Barry est magique

Et Tatar n'a pas la frite

Allez, on ne reparle plus de cette fin d’année 2025 avec deux *REDACTED* infâmes face à *REDACTED* et *REDACTED*. Excusez-nous, des mauvaises habitudes qui nous restent d’un stage récent à la Maison Blanche. Place à 2026, année de l’initiative pour l’abolition de la première classe dans les trains CFF. Voilà qui tombe bien, puisque le club source de tout un convoi de blagues ferroviaires plus innommables les unes que les autres était en visite en gare de Prilly-Malley, histoire de continuer sa lente remise sur des rails devant le mener tranquillement dans le top 6 de National League (le bon wagon pour les playoffs) après un début de saison au rythme d’un RER desservant Bossière et Moreillon. Comme sa locomotive n’est autre qu’un solide Slovaque de 35 ans aux 927 haltes sur les patinoires de NHL et récemment mis sur une voie de garage par les New Jersey Devils, si vous êtes allergiques aux métaphores filées au-delà des limites du raisonnable, veuillez rester sur le quai.

Et comme les débuts d’années sont propices aux résolutions qu’on ne tiendra de toute façon jamais, on vous propose de vivre cette rencontre à travers celles du Lausanne Hockey Club pour 2026.

1. Remporter le titre (les matches contre des adversaires en « Z » sont en général des tests valables de ce genre de délires insensés)

On est d’accord, celle-ci est sur la liste au moins depuis la création de la playlist immuable du DJ de la Coupe Spengler (c’est-à-dire 1923), mais on avouera volontiers qu’on n’y croit (presque) que depuis deux ans à tout péter.

Euh… Comment vous dire… On attendra peut-être le deuxième match en deux jours contre un « Z » pour faire des pronostics un peu plus fiables à ce sujet, non ? Parce qu’on n’est pas sûr que la version Temu (soldée après les fêtes) du EV Zug qui s’était déplacée à Prilly apporte beaucoup de réponses à nos questions à ce stade.

Le kop venu du canton fiscalement allégé n’était lui pas fourni par une plateforme de commerce en ligne à deux balles au vu de son implication vocale de tous les instants. Chapeau !

2. Forcer Julien Sprunger à mettre fin à sa carrière de la même manière que son acolyte Andrei Bykov (s’il y a un documentaire sur le sujet c’est bien sûr tout bonus)

Bon ben celle-là on ne sait pas trop quoi y ajouter à la lumière de ce match, alors faites-en ce que vous voulez.

3. Autoriser Geoff Ward à utiliser ses zygomatiques face caméra en playoffs (mais seulement si on joue un 5e match)

Donc pas tout de suite.

L’allégresse était palpable après la première roue de vélo infligée à Zoug en 20 minutes depuis le Néoprotérozoïque. 

4. Renouveler le contrat d’Erik Brännström jusqu’en 2031, voire jusqu’à la fin du siècle

Pour ceux qui n’étaient pas convaincus (malhonnêtes !), il suffira de se repasser le deuxième tiers à six buts de ce LHC-Zoug et notamment l’ouverture du score de Damien Riat sur assist du numéro 26 qui évoluait comme euh… ah ben oui, ailier en… box play (normal) pour l’occasion (24e) ainsi que le 4-0 marqué par le Suédois lui-même après avoir fait tourner en bourrique ce brave Dominik, plus Kuba Libre que Kubalik sur ce coup. En espérant que les recruteurs NHL avaient les yeux fermement tournés vers la publication des sélections olympiques et n’ont par conséquent absolument rien vu. L’absence hallucinante de Jason Robertson du contingent américain devrait suffire à aveugler tout ce beau monde pendant quelques jours.

Le fameux power play lausannois à 5 attaquants. Si, si.

5. Ajout court-terme à la résolution n°4: engager un défenseur étranger de rechange en guise de 8e licence cette saison

Avec 12 matches d’ici au 1er février, dont 8 face au top 6 du classement actuel et au vu de l’état de l’infirmerie vaudoise, c’est d’un étranger de rechange tout court dont on risque d’avoir besoin, peu importe son rôle. Ou pas en fait puisqu’on peut en planter 7 à Zoug (un par joueur absent) avec un blanchissage à la clé en alignant 4 juniors dont 2 en défense !

On ne dirait pas comme ça, mais c’est l’une des actions où le dernier rempart zougois a été le plus aidé par sa défense.

6. Enfin réussir à refourguer Michael Hügli à un pauvre hère des ligues mineures (on rappelle qu’il a signé jusqu’en 2027, année ressentie 2072)

On ne va pas dire qu’il suffisait de demander puisque ce vœu figure dans notre lettre au Père Noël chaque année depuis 4 ans, mais c’est fait ! Transfert malheureusement seulement effectif au mois de mai, mais on prend ! Bon courage à Kloten pour les deux prochaines saisons !

Les fans des ex-Aviateurs sont lucides, c’est déjà ça.

