104 matchs. Dont 39 couverts par votre site préféré. Quand même. Plus douze présentations de groupe, un indice, et divers à-côtés. Autant vous dire qu’on est presque aussi rincés que Cristiano Ronaldo. Enfin on exagère. Mais quand même. Et, héroïques, on couvre encore ce dernier match. C’est la finale en même temps. Eh ben bordel, on aurait eu mieux fait d’aller dormir devant cette purge.
Le match en deux mots
Da Vincic Code.
Malgré une performance arbitrale digne de ce que l’on attendait, soit une faute sifflée à chaque demande argentine, deux buts à l’annulation très litigieuse, des cartons qui restent très, trop souvent dans la poche quand c’est un albiceleste qui fait faute, le foot a gagné ce soir. Mais fallait-il attendre autre chose que la purge arbitrale à laquelle on a, une fois de plus, assisté ? Comme dans tous ses matchs, l’Argentine a été avantagée. En même temps, quand tu sais que l’arbitre, M. Vincic, a été englué en 2020 dans une affaire impliquant prostitution, drogue et armes, tu te dis que Saint Gianni doit avoir des moyens de pression sur ce Monsieur. Ce dernier a même, bon, probablement involontairement, sprayé Baena au moment de ranger sa bombonne de mousse !
L’homme du match
Enzo Fernandez. Détestable comme beaucoup de ses coéquipiers pendant 93 minutes (quand Cucurella paraît gentil sur un terrain, ça te donne le niveau des Argentins), visible uniquement sur ses fautes et réclamations, il fait tourner le match grâce à son premier jaune stupide (geste d’humeur envers un arbitre acquis à sa cause…) puis son second à peine dix minutes plus tard complètement inconscient et inutile, quand il découpe Cubarsi (dont on a retrouvé les restes bar-si, bar-là…) au milieu du terrain et, pour le coup, ne laisse pas le choix à M. Vincic de l’expulser. L’homme qui valait 121 millions (!) a plombé son équipe.
Et côté espagnol, comment ne pas citer un Nico Williams rapide et intenable dès son entrée et tellement bonne poire qu’il est l’auteur d’un but scandaleusement refusé et de la passe décisive, et un Ferran Torres clinique, ravivant le mythe souvent vérifié du héros improbable dans les matchs fermés, lui qui était passablement décrié sur son tournoi.
La dinde du match
Lamine Yamal. Déjà quelconque sur toute la compétition, il passe complètement à travers sa finale, ratant quasiment tous ses dribbles et manquant la passe les rares fois où il l’a tentée. Constamment mal placé, trottinant, il n’a absolument pas pesé et ne revenait même pas défendre. Sans parler de ses balles arrêtées désastreuses. Avec son numéro 19, on aurait presque cru voir Leroy Sané. Mais au delà de ce match, il fait un peu peine à voir. C’est l’archétype du joueur TikTok, qui a des séquences incroyables seulement quand c’est inutile mais est, dès que ça compte, terriblement inconstant et individualiste, avec son syndrome du personnage principal. C’est triste, le bonhomme a 19 ans seulement et il ne court déjà plus. On le vend comme le successeur de Messi, nous on le voit plutôt comme celui de Neymar. Ou, au mieux, de Shaqiri.
L’esthète du match
Quelle poésie émane de Leandro Paredes à chaque fois qu’il apparaît à l’écran ! On avait déjà vu le rhapsode de San Justo dans ses œuvres lors des matchs précédents, mais alors celui-ci, quelle perfection ! Carton jaune avant même d’avoir touché le ballon, insultes, réclamations, poussées dans le dos, tacles à retardement, une bonne dizaine de fautes, c’est un régal. Et dire qu’il n’est rentré qu’à la mi-temps ! Il lui a juste manqué un pied dans la gueule d’un adversaire et l’envahissement d’un pays pacifique pour parachever son œuvre. Un match digne d’un Pepe des grandes années. Le tout sans jamais se prendre de rouge, car il est Argentin. Ah en fait Fernandez en a eu un. On dira qu’il a trouvé le collier d’immunité alors.
ndlr: On a appris après le match que Paredes a en plus été frapper Gavi et Garcia après le coup de sifflet final, dans une scène qu’on peut appeler « une défaite à la turque ». Cela lui a donc finalement valu son carton rouge, pour devenir probablement le premier joueur de l’histoire de la Coupe du Monde à être expulsé APRÈS la fin d’une Coupe du Monde.
