Le LS a réussi jeudi dernier l’exploit monumental de ne pas se qualifier directement pour les huitièmes de finale de la troisième division européenne et de finir derrière une équipe chypriote après avoir péniblement vaincu la lanterne rouge de Serie A. Bref, le hockey nous avait manqué et il était temps de revenir aux véritables prouesses de notre époque. Comme botter le train* du grand HC Ajoie dans sa forteresse imprenable du Voyeboeuf de la Raiffeisen Arena ou éparpiller l’immense Ambrì à domicile par exemple. Bienvenue à la Vaudoise aréna pour le troisième des quatre matches du LHC en cinq jours, un festin digne du marathon des gueuletons qui attend toutes les familles recomposées du monde occidental cette semaine. Mais où est-ce qu’ils trouvent toute cette énergie ? Bouge pas, Jordan, les explications sont à suivre.
*Cette expression est habituellement prohibée si le thème principal de l’article n’est pas l’EV Zug. Avec nos excuses.
Le match en deux mots
Ramon Untersander.
Les trois étoiles du match
⭐️⭐️⭐️ Ramon Untersander, pour l’ensemble de son oeuvre qui n’avait pourtant pas débuté sous les meilleurs auspices (pour lui, nous on se marrait bien). Au moment où on s’apprêtait à sortir notre oreiller de paresse (voir la deuxième étoile ci-dessous), le capitaine bernois a eu la bonne idée de se faire l’auteur d’une subtile déviation dans son propre but sur un tir d’Erik Brännström qui se dirigeait tout droit vers le hangar à Zamboni (1-0, 40e minute). Heinz Ehlers ayant posé son empreinte sur la partie jusque-là, on a bien l’impression que c’est le seul type de réussite qui pouvait forcer le coffre-fort danois. Comme Heinz, en plus de produire des coaches orchidoclastes, est aussi un fabriquant de ketchup, il ne restait plus qu’à espérer que tout sorte d’un coup en troisième période après s’être acharné sur le fond de la bouteille pendant 40 minutes.
On ne croyait pas si bien dire en écrivant ça à la deuxième pause.

La résolution 2026 de Heinz « Catenaccio » Ehlers : briser le plafond de verre de 1.0 expected goal par match. Mais non, vous êtes fous, on déconne bien sûr.
⭐️⭐️ Guy Parmelin. Le président de la Confédération fraîchement élu avait apparemment reçu (en plus de la petite fête à 200’000 balles aux frais du contribuable vaudois) un bon pour assister à un match du LHC de son choix. Il a jeté son dévolu sur le fameux Derby du 24 janvier 1798 entre son canton d’origine et son canton d’accueil et surtout, il a accepté de faire office de Kiss Cam de luxe en apparaissant sur l’écran géant de la patinoire. Ben oui, sous le Guy, en général on s’embrasse, non ?

Fort heureusement, on a bien fait attention de rester au-dessus du Guy toute la soirée.
⭐️ Antti Suomela. Le Finlandais était certes (encore) absent hier soir, annoncé blessé (ménagé ?) deux matches après son retour de… blessure, mais il mérite une mention pour sa sortie dans les colonnes de Blick dans l’enchaînement de la victoire en terres jurassiennes vendredi dernier. « Je ne me suis pas souvent blessé dans ma carrière. Une seule fois auparavant, et c’était pendant l’été », nous raconte le numéro 11 vaudois. On savait que les commotions faisaient des ravages, mais oublier si facilement la tentative d’assassinat de Sven Jung lors du septième acte contre Davos en 2024, ce n’est pas donné à tout le monde. Bon, c’est vrai que le mois de mars en Suisse, ça peut assez facilement se confondre avec l’été pour un natif d’Espoo.
On lui aurait peut-être donné plus qu’une étoile si cette histoire n’avait pas fait monter Michael Hügli en deuxième ligne sur la feuille de match et carrément sur la première dans les faits, avant que Geoff Ward se souvienne que l’Uranais n’a objectivement rien à faire à ce niveau et le relègue dans le quatrième trio dès le début de la deuxième reprise.
Le tournant du match
Le moment où on a eu confirmation via le magazine Slapshot que le top scorer lausannois Austin Czarnik était bel et bien un supporter de Donald Trump (au même titre que Mark Arcobello apparemment). Les fins limiers de CR avaient déjà cru entendre cette rumeur circuler il y a de cela quelques semaines, mais impossible de trouver un quelconque élément concret pour corroborer cette thèse jusque-là. À part peut-être que notre ami américain est né dans un bled de 25’000 âmes (94,8% d’entre elles caucasiennes) dans la banlieue de Detroit, le tout situé dans un comté ayant plébiscité Trump (56% contre 42% Harris et 2% autres candidats) en 2024. Google nous apprend quant à lui que l’ancien centre des Red Wings aurait liké des tweets pro-Trump en son temps, mais impossible de retrouver la preuve de cette affirmation.

