Présentation du groupe E

Eh ouais ! Encore une présentation Épique de quatre Équipes du mondial aux États-Unis en Amérique du Nord. Et cette fois, place à la Mannschaft, aux Éléphants, à la Tri et aux… à… euh, à Curaçao. Qui n’est même pas vraiment un pays indépendant. Tout va bien.

Allemagne

La star

Florian Wirtz. Oui, si vous vous fiez aux journalistes qui écrivent les comptes rendus de matchs en se basant uniquement sur les fiches de statistiques, vous penserez que le transfert de l’Allemand de 23 ans à Liverpool est un flop monumental. Mais il n’en est rien. Bien sûr, il est moins dominant que lors de ses années à Leverkusen, mais il est jeune, a eu besoin d’un temps d’adaptation et est désormais très influent au bord de la Mersey, en plus de commencer à mettre son nom sur les feuilles de match. Et surtout, il est toujours excellent avec la Mannschaft. Ce n’est pas Gregor Kobel qui dira le contraire :


Et, encore plus important, Wirtz est un magicien (on a été tenté de dire sorcier, mais ce wi(r)tz ne nous semblait pas terrible). Un numéro 10 comme à l’époque, imprévisible, brillant, insaisissable. Il devrait s’amuser dans ce groupe inégal.

La tête à claques

Julian Nagelsmann. Ou le mec qui a bâti sa réputation sur le simple fait d’être jeune et d’avoir l’air sympa. Vous n’êtes pas d’accord ? Voyez plutôt l’ampleur de la fraude :

  • Entre 2016 et 2019, il coache, à peine âgé d’une trentaine d’années, Hoffenheim. Il s’y fait un nom avec certes de très bonnes performances, mais dans un club avec un gros budget. Il qualifie le jouet du propriétaire de SAP pour la Ligue des Champions, mais ne gagne rien, ni en Allemagne ni en Europe.
  • Entre 2019 et 2021, il entraîne cette fois le RB (RasenballSport donc, pas Red Bull) Leipzig. Un club au budget encore plus grand que le précédent. Il y fait certes des résultats plus qu’honorables, mais ne gagne toujours rien, pas même une Coupe d’Allemagne.
  • Mais profitant de sa hype, il se fait engager entre 2021 et 2023 par l’immense Bayern. Pour une somme record, alors qu’à ce moment-là il n’est, pour rappel, pas grand chose à part un phénomène Instagram. Il reprend une équipe exceptionnelle, façonnée par Hansi Flick, qui a gagné la Ligue des Champions en 2020. Et là, il gagne enfin quelque chose ! Bon, c’est un championnat qu’un cône de chantier aurait remporté aussi, ainsi que deux Supercoupes d’Allemagne peu prises au sérieux, mais au moins ça débloque le compteur de trophées.
  • Et lui permet d’être appointé coach de la prestigieuse Mannschaft depuis 2023. Avec laquelle il n’a rien gagné et même pas franchement brillé. En témoigne le récent mélodrame qui déchire la patrie de… heu… Goethe au sujet des gardiens. Après s’être brouillé avec Neuer et avoir tour à tour promis à Marc-André ter Stegen puis Oliver Baumann (qu’il connaît depuis Hoffenheim) qu’ils seraient titulaires pour le Mondial, il a finalement décidé de faire de Neuer – qui avait pourtant pris sa retraite internationale en 2024… – son titulaire pour la suite des opérations, et de ne pas convoquer du tout le gardien du Barça. Puis on a appris juste derrière que le cerbère du Bayern avait un état de forme plus qu’incertain. Du coup il y a moyen que la Mannschaft se retrouve avec un Baumann à la confiance ruinée au goal et un ter Stegen de super bonne humeur comme réserviste. C’est tip top comme gestion.

Mais bon, comme il vient à l’entrainement en skate, ça pardonne.

La particularité

L’Allemagne compte environ 1’500 variétés de saucisses différentes recensées officiellement. On y trouve même des musées de la saucisse. Il y a même plusieurs mots allemands pour désigner différentes sortes de saucisses. Quand on y pense, c’est fou qu’un pays avec un potentiel comique aussi élevé (les blagues de saucisses font toujours rire, selon une étude commandée par l’Institut Beauf de France) ait une réputation aussi austère. Et c’est improbable de faire un paragraphe comptant autant de fois le mot saucisse (quand même 1495 de moins qu’il n’y a de variétés, notez).

Le conseil Guide du routard

Est-ce que vous êtes déjà allés à Nuremberg ?

