Foot-champagne dans le nouveau jersey.
Le match en deux mots
Big coqs.
L’homme du match
Michael Olise. Footballiste voltigeur, il bouge comme un salsero et il a des yeux pilotés par l’IA.
Ca suffirait pour m’énerver, s’il avait pas encore un pied pirlesque.
Qu’il y ait au bout de ses passes Mbappe, Barcola ou Dembele explique aussi les bonbons français. Mais c’est la fabrication du jeu d’Olise qui allume les feux bleus (comme on dit à la Blécherette).
La dinde du match
L’arbitre-humanoïde du soir, dont les deux yeux et les 14 caméras voient Mbappe se faire amputer les chevilles par Sadio Mané dans les seize à la 58ème. Confronté instantanément à un dilemme niveau platine : péno et le Sénégal quitte le terrain, pas péno et la France va bouder dans un autocar.

Contraint de choisir entre les deux équipes les plus susceptibles du système solaire, il court visionner sur un écran au bord du terrain les bandes-annonces des documentaires Netflix dont il pourrait devenir le héros. Et choisit de frustrer la Gaule.
Bien vu. Sans Beavis Gallas et Butthead Domenech, les joueurs lésés respirent par le nez et reprennent le jeu.
L’esthète du match
Killian Mbappe.
Ça me fait mal. Devoir féliciter Melon 1er pour ma chronique de retour sur carton-rouge, c’est comme être le premier arbitre somalien sélectionné et être chassé par les douaniers : une super nouvelle, super gâchée. Mais l’honnêteté intellectuelle – que je me reconnais à chaque fois que je me demande – commande de se découvrir devant pareil artiste. Deux buts fourrés à la pistache.
Le moment MAGA du match
J’aime bien moi ces quart-temps. Je le dis pas par esprit de contradiction, promis. Mon môme qui se salit le short le samedi en juniors D joue aussi en quatre quart-temps de 20 minutes. J’ai pris goût. Taquiner la cantinière, lâcher un fil, payer une tournée aux daron-nes et on y retourne.
Je sais bien que c’est à cause des méchants capitalistes qui vendent de la pub. Mais si la loi du marché t’incommode, y a plus pertinent que suivre la coupe du monde co-organisée par Cosa Nostra et l’Empire, depuis un écran piloté par Google, faut rester cohérent.
Bref. Je suis pro-hydration break.
Alors, rapport à MAGA, je retiens que ce match tout à fait joli se déroule pendant que le président élu deux fois par 78 millions de suprémacistes – qui a par ailleurs démontré que la masse volumique de 120 enfants était inférieure à celle d’une bombe tomahawk – se fait gâter dans un séparé par ses six franchisés à Evian-les-Bains.
Après un accueil génuflexé de notre leader, Guy. C’est tout.
Le point commun entre les deux équipes
Le tourisme.
La France a été le principal tour opérateur du Sénégal durant deux siècles.
Il proposait des séjours de longue durée – surtout vers l’Amérique en train de devenir latine au moyen d’un génocide de type classique – durant lesquels les voyageurs sénégalais pouvaient cueillir toutes sortes de végétaux, en échange de massages au bâton.
Malgré des conditions de croisière rudimentaires et un hébergement sur place sans vrai luxe – beaucoup se sont plaints notamment des chaînes et de la gestion aléatoire des groupes de voyageurs par les agent-es français sur place, qui les empêchaient de faire vraiment connaissance avec les autres touristes en pratiquant la torture et les exécutions sans vraies explications – les voyages étaient très fréquentés.
La découverte de l’absence de réservations pour le retour, une fois les plantations bien visitées, est également un point noir souvent rappelé de cette longue relation commerciale.
Plus tard, les deux pays ont encore été liés par l’extraction des ressources naturelles, offerte par la France au Sénégal. La bonne entente a probablement culminé lors de l’agréable explication donnée à Dakar en 2007, par le président français – durant sa période pré-incarcération – instruisant opportunément les habitant-es du Sénégal sur leur histoire :
« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Jamais il ne s’élance vers l’avenir ». N. Sarkozy, Dakar, 2007
Le chiffre à la con
1.52 milliards. La valeur marchande cumulée des joueurs de l’équipe de France, la plus chère au monde. Trois fois plus que le Sénégal. Six fois plus que la Nati. Quatre-vingts fois plus que l’équipe d’Irak, qui prend une première cueille de Haaland, dans le même groupe, au moment où je vous écris.
Ça fait un kilomètre et demi de billets de 100. Un sept centième de la fortune de l’autre dingo de Musk.
Même s’ils sont beaucoup trop arabes pour Jordan des Deux-Siciles, ça fait toujours un sacré patrimoine. Choose France.
L’anecdote
Trois joueurs des Knicks, champions NBA depuis deux jours sont montrés dans les tribunes pendant la première mi-temps. Ils se demandent quel pari ont perdu les types qui pratiquent ce jeu étrange.
Si le match avait été une junk food
Une première mi-temps fade. Une deuxième mi-temps explosive. Crêpe flambée, fourrée au bison 5.
La minute Léonard Thurre
Minute 63 – commentateur de la Dôle : « Existe-t-il un monde dans lequel Deschamps pourrait sortir Mbappé, à côté de son match ce soir ? »
Minute 66 – golazo de Mbappé. Doublé plus tard.
Le flair.
Je ris. Mais je pardonne. Je préfère un bavard qui ose à un prudent accroché au pronostic pour ne pas être pris à défaut. Sans compter la formulation, pas mal trouvée.
Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)
Les composantes de l’indice sont à la racine des relations BDSM durables entre les deux nations. Y a pas de hasard.



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