Tu la vois ma grosse latte ?

Ne vous y trompez pas, cette rencontre d’apparence anodine entre deux anciennes nations de seconde zone recèle de pépites en devenir. Avec sa generación dorada, l’Équateur ne demande qu’à confirmer sur la plus grande scène du football mondial, tandis que la Côte d’Ivoire affiche de nouvelles ambitions pour son retour en Mondial douze ans après sa dernière participation et sa décevante performance à la CAN cet hiver. Entre les Éléphants d’un côté et La Banana Mecánica de l’autre, le festival de barres n’a pas eu lieu que dans les caleçons cette nuit. Résumé olé olé.

Le match en deux mots

GrosseBar Challenge. En référence au nombre marquant de barres transversales heurtées par les deux équipes (2 pour l’Équateur, 1 pour la Côte d’Ivoire) au cours de cette deuxième rencontre du groupe E et aux nombreux serpents à sonnette qui rôdent dans les douches du Lincoln Financial Field de Philadelphie. Et contrairement au camp d’entraînement de la Nati, la ville de Pennsylvanie n’est pas connue pour abriter ce genre de reptiles…

L’homme du match

Amad Diallo. Quand t’as planté que deux petits buts en 33 matchs cette saison avec United et que tu débloques la rencontre sur ton premier tir seulement une demi-heure après ton entrée en jeu, j’appelle ça avoir de la chatte. Et au terme d’un match si disputé dans la course à la deuxième place dans cette poule dominée par l’Allemagne, ça suffit amplement pour empocher le titre d’homme du match. Hop là !

La dinde du match

Enner Valencia. Bien que capitaine, meilleur buteur de l’histoire de son pays et joueur le plus expérimenté (36 ans et déjà là en 2014) de cette jeune sélection équatorienne (26 ans environ de moyenne d’âge), l’attaquant du CF Pachuca a insulté à maintes reprises la mère de son vis-à-vis direct Wilfried Singo et globalement l’entièreté du XI ivoirien à chaque contact un peu musclé. Il pensait peut-être jouer contre les ientendentrien. Ajoutez à cela une occasion grosse comme une maison manquée à la 10ème minute de jeu et un énième montant touché par les Équatoriens du bout de son pied à la rentrée des vestiaires et voilà de quoi rendre Vénère Valencia.

L’esthète du match

Yan Diomandé. L’ailier gauche de 19 ans du RB Leipzig, ici à l’œuvre sur le côté droit de l’attaque ivoirienne, avait les jambes en feu dans cette partie où les deux équipes se sont rendues coup pour coup. Celui qui a passé trois ans de sa jeune carrière dans diverses académies américaines, sur demande de son premier club de Leganés, n’est en plus pas bien dépaysé sur cette pelouse de Philadelphie. Malgré une finition qui pêche encore, le petit a carrément donné le tournis à son adversaire direct, qui n’est autre que le latéral d’Arsenal Piero Hincapié. Oui, le gars dont on a vu le cul en mondovision il y’a un mois. À force de donner ses fesses à tout va, y’a même plus besoin de Diomandé. Bof celle-là.

Le moment MAGA du match

Durant le cooling-advertising-fist fucking break de la seconde mi-temps, l’enceinte de 67’594 places largement acquise à la cause équatorienne a repris à l’unisson Hey Baby, le tube du One-hit wonder autrichien DJ Ötzi dans une ambiance festive et heureuse, comme un pied de nez à la politique de Trump qui vise précisément à empêcher ces scènes de vivre ensemble. Puis Yves Martin d’asséner dans le chat : « Attends qu’ils se fassent nasser par l’ICE à la sortie… » Moi je dis qu’ils ont simplement pas froid aux yeux, quand d’autres Ivoiriens du tout. Fallait bien que je place cette blague quelque part !