Bon en fait c’est un texte donc si vous y avez répondu à haute voix, sachez qu’on ne vous entend pas et qu’en plus vous gagnez un pins offert par la rédaction officialisant votre statut de demeuré notoire.

Plus concrètement, vous connaissez sûrement cette ville pour ses saucisses (oui, ça faisait longtemps), mais surtout pour un petit évènement de rien du tout qui a eu lieu entre novembre 1945 et octobre 1946. Juste un des plus grands procès de l’Histoire, qui avait pour but de juger les crimes de personnages absolument délicieux (on précise que cette tournure est du sarcasme, hein la team premier degré) comme Hermann Göring, Albert Speer, Rudolf Hess ou encore Martin Bormann. Procès qui a d’ailleurs été illustré par un excellent film sorti récemment, avec notamment Rami Malek et Russell Crowe dans les rôles titres.

Mais vous connaissez sûrement moins une autre particularité de la ville, l’immense labyrinthe sous-terrain de galeries qui serpente sous la colline de la ville historique. Ces tunnels servaient historiquement de lieu stockage pour les bières produites par les brasseries de la surface (forcément, on est en Allemagne). Ces caves restaient à une température fraîche et constante tout l’année, soit des conditions parfaites de conservation. Et ce réseau a servi par la suite d’abris d’urgence aux habitants lors des bombardements subis par la ville (forcément, on est en Allemagne). Aujourd’hui, on peut encore les visiter, avec un guide (et c’est tant mieux) et avec un pull même en plein été. Et ça vaut le détour, promis.

Ah et sinon la rivière qui traverse la ville s’appelle la Pegnitz. C’est rigolo parce que ça ressemble à… Enfin vous avez compris.

La prédiction selon l’indice EPSTEIN

Encore une édition compliquée pour la Mannschaft. Certes, son score suffira à passer facilement le premier tour. Mais ensuite… On pourrait pourtant penser que le classement des bières suffit à aller loin. Mais c’est oublier un peu vite que l’Allemagne est un pays très peu armé et, surtout, l’une des nations comptant le plus de prix Nobel, même si cela a parfois été à leurs dépens.

Curaçao

La star

Le Blue Curaçao. Franchement, vous auriez l’audace de nous dire que vous connaissez ce petit état insulaire de 150’000 habitants pour autre chose que leur liqueur d’orange, sponsor officieux de nombreux maux de tête depuis plusieurs siècles ?

L’alcool c’est comme les grenouilles tropicales. Plus les couleurs sont vives, plus c’est dangereux…

La tête à claques

Armando Obispo. Pas parce qu’il est l’un des rares joueurs de son millésime vaguement connu par une personne lambda, avec Tahith Chong et les frères Leandro et Juninho Bacuna. Pas non plus parce qu’il est tombé pour l’île curacienne pile au moment où il a compris qu’il ne serait pas assez bon pour jouer avec les Pays-Bas, nation où il est né et où il a joué avec toutes les sélections de jeunes (c’est la même histoire pour la quasi-totalité de l’équipe, mais comme on dit, l’important c’est d’aimer). Pas non plus parce qu’il avait marqué contre la Suisse avec les M17 (ceux des Pays-Bas hein, comme quoi rien ne dure). Mais simplement parce qu’il s’appelle Obispo. Après les nominations de John Williams en tant que directeur sportif à Servette et de Michael Jackson comme coach de Burnley, va falloir se calmer avec les homonymes des musiciens dans le foot. Parce que franchement, en tant que fan, on préfèrerait mourir demain plutôt que de célébrer un but marqué par le Japonais Ayo Nakamura, l’Allemand Philipp Katrien, l’Américain Tejay Caleed ou le Brésilien Buba. Franchement, ça complique tout et on n’a pas envie d’aimer ça.

La particularité

Comment ne pas citer le fait que c’est assez nettement le plus petit pays de l’histoire à s’être qualifié pour une Coupe du Monde. 156’000 habitants, ce qui fait a peu près la ville de Berne. Ou l’agglomération de Bienne. Ou deux cortèges de victoire de Gottéron. Ou deux MetLife Stadium, antre de la finale de ce Mondial. Et 444 km2. Soit environ la ville de Montréal. Ou Andorre. Ou 2 cantons de Zoug. Ou 3/4 de Lac Léman.

Oui, c’est un confetti. Et on y trouve pourtant trois langues nationales. Et on ose dire que c’est cocasse qu’un pays aussi petit que la Suisse en ait quatre.