Le directeur sportif local, lu sur le site du club, est quant à lui un grand maître de l’euphémisme: « Michael apporte de la variabilité à notre jeu offensif et nous fera progresser grâce à sa grande compréhension du jeu. Son attitude au travail est exemplaire et il est en excellente condition physique. » À tel point qu’il était (encore) annoncé en première ligne pour compléter la triplette de Czarnik et Caggiula en ce vendredi 2 janvier (et à notre connaissance cette fois il y est resté 60 minutes ou presque).

On a d’abord pensé que jouer avec les grands était une clause spéciale l’ayant convaincu de vider les lieux avec 12 mois d’avance, mais force était de constater qu’avec au maximum deux joueurs de premier plan et/ou majeurs (en âge donc) par trio d’attaque, il n’y avait pas beaucoup d’autres combinaisons possibles. L’annonce habituelle du speaker (« Les top scorers des deux équipes sont accompagnés de deux juniors de la LHC Academy ») avait d’ailleurs une résonance particulière au vu des 7 absents vaudois (6 quand même du côté des exilés fiscaux zougois) du jour.

7. Ajouter le nom de Léonardo Fuhrer à son maillot n°15 (ça doit se faire facilement au shop ça, non ?)

Ce sera pour plus tard. Si Fuhrer n’était pas là (engagé avec le HC Sierre* contre le HCC), son chandail était bien présent à Malley, sur les épaules du junior Nicolas Wenger. Finalement c’est peut-être pas si con d’avoir un maillot anonyme pour les ajouts interchangeables au contingent du futur champion de Suisse.

Des finitions brodées bien méritées.

Et c’est finalement une bonne manière de signifier la montée en grade de l’un des trois autres juniors alignés en la personne de Kelyan Barry (6 matches cette saison) et son numéro 88 dorénavant accompagné de son blase. La troisième période a d’ailleurs plus que donné raison aux couturiers du club puisque le natif de 2005 (ouch !) marquait le 7-0 sur un service de… Hügli (plus en première ligne pour le coup) à la 56e minute. Barry n’aura pas besoin d’une mémoire d’éléphant pour se souvenir de sa toute première réussite en National League marquée à nul autre que Leonardo Genoni, appelé en renfort pour suppléer Tim Wolf et son misérable ratio de 70,59 % d’arrêts après le 5-0 (sur 17 tirs cadrés) de Makai Holdener (34e). Et au pire il y aura la photo souvenir des deux hommes du match, sans ironie aucune d’ailleurs pour Genoni. Ben oui, 88,89 % d’arrêts (16/18), ça donnait quand même presque l’impression d’évoluer face à un portier professionnel.

*On en profite pour suggérer au CM réseaux sociaux du club valaisan de drastiquement changer le visuel des annonces de jour de match pour le reste de la saison… 🥶

8. Faire mieux semblant d’accorder un peu de considération au LHC féminin

Depuis le 23 décembre dernier, deux jeunes joueuses de la première équipe mises en scène fortement esseulées à un arrêt de bus prilléran et dans les gradins de la Vaudoise portent le slogan « Demain plus jamais seules » sur le site officiel du club et sur tous les réseaux sociaux des sections masculine et féminine de l’organisation. Après 11 jours de teasing intense, on espère qu’on va bientôt enfin nous révéler que les filles rejoignent le Lausanne Hockey Club SA, sinon il y aura quand même de quoi se demander c’est quand qu’on va où et on dira peut-être halte à tout.

En attendant, on commence l’année avec un amical face à ce qui semble être une équipe universitaire venue du Massachusetts (si nos sources Concord).

9. Prendre la Champions Hockey League au sérieux (haha vous y avez cru ?)

Bon, l’ennui c’est que comme c’est parti la qualification pour cette compétition dont le LHC est littéralement la seule équipe helvétique à systématiquement se battre les steaks de façon absolument royale risque d’être acquise dès la fin de la saison régulière. De quoi avoir le temps de réfléchir à un plan de bataille pour faire passer une élimination sans gloire sur un patin dès le mois d’octobre pour une incroyable bénédiction aux yeux des rares suiveurs (le soussigné en gros) qui adoreraient voir les Lions imiter la quasi totalité de leurs collègues de NL et bien figurer sur le plan international dans le seul sport collectif médiatisé où un club suisse peut ambitionner de soulever un trophée continental, même en alu (dont actes répétés d’ailleurs). Oui, cette phrase était plus longue que la saison européenne des Rouge et Blanc, qu’à cela ne tienne.

Un Tatar un peu cuit perd un duel au couteau avec Riat.

10. Ajouter une caméra au niveau de la ligne bleue

Ah non pardon, ça c’est l’affaire de la ligue. Mais on s’est laissé dire que ça se mettait hyper facilement en place l’espace d’un tournoi de 6 jours dans une station de montagne paumée et qu’en plus les résultats étaient plus que probants en un rien de temps. Y’a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis…

A propos Raphaël Iberg 260 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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