (Europa) Conférence est un peu passée sous les radars depuis sa création, en 2021, issue des cerveaux malades de la pétaudière de Nyon. Eh ben franchement, on avait tort.
Alors certes, on en a vaguement parlé via les article sur le LS. Mais en dehors de ça, la formule n’a sur le papier pas de quoi faire se lever les foules (enfin, si on peut parler de foules dans ce contexte) : Une multitudes de clubs plus ou moins inconnus qui font face à un ou deux cadors qui veulent y sauver leur saison précédente chaotique. Et à la fin, c’est le cador (toute proportion gardée hein, on parle de l’AS Rome, de West Ham, de l’Olympiakos et du petit poucet, Chelsea) qui gagne, souvent pour sauver sa saison actuelle car la victoire dans cette coupe champêtre ouvre les portes de la toute grande Champions Europa League. Le tout devant des affluences souvent plus proches du baptême de ton petit-cousin que d’un concert de Taylor Swift.
Et pourtant. Par une sombre soirée de novembre, le soussigné s’est perdu sur une appli de résultats de foot. Je pensais creuser dans le purin, j’y ai trouvé de l’or !
Vous vous demanderez sans doute pourquoi. Eh bien tout simplement car cette compétition en carton est le plus gros gloubi-boulga footballistique (pas facile à dire à voix haute cette phrase) de ces dernières années ! Voyez plutôt :
Le format
Finalement assez proche du désormais nouveau détestable format de la Ligue des Champions, celui de la Conference League a quand même deux nuances. Déjà, il compte – comme pour sa grande sœur – au maximum 4 tours de qualifications pour permettre aux équipes d’arriver en phase de groupe. Mais faut voir la gueule des équipes, hein. Petit spoil, mais cette année on compte notamment parmi les qualifiés un représentant de Gibraltar, un de Malte, deux d’Irlande (oui oui, il y a un championnat en Irlande) ou encore un d’Islande. Dites-vous donc que les 36 participants ont éliminé d’autres équipes. C’est dire le niveau des autres (coucou Servette) !
Une fois les pires des pires écartés, on se retrouve alors avec le meilleur du pire, les 36 qui composent l’élite de cette 3e division européenne. Et on fait quoi ? Et bien comme pour la C1 nouvelle mouture, un championnat avec toutes les équipes. Sauf que contrairement à cette dernière, ici il n’y a que 6 matchs par équipe. Contre 8 en C1. Parce que.
Alors, notez bien que ce n’est pas plus illogique que d’en faire 8. Ça réduit encore un peu plus l’équité sportive, en apportant une valeur encore plus élevée au tirage au sort. Là où la C1 va faire bien attention de dérouler le tapis rouge à ses cadors. Bon en même temps, au risque de se répéter, faut voir la tronche des cadors dans cette compétition. On va y venir.
Les joueurs principaux
Mais avant, on voulait juste parler de quelques joueurs notables de cette vénérable compétition qui célèbre sa cinquième édition cette année. Déjà, savez-vous qui est le deuxième meilleur passeur de l’histoire (avec un petit h) de cette coupe ? Perdu, il s’agit de l’ancien Bâlois Darian Males. Et du meilleur buteur ? Perdu encore, il s’agit de l’ancien Bâlois Arthur Cabral. Savez-vous où joue désormais l’ancienne-future-star Auriverde ? Perdu toujours, il est retourné au pays, à Botafogo…
Dans un autre registre, le joueur ayant joué le plus de matchs dans cette compète n’est jamais passé par Bâle et s’appelle Sven Kums. Vous faites ce que vous voulez de cette information.
Le créneau des matchs
Qui dit nouvelle compétition dit forcément nouveau créneau horaire pour les matchs… Ah ben non, on les case le jeudi soir, comme ceux de l’Europa League. Ce qui fait que personne ne va, d’une faire la différence, de deux regarder volontairement la Conference.
Le logo et le trophée
Ce qui serait bien, pour compenser, ce serait une identité claire qui nous permette de différencier les deux. Mais pas de panique, ici, pas d’excès de créativité non plus. Le logo est le même que celui de l’Europa League, sauf qu’il est vert au lieu d’être orange. Ah il faut se mouiller la nuque devant tant d’audace.