Ah et autre cocasserie, le pays a une équipe nationale depuis 2010 uniquement.

Le conseil Guide du routard

En dehors du fait que l’île a l’air absolument magnifique, de mémoire, la seule mention du pays dans une œuvre populaire est dans la série Narcos. En effet, l’ex-colonie néerlandaise est aussi un paradis fiscal qui sert de machine à laver l’argent d’Escobar et ses copains. Donc comme on y a jamais mis les pieds, on aura tendance à vous y conseiller les banques locales.

Ah et apparemment on y mange de la viande d’iguane. Vous faites ce que vous voulez de cette information.

La prédiction selon l’indice EPSTEIN

Hé oui, Curaçao est un nain du foot mondial, et notre infaillible indice le sait. Même si on pouvait penser que le fait d’être une île puisse aider dans un classement nommé EPSTEIN, force est de constater que sa petite taille et son pacifisme n’ont pas leur place aux États-Unis. Mais ça va quand même être rigolo à voir.

Côte d’Ivoire

La star

Pas facile de vraiment trouver une star actuelle. La génération dorée des Drogba, Touré (x2), Gervinho, Kalou ou Zokora, entre autres, est désormais à la retraite. Les Nicolas Pépé, Franck Kessié ou Jean-Michael Seri sont vieillissants ou en village de vacances en Arabie Saoudite. Et Amad Diallo est une fraude.

On citera donc Evan Ndicka. Défenseur discret mais très solide de la Roma, sans chichis, parfois buteur, il est un leader discret de l’équipe. Malheureusement, certaines rumeurs l’envoient prochainement du côté de Manchester United, où sa carrière prendrait à coup sûr un sacré coup d’arrêt. Ce n’est pas son aîné Morgan Bailly qui dira le contraire.

La tête à claques

Alban Lafont. Vous avez aimé le fait que 90% de l’équipe de Curaçao ait profité de la formation néerlandaise avant de se tourner vers une équipe moins cotée quand ils ont compris qu’ils ne feraient jamais carrière avec les Oranje ? Vous allez adorer Alban Lafont, gardien en lice pour la place de titulaire dans la cage des Éléphants. Petit extrait de sa biographie sur Wikipédia :

Alors tout ça c’est très bien. Mais on a une question quand même. D’où sort la Côte d’Ivoire dans cette histoire !?

Et il n’y a rien qui va dans le reste non plus. Le gars était à la base attaquant avant de se retrouver gardien, il était titulaire à la Fiorentina à 19 ans et végète désormais en Grèce après des passages mitigés à Nantes … Bref, Alban, si ta carrière était une voiture, elle serait une Fiat Multipla.

La particularité

Vous trouviez le record de la Suisse en 2006 – première nation éliminée d’une Coupe du Monde sans avoir encaissé de but – un peu naze ? La Côte d’Ivoire fait encore mieux ! En 2012, lors de la CAN organisée au Gabon et en Guinée Équatoriale (mais si, souvenez-vous, c’est l’année où la Zambie d’Emmanuel Mayuka a fait sensation), les Éléphants ont réussi l’exploit unique d’aller jusqu’en finale, soit 5 matches, sans prendre le moindre pion, de tenir pendant 120 minutes lors de ladite finale, avant de perdre aux tirs aux buts !

Le conseil Guide du routard

Abidjan, on dirait que c’est dérivé de « habits de Jean ».

La prédiction selon l’indice EPSTEIN

Dérogeant à la grande tradition africaine de la guerre civile, la Côte d’Ivoire est peu armée comparée à nombre de ses voisins. Ce qui a forcément un impact négatif sur son classement.

Équateur

La star

L’Équateur a bâti sa brillante qualification – 2ème de la zone Amérique du Sud, derrière l’Argentine, mais devant le Brésil, l’Uruguay ou encore la Colombie, excusez du peu – grâce à sa défense. En effet, avec seulement 5 buts encaissés en 18 matchs (!), elle fait largement mieux que l’Albiceleste et le Paraguay (10 chacun), ses plus proches poursuivants dans le domaine. Et pour cause, les joueurs les plus cotés de l’équipe sont largement les défenseurs centraux Piero Hincapie (24 ans, Arsenal, champion d’Allemagne avec Leverkusen avant son transfert) et surtout le Parisien Willian Pacho, 24 ans et brillant depuis deux saisons. Vous ajoutez à cela le prometteur central (encore un) Joel Ordoñez (22 ans, Bruges), l’expérimenté latéral de Milan Pervis Estupiñan, et le boucher de Chelsea Moises Caicedo, qui s’occupe de péter les jambes des adversaires avant qu’ils ne soient menaçants, ça vous fait une défense plus efficace que celle, nationale, qui est censée gérer les gangs narcotraficants.