Un centre qui affectionnerait donc également l’aile droite (et les pentes glissantes).
Bon, « confirmation », c’est un grand mot. Glisser cette info au milieu d’un papier consacré au narratif incontournable de l’exode des stars bernoises en direction du Chemin du Viaduc (Dominik Kahun et donc Czarnik) sans expliquer d’où elle sort, on a déjà vu du journalisme d’investigation plus redoutable.
Le slapshot en pleine lucarne du match
Celui de… Ramon Untersander ! Le missile de la bleue du numéro 65 du SCB lui a non seulement permis d’égaliser, mais aussi de remettre les compteurs à zéro avec son alter ego du deuxième tiers et ainsi de marquer pour les deux camps (1-1, 42e). Si on était adepte des calembours particulièrement pourris, on ajouterait que le jeune N. Rhyn a eu fin nez en lui passant le puck sur ce coup.
Oui, on sait, ça aurait été bien plus drôle s’il s’était appelé Urbain, Ulrich ou Ulysse au lieu de Nils, mais on fait ce qu’on peut.
Bref, le missile d’Untersander. Quoique… que dire de celui de Mats Alge, qui semble aussi avoir le pied marin dans la zone de vérité (1-2, 48e), et surtout du coup de fusil de Drake Caggiula qui a littéralement atomisé l’araignée assoupie dans la lucarne gauche d’Adam Reideborn (2-2, 52e) ?
Les vieux rotoillons en cloche du match
Ceux d’Ahti Oksanen (57e), Damien Riat (60e) et Iñaki Baragano (62e), seuls à bout portant, qui ne sont pas parvenus à porter l’estocade. Trois minutes après la dernière de ces trois tentatives, c’est… allez… vous l’avez… Ramon Untersander qui venait crucifier Kevin Pasche en rupture au bout du bout de la prolongation (2-3, 65e) !

Heinz Ehlers est fou de rage: on avait dit pas de velléités offensives au-delà de la ligne rouge !
On retiendra quand même qu’une équipe qui aligne des noms aussi ronflants qu’Emil Bemström, Miro Aaltonen (lui, on sait d’où il tire toute cette énergie, Jordan) ou encore Walteri Merelä, tous destinés à brûler la ligue, se contente encore et encore de parquer le bus et d’opérer en contre et que ça ne date même pas de l’arrivée de l’infâme Ehlers. Incompréhensible. D’autant que le résultat d’hier soir est l’anomalie qui confirme la règle puisque les Ours restent à 26 longueurs des Lions dans la course à… pas grand chose en ce qui concerne les plantigrades de la capitale.
Le chiffre à la con
Six-Seven ! Mais non, on déconne. Et surtout on espère que ce trend à la con ne survivra pas au passage à 2026.
Attendez une minute… 6+7 ça fait 13, non ? Comme le 13e salaire qu’on a reçu jeudi 18 décembre et qui a coïncidé avec la sortie surprise du déjà fameux troisième maillot lausannois. Mais ce n’est évidemment qu’une coïncidence voyons, vous voyez du capitalisme partout ! Et en pleine période des fêtes en plus ? Arrêtez, vous êtes ridicules.
Non, nous on voulait surtout attirer votre attention sur le fait que l’achat dudit chandail est pour l’instant réservé aux abonnés et exceptionnellement assorti de la griffe du Lion dont le numéro est floqué sur votre nouvelle acquisition. La tendinite qu’ont forcément dû développer (au hasard) Erik Brännström, Austin Czarnik et Théo Rochette depuis une petite semaine explique peut-être leur fatigue du soir.

Un logo inventé de toutes pièces il y a deux ans, ça n’a pas tout à fait le même cachet qu’un reverse retro NHL, mais c’est joli quand même.
L’anecdote
On a récemment acheté deux cartons de respectivement 12 et 9 bières pour soutenir les équipes féminines du LHC (et Dieu sait que boire 21 bières est un sacrifice déchirant consenti à contre-foie). C’est pas pour se faire mousser, mais on espère que ces quelques levers de coude suffiront à donner un coup de pouce à la première garniture qui évolue en SWHL-B, parce qu’on doit bien avouer que le décor de leur victoire 4-0 face au EHC Zunzgen-Sissach (à vos souhaits !) dimanche soir nous a filé le bourbon… euh pardon, le bourdon.