Pour le trophée, pareil, on reprend l’Europa League, qu’on modifie avec des broutilles. En l’occurrence 32 épines parcourant la coupe, symbolisant les… 36 équipes participantes. C’est exceptionnel, même ça c’est raté.
L’hymne
Là on essaie même plus, c’est exactement le même que pour l’Europa…

Les clubs participants
Par contre, là où la Conference League innove, c’est bien sur la liste des qualifiés, tout simplement exceptionnelle. On dirait que quelqu’un a allumé FIFA, lancé une coupe personnalisée et mis la sélection des équipes en aléatoire total. Voyez plutôt :
Déjà, nous avons les plus ou moins bons clubs, avec toute la nuance que cela implique dans une telle parodie de compétition. On peut y citer la Fiorentina, déjà deux fois finaliste malheureuse en 4 ans, ou le Shakhtar Donetsk. Oui, on vous promet que par rapport au reste, ce sont des bons clubs.
Ensuite, on a les équipes un peu nulles mais provenant de grands championnats, ce qui devrait suffire pour aller loin. On n’a rien trouvé de mieux comme nom de catégorie. On retrouve dans ce groupe Mayence, Crystal Palace et allez, parce qu’on est sympa, Strasbourg et le Rayo Vallecano. Ne nous demandez pas comment ces derniers se sont qualifiés, on n’en sait rien.
Puis, on retrouve les habitués des joutes européennes qui sont enfin à leur place. Dans cette catégorie, la plus fournie, citons le Sparta Prague, l’AEK Athènes, le Dynamo Kiev, l’AZ Alkmaar, le Rapid Vienne, le Slovan Bratislava, ainsi que les deux principaux représentants polonais que sont le Lech Poznan et le Legia Varsovie. Parce que certes, on a l’habitude de les voir plus haut, mais à part servir de punching ball aux Bayern et autres Real, on ne s’en souvient pas tant que ça.
Vous vous dites que ça va encore ? On arrive aux qualifiés rigolos. On commence par les clubs britanniques totalement oubliés, à savoir les Écossais d’Aberdeen et les Irlandais de Shelbourne et des Shamrock Rovers. Si vous vous demandez où se trouvent les villes de Shelbourne et de Shamrock sur la verte île, ne perdez pas votre temps, les deux clubs sont basés à Dublin. Ce qui en fait la seule cité comptant deux participants. Y a pas de petite victoire.
Ensuite, on retrouve les clubs jeux de mots, dont la présence n’est justifiée que par les calembours qu’ils permettent. Nommons ici les Slovènes de Celje (ma pauvre Lucette) ; les combatifs Finlandais de KuPS, les malhonnêtes Chypriotes de Larnaca, ainsi que d’autres Chypriotes, pauvres cette fois, de l’Omonia.
Puis on a des équipes qui ont carrément un nom de fraternité de fac US, comme les Sigma Olomouc (Tchéquie) et les Hamruns Spartans (Malte. Oui, promis). Le tout étudiant probablement avec les Roumains de Universitatea Craiova.
Ensuite, on retrouve deux équipes dont la simple présence fait sourire : Lincoln Red Imps, vaillant représentant semi-professionnel de Gibraltar, avec son logo dessiné par un enfant de 4 ans ayant un léger syndrome de stress post-traumatique ; ainsi que, bien moins bien classé au coefficient UEFA au moment du début de cette édition (oui, oui), le Lausanne-Sport !

On retrouve ensuite carrément les prénoms du couple en vue de la classe 2M10 du gymnase de Burier, avec Noah et Drita. Promis, ce sont de vrais noms de clubs, respectivement arménien (fondé en 2017, 4 ans avant la Conference League quand même) et kosovar.
Pour terminer, on a failli oublier les traditionnelles boîtes de scrabble renversées. Forcément on y retrouve (avec la bonne orthographe s’il vous plaît) les Bosniens de Zrinjski, les Polonais de Jagiellonia Białystok et de Raków Częstochowa, les Croates de Rijeka, les Islandais de Breiðablik, ainsi que les Macédoniens de Shkëndija.
Non vraiment, on n’a jamais vu un kamoulox pareil, c’est simplement prodigieux.

– J’envoie Drita donner des KuPS à Dublin et je roule de manière Rapid en Rovers jusqu’à l’Universitatea où j’achète un palais en cristal.
– Oui bravo ! Noah, Celje, vous êtes éliminé, n’oubliez pas de demander l’Omonia en partant.
P.-S. Oui, on sait qu’on n’a pas parlé des Turcs de Samsunspor ni des Suédois de Häcken. Mais comme on ne savait pas où les mettre et que ce ne sont probablement les équipes préférées de personne, on s’en fout un peu.
Crédits photographiques :
Arthur et Calogrenant : Kaamelott Universe

Qualifier Aberdeen de « club rigolo » au niveau européen, il fallait oser.
Ok cette saison ils sont rigolos même en championnat, mais bon.
Extraordinaire article !! Plié de rire !!
Merci 🙂
Très bon. Le Red Imp me fait à un mème connu.