La Nati leur tombe sur l’érable

Yakin, casse-toi tu pues et Marsch à l'ombre

Est-ce qu’on peut être totalement nuls pendant 230 minutes sur 270 (plus le colossal temps additionnel) et quand même finir premier de groupe ? Visiblement oui. À condition de tirer au sort la composition de son onze de base.

Le match en deux mots

La retirette.

Et à un moment, il va y avoir un accident.

L’homme du match

Johan Manzambi. Comment ne pas le citer ? Le bonhomme a 20 ans, et je n’ai pas souvenir d’avoir été déjà autant hypé par un jeune joueur suisse. En une centaine de minutes jouées dans ce Mondial, le type cumule 3 buts et un assist pour sa première grande compétition, le tout en jouant sous les ordre d’un coach aussi avisé que le professeur Raoult pendant le Covid (on va y revenir, promis). Manzambi, on t’aime. Si le reste de l’équipe avait le quart de ta volonté, on aurait 9 points et un goal-average de +32 dans ce groupe aussi relevé que la bite d’un eunuque nonagénaire dans le coma artificiel. Continue comme ça Johan, fais-nous rêver.

On précise quand même que le mec est actuellement 4ème meilleur buteur du mondial, derrière Messi, Mbappé et Haaland, excusez du peu. Et plus que Kane, CR7 ou Vinicius, par exemple (ndlr, statistiques à jour à la fin du match de la Suisse).

Mention très bien à Kobel, Elvedi et Embolo ce soir aussi.

Merci à l’envoyé spécial sur place !

La dinde du match

Il y a eu tellement de dindes dans ce match qu’on pourrait faire un buffet de Thanksgiving pour toute l’année. On pourrait citer Akanji, aux fraises tout le long et fautif sur le but évitable des Canadiens. Ou Xhaka, inexistant. Ou les entrées de Widmer, Ndoye, Aebischer, Itten et Fassnacht, qui ont été aussi intéressantes qu’une page blanche A4. Ou toute l’équipe du Canada, aussi qualitative qu’une solide formation andorrane sur son vieux synthétique, étant là avant tout pour péter des genoux.

Mais le seul. Le vrai. L’immense gland du match et des 5 dernières années, c’est sans surprise Murat Yakin. Je le hais. Le mec a quand même donné raison à Constantin, qui disait de lui qu’il est « comme un petit enfant qui nie avoir mangé du Nutella alors qu’il en a plein la bouche. » Le mec fait même soupirer Yves Débonnaire qui nous dit « c’est du Yakin » fataliste, en découvrant la composition. Au coup d’envoi, Jaquez, Sow et Manzambi (bon visiblement lui peut jouer partout) ne sont pas à leur poste. Soit 3 joueurs de champ sur 10. Et ça aurait pu coûter cher.

Alors j’ai deux hypothèses. Soit Yakin est juste un mec qui cherche de l’adrénaline en faisant n’importe quoi avec ses joueurs pour se sentir puissant. Soit c’est encore pire, il fait exprès. Parce que quand ça marche, comprenez quand il fait entrer ses meilleurs joueurs à leurs bons postes pour corriger les problèmes qu’il a lui-même créés, tout le monde hurle au génie…

On ne parlera même pas du fait qu’il fait tout ce qu’il peut pour exercer une vengeance personnelle contre Noah Okafor, probablement le joueur offensif suisse le plus en forme hormis Manzambi, et qu’il hait les latéraux de manière générale. Sûrement un traumatisme après avoir évolué en tant que défenseur central aux côtés de Bernt Haas.

L’esthète du match

Les noms des joueurs canadiens. On ne parlera pas ici de Mathieu Choinière ni de Jacob Shaffelburg, déjà épinglés dans une vidéo sublime de Blaise Bersinger (est-ce que ce dernier nous ferait prochainement l’honneur d’un article sur ce site ? Peut-être. Stay tuned, comme disent les Américains. Et les bourbines).

Mais entre Derek Cornelius, qui a selon David Lemos une bonne défense (Babar likes this) ; Maxime Crépeau qui attend sa princesse ; Jonathan David, qui vu le niveau de son équipe, devrait venir pour les vacances ; Niko Sigur, qui a failli être un tueur à gages incarné par Javier Bardem ; Moïse Bombito, pour qui je n’ai rien à ajouter ; ou encore mon préféré, Joel Waterman, qui joue… Au Chicago Fire (!), t’as l’impression que c’est une blague volontaire.

En on ne parle pas du coach Jesse Marsch. Pour qui ça ne marche pas toujours. Qu’on a même vu assis par moments. Marsch ou crève, comme on dit.

Cornelius et ses défenses face à « l’abnégation » suisse en première mi-temps

 

Pause fraîcheur

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Le moment MAGA du match

On nous a montré le premier ministre canadien. C’était intéressant de voir sa tête. On était encore sur l’ancien, qui apparemment était un sacré Trudeau cul.

Le point commun entre les deux équipes

Probablement le fait de détester l’arbitre du jour, M. Abatti. David Lemos nous avait prévenus juste avant le match que le bonhomme était décrié au Brésil, tellement décrié même que sa fédération lui avait fait faire un stage de remise à niveau. Déjà c’est peu engageant. Et c’est assez fou sachant qu’on est censé avoir la crème mondiale des hommes en noir (on ne fera pas de blague douteuse ici).

Mais on a vite compris pourquoi. Visiblement, il Abatti sa réputation sur le fait d’être un véritable rossignol. Déjà le match n’a pas toujours été foufou, mais avec un coup de sifflet toutes les 8 secondes, ça n’a pas contribué à le rendre palpitant. À noter aussi que le seul Suisse averti a été Xhaka, qui s’est pris un jaune pour ne pas avoir évité une jambe adverse, alors que 2 ou 3 autres joueurs de la Nati l’auraient mérité. Et la quasi totalité des 16 Canadiens utilisés aussi. Pas sûr qu’on revoie ce Monsieur Abatti bien loin dans le tournoi.