Même après le coup de sifflet final, Leandro Paredes a poursuivi son chef-d’œuvre digne des meilleurs chercheurs du CNRS
(Doit plus jouer un seul match de Coupe du monde jusqu’en 2062) pic.twitter.com/RSdsFmtpiN
— Scipion (@Scipionista) July 19, 2026
Le moment MAGA du match
On a eu un moment MAGA de 20h30 à la fin de la remise de la Coupe.
Déjà l’hymne américain. Pourquoi ? Les États-Unis ne sont pas en finale. On pourrait se dire que c’est en tant que pays organisateur, mais où sont donc les hymnes mexicains et canadiens en ce cas ?
Ensuite on a le droit à Robbie Williams qui a sorti son plus beau survêt’ du dimanche, accompagné de Nicole Scherzinger et de Laura Pausini (merci le chat pour nous situer sur l’identité de cette personne). Puis à Tom Cruise qui nous fait un discours larmoyant, sans jamais être filmé en entier pour ne pas qu’on voie qu’il est sur un socle. Puis à des mecs random qui gueulent « LEEEET’S GEEEET READY TOOO RUUUUMMMBBBLLEEE » avec des chemises argentées. C’est génial…
Pendant la partie, on passe plus de temps à filmer des gens plus ou moins connus en tribune que le match (où, il est vrai, il n’y a pas grand chose à voir). Et qu’on fasse coucou à Will Ferrell, à Matt Damon, ou à Trevor Noah (mais si, le mec qui a fait la pub avec Federer). Et qu’on fasse coucou à des vedettes plus ou moins connues chez nous de sports US. On apprend même que Kermit la grenouille est dans les VIP…
Puis vient la mi-temps. Sur la RTS, on a loupé apparemment Coldplay qui faisait de la musique d’ascenseur, mais pas grave on a Madonna dans un sous-sol, dansant dans une boule rose puis sur un buggy conduit par Ronaldinho et Ronaldo, eux aussi affublés de leurs survêtements Moskva 1982. Puis ils sortent tous sur le terrain, où ils sont accueillis par le Muppet Show qui reprend Seven Nation Army avec un orchestre qui rame comme les Norvégiens. Puis on a ce qui semble être BTS si l’on en croit ce qui est brodé sur leur tenue (on avoue qu’on ne connaissait pas l’existence de ce truc), sorte de boys band du début des années 2000, mais en coréen et avec encore plus d’autotune. Oh puis on a Ted Lasso, enfin un vague lien avec du foot ! Ah mais merde c’est directement interrompu par Justin Bieber, qu’on croyait mort mais en fait non mais qui visiblement a quand même connu quelques années bien compliquées à en croire la couverture de l’armée suisse découpée qui lui sert de t-shirt et qui a la capacité vocale de Harry Kane après son match face au Mexique. À peine le temps de reprendre son souffle qu’on subit Shakira, qui doit chanter lors d’une finale de Coupe du Monde pour approximativement la 23ème fois de suite, avec à chaque fois une chanson plus vide de sens que la précédente, dans un playback encore plus voyant que pour tous les artistes passés plus tôt. Puis on a des enfants qui chantent faux. Vraiment très faux. On dirait les Petits Saccageurs dans « Le Flambeau ». Et ils le font devant le tableau le plus culcul de l’histoire de la Coupe du Monde, avec un grand « LOVE » multicolore posé sur le terrain, devant les yeux pleins d’amour de Trump et Infantino. Puis on a des feux d’artifice de toutes les couleurs, oh comme c’est mignon ! Et c’est fini ! Bordel de merde. On vous promet que ça s’est vraiment produit et que ce n’était pas un rêve qu’on aurait fait par 40 de fièvre. Et après 27 minutes (!) de pause (et pas 35 Jérémie Henriod, exagère pas), le match reprend enfin, après un coup de gueule d’Yves Débonnaire.
Le point commun entre les deux équipes
Ils parlent espagnol. C’est tard, on n’a plus d’idées.