La tête à claques

Enner Valencia. Mais si, souvenez-vous, c’est lui qui avait marqué contre la Suisse au Mondial 2014, nous offrant l’une des plus belles fins de match de l’histoire du foot helvétique (Behrami tu nous manques). Eh bien figurez-vous que ce gars joue encore, au Mexique, à Pachuca. Qu’il y est retourné après des passages inégaux, pour être poli, en Europe. Qu’il arrive gentiment sur ses 37 ans. Et qu’il joue toujours avec La Tri. Mieux que ça, il est même capitaine et tout simplement le meilleur buteur de l’histoire de la sélection équatorienne, avec 49 buts en une grosse centaine de matchs. Il devance dans ce classement la légende Agustin Delgado, le regretté Christian Benitez (décédé en 2013 à 27 ans d’une péritonite) et l’ancien bâlois Felipe Caicedo.

Pourquoi en faire une tête à claques ? Parce qu’il a marqué contre la Suisse, parce qu’on ne connaît pas assez les joueurs pour en mettre un autre (à part cette ordure de Moises Caicedo, mais qui tient plus de la tondeuse à gazon que du footballeur), parce qu’à 37 ans faut faire la place aux jeunes – hein Ronaldo -, et parce qu’il partage son nom de famille avec Antonio, qui a longtemps joué à Manchester United.

Pour le plaisir (si le lien ne marche pas, clique ici, apparemment la FIFA n’aime pas Carton-Rouge.ch)

La particularité

L’Équateur est le pays qui a, en moyenne, les plus gros pénis du monde. Oui oui, il y a une étude sur le sujet. Alors pas sûr que ça les aide grandement pour faire un exploit lors de ce mondial, mais du coup pour eux l’essentiel est probablement ailleurs.

Et si vous vous demandez, ils devancent, avec 17,61 centimètres en moyenne, le Cameroun (16,67) et la Bolivie (16,51). La Suisse est dans le ventre mou, avec 14,35 centimètres. Toi lecteur, si tu en as une plus grande, félicitations, tu peux bomber le torse. Si elle est plus petite, c’est pas grave, elle reste sans doute de toutes façons plus grande que celle du président de la Fédération suisse de hockey, et ça ne l’a pas empêché de faire une carrière honorable, à défaut d’être brillante.

Ah et les derniers du classement sont les Cambodgiens, avec 10,04 centimètres. Non, on ne confirmera aucun cliché déplacé ici, c’est vous qui y avez pensé.

Le conseil Guide du routard

Le saviez-vous ? L’Équateur doit son nom à la ligne imaginaire qui « coupe » la Terre en deux hémisphères (enfin sauf pour les platistes, pour qui cette ligne est… Heu… On n’en sait rien mais eux non plus). Enfin on espère que vous le saviez. Ce que vous ne saviez sans doute pas, c’est que proche de la capitale Quito se trouve un imposant monument nommé Mitad del Mundo (milieu du monde, pour ceux qui suivent), marquant parfaitement le trajet de l’équateur.

Enfin pas tout à fait. Parce que les mecs qui ont construit l’ouvrage au début des années 80 se sont trompés d’environ 200 mètres. Oui oui, le monument symbolisant le centre exact de la terre est 200 mètres trop au sud. Construits par des architectes un peu trop à l’ouest. Alors bien sûr, après coup, avec les technologies GPS, tout le monde s’en est rendu compte. Mais bon, flemme de déplacer un monument de plus de 30 mètres de haut intégralement en pierre, hein.

On s’est trompé, chef !

La prédiction selon l’indice EPSTEIN

Porté par son net et récent regain de criminalité et donc d’armement, l’Équateur devrait se sortir facilement de ce groupe. Mais son petit budget d’armée et sa relative faible consommation de houblon ne lui permettra pas d’aller bien plus loin que les seizièmes.

 

Crédits photographiques : 

Blue Curaçao : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bols_Blue_Cura%C3%A7ao.jpg

Mitad del Mundo : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ciudad_Mitad_del_Mundo.jpg

A propos Joey Horacsek 104 Articles
Bon ça va, je vais pas vous sortir ma biographie

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