Le point commun entre les deux équipes

Le saviez-vous ? En Côte d’Ivoire, comme en Équateur, les “générations dorées” des deux nations respectives ont émergé d’un seul et principal centre de formation. En ce qui concerne le pays d’Afrique de l’Ouest, c’est au sein de la prestigieuse Académie MimoSifcom de l’ancien entraîneur de Xamax et Servette Jean-Marc Guillou qu’ont émergé les frères Kolo et Yaya Touré, Gervinho, Salomon Kalou, Didier Zokora ou encore Emmanuel Eboué. S’il ne reste plus personne de cette volée d’académiciens, dont le principal succès a été une Coupe d’Afrique des nations remportée en 2015, Oumar Diakité, Odilon Kossonou ou Bazoumana Touré sont quelques noms qui représentent encore l’institution d’Abidjan dans la liste des 26 convoqués par Émerse Faé.

En ce qu’il s’agit de la “Tri” (le surnom de la sélection équatorienne), pour qui ce Mondial trumpiste représente la première grande occasion de confirmer les récents espoirs placés en elle, cette dernière doit quasiment tout au club d’Independiente del Valle. Le club du sud de Quito racheté en 2007 par le “roi du poulet” Michel Deller, qui végétait à l’époque en D3, est passé de l’anonymat à l’un des clubs les plus craints du continent sud-américain. Finaliste de la Copa Libertadores en 2016, « IDV » a remporté deux Copa Sudamericana (2019, 2022), un titre de champion (2021) et une coupe d’Équateur (2022) et peut se targuer d’avoir formé toutes les pépites actuelles : Moisés Caicedo, Willan Pacho, Piero Hincapié ou encore Kendry Paez, pour ne citer que les plus connus.

Le chiffre à la con

17,59. C’est la taille moyenne (en cm.) des verges en Équateur. Brandissant fièrement son zizi de bronze, le pays qui n’a jamais mieux porté son statut de premier exportateur de bananes au monde trône ainsi à la troisième place du très fiable classement de “Data Pandas” relayé par le très fiable site d’information 20minutes, en étant seulement battu par le Soudan et la RDC. À côté, la Côte d’Ivoire ne fait pas fière allure du haut de ses 15,22 cm., qui la positionne au 22ème rang. Mesdames, messieurs : un véritable duel d’éléphants !

L’anecdote

Premier Mondial étendu à 48 équipes par Saint-Gianni dans sa mission pieuse et totalement désintéressée de répandre la parole d’évangile au plus grand nombre, première participation de la Jordanie, de l’Ouzbékistan, de Curaçao et du Cap-Vert et cette édition 2026 regorge d’autres faits inédits : cette rencontre entre la Côte d’Ivoire et l’Équateur est la toute première de l’histoire.

Jamais, auparavant, les deux nations ne s’étaient affrontées dans un match officiel, ni même en amical. Pour trouver un précédent entre Équatorien et Ivoiriens, il faut se remémorer la Premier League du début des années 2010, lorsqu’un certain Antonio Valencia, buffle musqué réincarné en latéral droit de Manchester United contenait tant bien que mal les percées de Salomon Kalou et Didier Drogba. Le Sud-Américain a même admis un jour que le numéro 11 de Chelsea est l’attaquant le plus fort qu’il ait eu à affronter de toute sa carrière. Source : t’inquiète frère.

Si le match avait été une junk food

Patacones en Équateur, allocos en Côte d’Ivoire, la banane plantain frite occupe une place de choix dans la gastronomie de chacun des deux pays. Probablement une référence à leurs grosses… bon vous avez compris.

La minute Léonard Thurre

À la 19ème minute, le commentateur de la RTS parle du prometteur défenseur équatorien du Club Bruges Joel Ordóñez, qui aurait selon lui été approché la saison dernière par un grand club comme… l’OM. Alors, comment lui dire sans vexer ?

Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)

Après une victoire écrasante des Équatoriens sur les Ivoiriens à l’urinoir, ce pervers de Jeffrey confirme, à travers son indice, la domination des Sud-Américains sur le rectangle vert avec 56,95 points pour la “Tri”(que), contre 39,11 pour les Éléphanteaux. Enfin ça, c’était sur le papier.

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2 Commentaires

  1. « …Premier Mondial étendu à 48 équipes par Saint-Gianni dans sa mission pieuse et totalement désintéressée de répandre la parole d’évangile au plus grand nombre… »

    Excellent ! On ne peut pas mieux dire !

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