Le chiffre à la con

29. Comme le nombre de matchs joués par Ricardo Rodriguez avec la Nati en grandes compétitions. Soit tous ceux possibles depuis sa première, en 2014 ! Ce qui en dit long sur l’absence totale de solutions au poste de latéral gauche.

Et de latéral droit aussi, mais comme Yakin ne les utilise de toute façon pas, ça se voit moins.

 

Pause fraîcheur

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L’anecdote

On s’est souvent moqué, à Carton-Rouge, des pubs suisses-allemandes qui nous sont envoyées dans la gueule pendant le Mondial ou l’Euro. Mais si, souvenez-vous ici.

Mais les mecs derrière la pub Swisscom de cette année n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs de Pfister, Coop ou Galaxus (encore que lui on pourrait aussi en parler cette année). On vous fait un résumé de la réunion qui s’est déroulée lors d’une sombre soirée, aux alentours de 15h00, dans une pièce recluse du siège du géant de la télécommunication à Ittigen :

Ueli, chef marketing : – Guet, il faut qu’on trouve un idée pour la pub pour la Mundial 2026. Quelqu’un veut dire quelque chose ?

Reto, directeur artistique : – Jawohl, je savoir. Il faut qu’on met un schoueur de la Nati comme ça les globis qui regardent le foot ils comprendent que la pub il est pour eux.

Heinz (dit Heinzli, parce qu’il est petit), concepteur : – Vouai c’est un bon idée mais on met qui ? Sommer il schoue plus…

Reto : – Il faut un schoueur que tout le monde il connaît et que tout le monde en Suisse il peut s’identifier avec…

Ueli : – Fabian Rieder.

Silence, puis acclamations.

Ueli : – Bon das isch perfekt, mais il fait quoi dans le pub le Rieder ?

Heinzli : – Moi je pense il faut un witz. 

Reto, s’esclaffant : – On peut dire, hihihi, que le Rieder il boit avec son gourde dans la télé, et après il jette de l’eau avec son gourde à travers la télé, sur le schens qui regardent la match chez eux !

Gros fou rire général, on n’avait pas autant rigolé à Ittigen depuis le renaming d’Orange en Salt.

Heinzli : – Guet, on a super bien bossé sche troufe, on peut aller souper ?

Ueli : – Ach Kopfetami nonemôôl ! Avec ces scheisse hydration break il faut qu’on fasse un deuxième variante de le pub. Quelqu’un veut dire quelque chose ?

Reto : – Ach il nous faut un autre schoueur parce que je pense le Rieder il va déschà trop rigole pendant son pub à lui. Mais on prend qui ?

Ueli : – Un autre que tout le monde en Suisse il connaît et il peut s’identifier ? Cedric Itten ?

Heinzli : – Non il faut un schoueur qui fait toutes les minorités de la Suisse. Comme ça même les autres ils comprendent qu’ils peut acheter Swisscom. 

Heinzli : – Manzambi. Il est welsche, de Genève, noir, scheune. Avec le Rieder et le Manzambi, on touche toute le monde !

Silence admiratif de l’audience. Quelques applaudissements polis se font entendre.

Reto, de nouveau mort de rire : – Et il peut sortir son tête de la télé pour demander à un enfant comment il doit tirer sa coup-franc hihihi. 

Gros fou-rire général. Cette fois on n’avait pas autant ri depuis que la Confédération avait dit avoir ouvert à la concurrence le secteur de la télécommunication.

Ueli : – C’est super. Scholi travail. Je vous offre la tournée de Süssmost à la Kaffeteria.

Si le match avait été une junk food

Une pataclette. De prime abord, ça a l’air super. Puis quand on la mange, on se rend compte qu’il n’y a pas tant de fromage que ça et surtout beaucoup de patates pour le remplissage. Et surtout, c’est la plupart du temps et de façon aléatoire pas le bon fromage qui est utilisé (appeler pataclette un truc qui est souvent au Vacherin, c’est gonflé. Tout comme vouloir jouer gros dans ce mondial en mettant tour à tour un milieu et un arrière central comme latéral).

La minute Léonard Thurre

77ème minute, attaque canadienne à l’orée des 16 mètres suisses, Lemos sort un logique « Attention, il ne faut pas commettre de faute ici ». À peine la phrase terminée, le joueur canadien s’écroule (sans déconner, prenez exemple sur votre équipe de hockey, pas sur le championnat espagnol les gars), et l’exceptionnel M. Abatti siffle. Le sens du timing.

Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)

On ne sait pas si on est plus jouasse ou surpris, mais notre indice pourtant infaillible qui donnait une victoire canuck s’est trompé. Comme on dit, l’exception confirme la règle. Et puis bon, vu que même Yakin ne sait pas ce qu’il fait, comment en vouloir à un indice qui se veut rationnel ?

 

A propos Joey Horacsek 104 Articles
Bon ça va, je vais pas vous sortir ma biographie

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3 Commentaires

  1. Un immense crack, ce Manzambi.
    Le seul bémol à corriger, s’il faut en trouver un, c’est son goût trop prononcé pour le théâtre. Sa simulation plus que grotesque pour obtenir un penalty aurait dû lui valoir un jaune (merci l’arbitre), et en deuxième mi-temps tout cinéma au sol alors qu’il n’avait rien. Je me suis d’ailleurs fait engueuler par ma femme pour avoir dit que les Canadiens ne devaient pas sortir le ballon.

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