Le chiffre à la con
0 tirs argentins en 116 minutes. Du jamais vu. Quel symbole de l’ambition albiceleste dans cette finale (on aurait été tellement meilleurs qu’eux…). Même le Cap-Vert a plus tenté contre l’Espagne. Même Ronaldo et son tintébin ! De quoi relancer le débat du GOAT ?
L’anecdote
Lors de mon dernier article, j’avais épinglé les entraîneurs étrangers qui chantent l’hymne du pays qui les emploient. Ce qui est ridicule. Je vais rester dans le thème. Il faut arrêter de faire interpréter les hymnes en live par des artistes. C’est à chaque fois une catastrophe. Preuve en est la prestation de Jennifer Hudson (une fois de plus, aucune idée de qui c’est), qui chante certes très bien, mais qui a fait de l’hymne américain une performance de The Voice. Ou celle de l’interprète de l’hymne argentin, qui chante 2 fois plus lentement que tout le stade et les joueurs. Côté suisse, c’est à chaque fois le merdier vu que l’artiste doit choisir une seule des quatre langues, donc forcément le suisse-allemand. Et personne ne veut entendre chanter en suisse-allemand. C’est donc simple, ça ne marche pas. Laissez juste la version officielle et les joueurs et les fans chanter, ça vaudra mieux pour tout le monde.
Bon, tous ces exemples ne vaudront jamais l’interprétation de la Brabançonne avant le Grand Prix de Belgique il y a quelques temps :
never forget the drivers trying not to laugh during the belgian anthem back in 2023 😭😭😭pic.twitter.com/5Yn57rvnng
— clara (@leclercsletters) July 13, 2026
Si le match avait été une junk food
Condensé de culture US, ce match ne pouvait être qu’un burger. Mais pas un bon burger de chasse, avec des oignons caramélisés, du bacon et du raclette. Non. Un burger bien immonde, le vrai truc de fast food crade américain. Parce que oui, en Suisse, un McDo coûte plus de 20 balles et est à sa manière apprécié. Mais là-bas, c’est vraiment les tréfonds de la bouffe. De celle qui peut en plus te provoquer une chiasse immense derrière. Mais heureusement, celle-là, grâce à la victoire espagnole, ne nous laisse au moins pas de poids sur l’estomac.
La minute Léonard Thurre
Notre Léo à nous était attendu au tournant, après son hagiographie du Leo argentin lors de la demi-finale. On peut dire qu’il s’est un peu calmé, bien aidé par le fait que l’on n’a pas vu Messi avant la 116ème minute. Enfin sauf quand la capitaine argentin a demandé l’expulsion pour Cucurella, qui se serait caché la bouche au moment de se gratter la moustache… Bref, Thurre a quand même vite eu le temps de faire le fanboy vu le temps additionnel laissé par M. Vincic, mais il y a eu plus de contenance qu’en demies. On peut sinon citer son « L’enjeu de ce match est encore très grand » à l’issue de la seconde pause fraîcheur. Ce qui est factuellement vrai quand il y 0-0 en finale d’un Mondial. Merci, Léo.
Mais la vraie perf’ de la RTS fût quand même de nous lancer une improbable page de pub à la 115ème minute, en plein milieu du jeu. Oui oui, si vous dormiez, ça s’est vraiment passé. On avoue s’être retrouvés assez incrédules devant le logo RTS qui apparaît au moment où Dibu Martinez va tirer son 5 mètres, dans le money time d’une finale de Coupe du Monde. Si vous avez LinkedIn, pensez à partager le post du stagiaire qui va chercher un nouveau job dès demain.
Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)
Notre indice était assez étonnement passé à côté de ses prédictions pour cette finale, puisque le supposé 13ème (et donc éliminé en huitièmes) n’affrontait que le 29ème (qui aurait dû sortir dès les seizièmes). Mais il avait raison en un sens, car le niveau de jeu proposé par les deux équipes était conforme à ce classement. Et il avait aussi raison sur ce match, puisqu’il donnait l’Espagne victorieuse. Est-ce que la leçon à tirer de ce mondial ne serait-elle pas de faire confiance à EPSTEIN ? Non, oubliez ce qu’on vient d’écrire.



C’est en ça que le hockey est supérieur au football : au moins en finale de Ligue des Champions on peut entendre l’hymne suisse en français…