La Vaudoise était autogérée dimanche soir pour la venue du prestigieux EHCZS féminin. On imagine que les arbitres ont encore dû éteindre les lumières et fermer la porte en fin de soirée.
On a appris cette année que le cercle (vicieux ou vertueux selon ce qu’on en fait) du succès financier d’un sport est composé des médias, des sponsors et des billets vendus. On s’est d’abord dit qu’au lieu de l’entrée gratuite en vigueur actuellement, on pourrait peut-être faire payer un petit quelque chose au public pour voir jouer une escouade qui évolue quand même dans l’antichambre de l’élite nationale (chez les collègues d’Yverdon Sport en foot féminin, c’est 10.-, ce qui ne fait de mal à aucun porte-monnaie et sûrement un peu de bien aux caisses). Mais ensuite on s’est souvenu qu’on s’était aussi laissé dire que le poids du changement ne devait en aucun cas être porté par la population lambda à travers le prix des billets. D’autant que les économies réalisées en n’allumant pas le Vidéotron, en n’engageant aucun service de sécurité ni homme de piste et en ne payant personne pour tenir les buvettes (ce qui entraîne un nettoyage de zéro déchet soit dit en passant) doivent largement compenser la gratuité de l’entrée. Bref, c’est les médias et les sponsors qui doivent bouger en premier.
On savait déjà que l’intérêt que porte le LHC à sa section féminine est au moins de la taille de la police d’écriture utilisée pour le minuscule onglet « féminin » tout en haut de la page de son site officiel. Soit. Allons donc vérifier ce que les médias locaux font de tout ça. Direction le site du 24 heures, censé apporter un éclairage local sur le sport vaudois (depuis la maison mère à Zurich). On tape « Lausanne HC féminin » dans la barre de recherche et on tombe sur… deux articles comprenant les trois termes de la recherche. Les deux sont signés Christian Maillard, rédacteur (très) genevois s’il en est, et le plus récent fait état de la dernière promotion en mars… 2022. Nos craintes sont donc confirmées: le suivi est presque aussi lacunaire que la récente publication des Epstein Files. Y’a du boulot.

Cela dit, la Thun ne fait pas tout quand il s’agit de bien figurer au classement.
Et sinon dans les tribunes ?
C’était aussi plein que ton oncle épicurien de l’extrême dès le milieu du repas de Noël, comme souvent cette saison.

Et aussi rouge que le visage du tonton flingueur de magnums susmentionné en fin de soirée.
Mais parlons plutôt de notre expérience en bord de glace de samedi face à Ambrì. De ces sièges qui sont parmi les rares strapontins dépourvus de postérieurs d’abonnés qui n’exigent pas le versement de l’équivalent d’un loyer sous-gare, on peut très souvent entendre des spectateurs événementiels vivre leur toute première virée à Malley.
Ce soir-là, c’était des footeux que nous appellerons Jean et Serge (ils kiffent sûrement aussi les coups de foudre et les matches de volleyball).
Lausanne mène 3-0 après 40 minutes, le minimum syndical. Jean : « Bon, au moins on aura vu des buts hein ? »
Troisième période. Serge, le regard tourné en direction du banc : « Euh ! Il a changé avec l’autre, c’est fou ! » Incroyable, aucune indication sur le panneau lumineux du quatrième arbitre en plus.
Le match touche à sa fin. Jean, se rendant compte qu’un lieu fermé, chauffé et peuplé est un poil plus torride que la Tuilière en décembre : « C’est marrant, on n’a pas froid par rapport au stade. »
La minute Jonas Junland
Le premier but décrit bien plus haut est tellement beau que ce brave Ramon monopolise cinq rubriques.

Voilà une photo qui n’illustre pas grand chose, mais il y a Untersander et Rhyn dessus.
La rétrospective du prochain match
Ce soir aux Vernets contre Genève-Servette. Il fallait évidemment que le quatrième match en cinq jours, probable moment de faiblesse après un enchaînement d’efforts intenses, tombe sur un derby. Oui, efforts intenses. On vous rappelle quand même qu’il s’agissait des 11e, 12e et 14e du classement de National League, la fameuse version Wish des Douze Travaux d’Hercule.
Crédits divers et variés :
Merci à Cherpi pour la photo d’Austin Czarnik prise au péril de sa vie, le nez collé au plexi.
Merci à Bryan d’être le point de départ de pas mal de vannes via WhatsApp. Celles qui sont vraiment nulles sont par contre uniquement du fait de l’auteur de cet article.
Merci à Mike pour son don d’U. Rhyn.

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