J’imagine toujours les Ricains fêter leurs victoires au stand de tir, à balancer de la mun’ à tout va, en me disant qu’un jour, l’un d’eux s’en collera une dans la guibole. La sienne ou celle de son collègue. Et que les diminués du bulbes diront que pour éviter ça, à l’avenir, il faudrait un gun de plus pour qu’une balle lui soit collée dans le poitrail avant qu’il flingue son pote. Vraiment pas la même logique que nous. Peut-être pour ça qu’ils nomment un sport se jouant avec les mains football, qu’ils mesurent les quantités de farine en « cup », les distances avec leurs pieds ou leurs pouces et les températures en Machin-en-heit, le tout en pensant que le reste du monde est bizarre. La Belgique ne s’est pas trumpée de cible, elle. « Juste faites le », leur avait-on dit avant le match. Le taf est fait. « Bien joué, garçons! »
Le match en deux mots
Demi-finale.
En gagnant ce match de tous les dangers face à des USA jouant chez eux, quasi à 13 contre 11 vu le contexte, les Belges ne sont plus qu’à une encablure de pouvoir rejoindre la France en demies et la Suisse dans le club très fermé des « bonnes petites équipes » qui sortent leur grand voisin – rallongeant ainsi la liste de Schindler – dans une phase finale d’un grand tournoi alors que ce grand voisin se voit déjà ramener la coupe à la maison car « qui pourrait les battre? ».
L’homme du match
Rudi Garcia, capable de gagner un match lorsqu’il est mené 2-0 à la 85ème tout comme de gérer ses stars vieillissantes à merveille. Et tout rapport avec Roberto Martinez et son choix délibéré de ne pas offrir une première Coupe du Monde au Portugal, vu la qualité de son contingent, pour pas froisser Cristiano en le laissant sur le banc est totalement voulu et volontaire.
Garcia, après une phase de poule « à la norvégienne », donc avec l’objectif la qualification en préservant totalement ses chances de passer les tours suivants, nous fait une masterclass face à ces USA que même EPSTEIN voyait tout en haut de l’affiche. Garcia, au calme, aligne d’entrée une équipe sans Kevin De Bruyne, sans Lukaku et sans Doku. En cours de match, il fait entrer Lukaku et Doku en supersub, mais ignore De Bruyne, assis sur sa glacière, tel le grand Bielsa, mais encore en apprentissage, lui.
Et Lukaku met le 4ème.
What else?
La dinde du match
Dieu. Dieu existe donc, il est américain et il murmure à l’oreille de la FIFA. Dieu a créé l’article 27 du règlement de la FIFA pour corriger des « grandes injustices », par exemple en permettant à Folarin Balogun de jouer ce match contre la Belgique, au grand soulagement de Donald Trump, tout comme il avait permis à Cristiano Ronaldo – l’autre grand ami de Donald – de jouer d’entrée cette Coupe du Monde, lui qui était sous le coup de 3 matchs de suspension après avoir été expulsé contre l’Irlande, lors du dernier match de qualifications au Mondial du Portugal, en novembre dernier.
« Merci à la FIFA d’avoir fait ce qui est juste, en annulant une grande injustice », a écrit Donald, présigland des USA, grand ami de Gianni, présigland de la FIFA.
Peut-être qu’un jour, Dieu cessera de se reposer et créera l’article 28 qui interdira de dézinguer des enfants, de bombarder des hôpitaux ou de décimer des affamés faisant la queue pour recevoir à manger, autres grandes injustices. Voire même de sauver les gosses se faisant harceler et même plus dans les bâtiments des écoles au coude du Rhône. Mais en attendant,…
L’esthète du match
De Bruyne, assis sur sa glacière, tout le match.
De Bruyne, montrant la vraie intelligence des super-champions: à un moment donné, on comprend que d’autres apportent plus et on se retire pour laisser la place. De Bruyne est venu, De Bruyne à vu, De Bruyne à compris. CR7 lâche encore des larmes de crocodiles, à mon avis, à l’heure qu’il est.
Le moment MAGA du match
Certains clubs retirent un numéro pour toujours à la gloire d’un joueur ayant marqué le club à jamais. Pour ma part, je considère que le moment MAGA de Martin devrait être le dernier moment MAGA jamais publié sur Carton-Rouge. Courrez-y. Puis revenez pour la suite.
Le point commun entre les deux équipes
1ère de leur groupe respectif sans faire le plein de points et en laissant un arrière goût mitigé sur la qualité de leurs prestations, les deux formations ont confirmé en 16èmes de finale être totalement requinquées pour la suite de la compétition. Les USA, d’une part, bombant le torse pour avoir sorti « deux pays » (Bosnia and Herzegovina) en un seul match, en jouant à 10, qui plus est. Amazing ! Never done before ! So proud of our boys ! Les Belges, de leur côté, un peu conscient du manque de coolitude de leur passé colonial, laissant aux valeureux Africains du Sénégal, où ils ne sont pas aller exécuter à tour de bras, 85 minutes de joie et d’espoir, avant de les scalper au poteau. À l’américaine! Parce que l’entraîneur français des Belges sait bien que « ces équipes là » ne tiennent pas sur la longueur de toute façon. À un cheveu de rester bloqué dans l’ascenseur, mine de rien.
Mais voilà, en sport, plus tu grimpes, plus tu tombes de haut. Et il en fallait quand même un qui se rétame.
Le chiffre à la con
94.
94ème match de cette coupe du monde et 94ème match diffusé par la RTS. Les copains, vous avez bien fait de voter pour un service public suffisamment fort pour nous offrir gratuitement cette orgie footballistique.
Et si t’es assez con niais pour dire que c’est pas gratuit parce qu’on paie Serafe, je te proposes de filer ailleurs pour voir si tu peux aussi allumer la télé locale et voir tous ces matchs à coup sûr, sans bourse en plus délier.
L’anecdote
Le match se joue au Stade de Seattle, l’un des rares stades de cette coupe du monde a être propriété publique, qui plus est étant partagé en temps normal par 4 équipes différentes, soit les Seattle Seahawks, les Seattle Sea Dragons, les Seattle Sounders et les Seattle Reign, les deux premières étant du football américain et les deux dernières du vrai football, l’une masculine, l’autre féminine. Enfin il l’était parce que les Sea Dragons ne jouent plus au Lumen Field Stade de Seattle pour la simple et bonne raison que la franchise n’a pas été retenue lors de la création de la UFL où le nombre d’équipes a été réduit afin de diminuer les coûts. Délit de sale gueule, probablement.
Gianni trouve ça invraisemblable, le concept de « diminuer le nombre d’équipes » n’étant pas inscrit dans son goût du lucre.
Si le match avait été une junk food
Des frites, bordel!
Parce que souvenez-vous, le 11 mars 2003, les représentants républicains Bob Ney et Walter Jones ont ordonné (rien que ça) aux cafétérias de la Chambre des représentants des États-Unis de retirer le mot « French » de leurs menus, pour servir à la place des « freedom fries », parce que la France n’était pas très très chaude à l’idée de soutenir les USA dans leur idée grotesque d’envahir l’Iraq, sur la base des déblatérations ineptes aux sujets de soi-disant armes de destructions massives.
Et donc ce 7 juillet 2026, la Belgique a remis la frite au milieu du village. Parce que de un, la frite, c’est belge et pas français et de deux, le football, c’est le football et que ton soccer, tu peux aller te le manger au déjeuner, au dîner et au souper. Marre de ces gens qui ne respectent pas la langue. Faudra vous le dire septante-dix-neuf fois ou quoi?
La minute Léonard Thurre
Je propose d’ajouter un peu de budget à la RTS parce que déjà que c’est pas cool de devoir commenter un match au milieu de la nuit seul dans une cabine genevoise, mais c’est encore moins cool de pas avoir des stats complètes quand tu commentes un match de cette importance. « C’est la première fois que les USA sont menés au score dans ce tournoi » a-t-on entendu en entame de partie (et oui, les Belges sont des rapides).
Pour mémoire, Turquie-USA, 26 juin, dernier match de poule. 3-2.
Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)

EPSTEIN ne voyait pas les boys se faire baiser de la sorte, mais quand les Belges sortent du trou…


L’homme du match c’est Trump. Avec son intervention il a perturbé les USA et a surmotivé la Belgique. Savoureux retour de manivelle.